NOIRS HÔTES
Portier (Bismarck et son chien). — Eh bien! qu'est-ce qui vous arrive? Vit-on jamais pareille tournure! Revenez lorsque nous berous UQ peu plus « noirs. »
{Figaro, 4 septembre 1886.)
« Noirs i nom donné en Prusse atlx jésuites et) éngttnërdi, à touè les cléricaux.
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chancelier qui va recevoir « Unser Kaiser »; chien de l'empire allemand, qui, vivant, a pris place à toutes les vitrines, comme un personnage de marque.
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ColoDiecordial.
Bismarck, au jeune fusilier poméranien, à rénorme ossature. — Eh bien! jeune homme, pas un peu d'Afrique? C'est là que devraient faire leurs preuves les commis et les jeunes apprentis.
{Figaro, 9 février 1889).
Allusion aux projeta coloniaux de M. de Bismarck.
Véritable Deus ex machina, Bismarck, pour le dessinateur viennois, éclipse bientôt Tempereur, Qu'il soit au premier plan ou qu'il manœuvre derrière la coulisse, partout où le crayon de Juch
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illustre un incident de la politique européenne, il trône en Feldjœger poméranien, en ce costuntie historique et bientôt légendaire. S'il quitte la pipe, c'est pour prendre le fusil, à moins que, étendu de tout son long sur le territoire allemand, il ne tienne en respect, les étreignant de son mieux, d'une main le coq gaulois, de l'autre, l'ours du Nord.
S'il lui arrive de faire avec l'Autriche la courte échelle au Russe, ce n'est point chez lui habitude invétérée : plus souvent, il montre le poing à ce dernier, et même ne craint pas de lui jouer quelque bon tour, comme de lui verser sur la tète des sacs de farine, tandis que, d'autres fois, il le réduit à l'état de pantin dont il tire les ficelles à volonté.
Si la France paraît en scène, l'Italie n'est pas loin. Bismarck qui sourit malicieusement, en voyant ce dont il retourne, a l'air, de se trouver là par hasard, et fume sa pipe comme le dernier des indifférents. Quelquefois nos hommes d'État apparaissent eux aussi, mais de préférence dans les petites vignettes au moyen desquelles Juch résume les événements d'un trimestre. Quand je dis : « nos », c'est Gambetta et Boulanger qu'il faut lire. Et autant de Gambetta autant de Bismarck. En pareil cas, le Chancelier fait la roue : les che-
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veux protestent bien un peu, mais l'homme parait trouver particulièrement douces les cajoleries de l'ennemi héréditaire.
Avec les hommes d'État autrichiens, Beust, Andrassy, Kalnocky, il est tout miel; avec les
Gambetta, à Cahors, cherchant à se faire bien venir de Bismarck, lui prodigue l'encens.
{Figaro, 18juini88i.)
hommes d'État italiens, il prend son air d'importance et fait sentir à Crispi combien il est heureux qu'il soit là, lui, le ministre indispensable, « le tailleur des Cours, » pour coudre des pièces à sa veste. Subitement, cette face épanouie se rembrunit, le petit œil, si fin, lance des éclairs, le personnage, tassé, a pris de l'embonpoint; pipe et chien ont disparu. En revanche, les mains, posées derrière le dos, tiennent un fouet, un fouet de propriétaire-
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terrier ayant ses nègres ou ses paysans attachés à la glèbe. Ici, il attire les socialistes avec du sucre, puis leur cingle les jambes ; là — et ceci est tout un poème — il s'écrie : « Si je pouvais aussi bien
Au Parlement de rAUemagne du Nord.
(Figaro, 5 mars 1870.)
(jue je veux 1 » Et devant lui se tient, tout honteux, comme un gamin pris en flagrant délit, Michel, le Jacques Bonhomme allemand, ayant en main une immense urne électorale.
