M. DE BISMARCK CARICATURE PAR LES VIENNOIS
Le type créé par le Figaro depuis 4870. — Un Bismarck humoristique avec sa pipe et son chien. — Le Bismarck réactionnaire manœuvrant le knout. — Le Bismarck populaire du KikerikL — Bismarck et le monopole du tabac. — Les caricatures du Floh et des Humoristiche Blœtter. — Les « non-galanteries » de Herbert de Bismarck. — Le Bismarck de l'avenir.
Si Ton parcourt le Figaro des années 1870 et 1871, on est surpris d'y retrouver le type du Bismarck inauguré en 1862, à la tête en pain de sucre. Du reste, presque toujours aux côtés du nouv^el empereur, il n'a pas encore absorbé les préoccupations des dessinateurs. Mais bientôt le type actuel créé, dessiné par Juch (1), se dégage de toutes les illustrations qui Tenvironnent : comme aspect
(1) Principal dessinateur du Figaro et professeur à TAcadémie des Beaux- Arts de Vienne.
il est moins dur, moins raide que le Bismarck du Kladderadatsch ; l'expression est sarcastique, Vœil fin, la bouche sans le sourire méchant ; comme physionomie il est à peine chargé. La caricature, ici, ne consiste pas à altérer, à grossir les traits du visage, elle se résume dans la série des travestissements qu'on lui fait revêtir : tantôt en pâtissier ou en marchand de denrées coloniales ; tantôt en pèlerin ou en Marguerite, ce qui ne Tempêche pas, toutefois, d'apparaître sans déguisement de circonstance, sous son uniforme habituel, comme dans cette belle composition qui le représente, après une séance orageuse au Parlement, s'écriant : « Je resterai tant qu'il me restera un cheveu (1). ))Et il le tient, ce dernier cheveu, avec la certitude qu'il ne lui fera point encore défaut. C'est crâne.... dénudé dirait-on au Tintamarre.
S'il n'est pas un personnage nouveau, le Bismarck qui va se présenter à nous se trouve, lui et son entourage, traité avec une liberté d'allures que ne connaît point Berlin, mais cette liberté a en vue le choix des sujets bien plus que la politique même du chancelier. A parcourir le Figaro et les
(1) Voir la gravure de la page 41.
 présent, je goûterais bien un peu du voyage à Canossa s'ils me laissaient seulement tirer mon eau-de-vie, mais les pendards ne veulent plus.
[Figaro, 20 mars 1886.)
Allusion aux ouvertures faites par M. de Bismarck aux cléricaux pour arriver À sod fameux impôt sur les eaux-de-vie.
AUTRICHE
nombreux journaux à caricatures de Vienne, on ne dirait pas être dans le pays qui a été violera-
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Entre Berlin et Munich.
. Là ! c'est très gentil d'être fidèle À l'Empire. Mais il ne faudrait pas, maintenant que je suis bien avec le pape, renir troubler notre pacifique culture (nos bons rapports) — Kulturfriede^ par opposition à Kulturkampf, nom donné, on le sait, à la lutte contre Rome.
{Figaro, 10 juillet ISfiô.)
La petite poupée que Bismarck porte au cou représente le pape, derrière lui est « Tyras » le chien de TEropire. Le paysan personnifie la Bavière.
ment expulsé de l'Allemagne par ce même Bismarck : du moins tout esprit de rancune, tout souvenir désagréable de 1866 paraît avoir disparu.
On s'est bien un peu moqué, après 187t, des entrées triomphales, des lauriers cueillis, mais depuis, soit qu'on craigne la censure qui, de temps à autre, pratique des rafles, soit qu'on se soit définitivement accoutumé au nouvel état de choses, la note générale est humoristique.
Il n'y a plus entre Vienne et Berlin qu'une question de tempérament, de sensation, de point de vue, et surtout de sentiment artistique, avec cette différence, cependant, que la cité des bords du Danube met dans ses compositions un caractère cosmopolite que ne possède pas Berlin,
Le Bismarck de Juch, en sa longue redingote militaire, ne se montre pas sans sa pipe et sans son chien. La pipe a des longueurs de canne à pêche, et « Tyras », en chien qui se sait beau et important, tient sur les images une place qu'on pourrait trouver excessive, si sa patte, si ses crocs ne rappelaient à ceux tentés de l'oublier, qu'il n'est point là comme objet de luxe, simplement pour animer le paysage. Brave chien, qui, aux côtés de son maître, met le museau à la fenêtre pour voir passer les gens, et sait comment il faut accueillir un chacun; chien diplomatique qui assisté ÈluJÈ cdticilitibUles HouverainS) chien de