Mais qu'est-ce encore? Le voici dans une nouvelle attitude, humble, pieds nus, un cierge en main, ou bien pèlerin coquillard, sentant la corde et
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prêt à jouer du bâton. C'est la comédie de Canossa ijui, à Vienne comme à Berlin, a fourni maints sujets aux dessinateurs. Il sera tout miel avec les « noirs » et les « Pap égaux ». Et, ici, ce n'est plus
De nouveau, les voici tous les deux si étroitement unis, qu'on peut craindre de les voir s'étouffer.
(Figaro, 12 mars 1881.) Allusion au rapprochement opéré alors entre Bismarck et le pape.
la Prusse hérétique qui s'amuse aux dépens de Rome. Non 1 ces caricatures, pleines d'une douce satire, partent de la très catholique Autriche dont la censure me semble plus libérale que ne le fut notre magistrature sous le mac-mahonnat.
Puis, qu'il se présente quelque incident pompeux, prêtant par sa solennité même au ridicule, comme la fameuse déclaration à la tribune {du Reichstag, en février 1888 : « Nous autres Aile-
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M. de Bismarck prononçant à la tribune du Reichstag ses fameuses paroles : « Nous autres, Allemands, nous craignons Dieu et personne autre sur terre . »
{Figaro, 7 avril 1887).
L'ange de la paix et le dieu de la guerre restent stupéfaits en entendant une pareille déclaration.
mands, craignons Dieu, rien autre en ce monde », et, tout aussitôt, les feuilles caricaturales se couvrent d'inscriptions du même genre, ou montrent le profond ahurissement des guerriers antiques à l'audition de pareilles calembredaines. La façon, du reste, dont Juch sait animer les groupes et les
Frédéric. •— Voyons, Otto, vous voulez doue nous quitter définitivement.
Otto . — 11 y a trop de femmes à la clef.
{Figaro, 21 avril 1887.)
Allusion à. ravënement de Frédéric III. Le nouvel empereur vient d'enlever renseigne : « AAugusta » et est en train d'en poser une nouvelle: t Aux trois Victoria •. Les trois femmes assises au comptoir du café sont la reine d'Angleterre, l'impératrice mère et la jeune impératrice.
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ligures sculpturales n'est pas un des moindres attraits de ces belles compositions.
Certes, à côté de ces dessins, véritables peintures humoristiques, apportant l'observation phi-
1 La situation politique eu Allemagne.
L'événement du jour consiste en cela que le prince de Bismarck s'est I arraché les cheveux.
' {Kikeriki, 27 novembre 18S1).
, "Vignette faisant alluttion aux résultats des élections pour le Reichstag.
losophique aux mille et un faits de la politique quotidienne, les petites vignettes du Kikeriki I peuvent paraître fades et banales, mais ce reportage graphique a, lui aussi, son intérêt, car il nous montre Bismarck étudié par des crayons différents.
Dans la légende triomphe souvent le calembour — on nous le montre sur un vapeur, naviguant vers le « mono-pôle » (alcool et tabac) — et les trois cheveux n'ont point quitté le champ d'ivoire où ils semblent trois crins de brosse ; on les voit même poindre au-dessus de toutes les coiffures, calotte, casque, bicorne, jusqu'au jour où, furieux des résistances du Reichstag, le ministre se les arrache, sans crainte de se faire au crâne trois trous profonds. Et ils gisent là, sur la table, prêts à susciter, peut-être, quelque nouvel incident diplomatique. Bonnes gens, pleurez, pleurez sur le sort du Cadet Roussel germanique.
A son comptoir, vendant ses paquets de cigares, dit (( trois socialistes», il est vraiment comique. Quand on veut du monopole on n'en saurait trop prendre et n'est-ce pas le meilleur moyen de voir s'en aller en fumée et ses ennemis et ses projets de réformes? C'est égall Bismarck vendant des cigares socialistes, il faut la caricature pour infliger aux pécheurs de telles punitions.
Mais, dans ce fonctionnaire toujours en rage, dans ce bon pipelet retiré, qui, d'autres fois, aura des attitudes de reître en goguette, ne cherchez plus la ressemblance, ou. du moins, contentez-vous