‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 107 sur 167 · De La Gorce. Histoire du Second Empire, t. I, p · texte numérisé non relu

De La Gorce. Histoire du Second Empire, t. I, p

des instructions à son ministre, M. de Manteuflel ; la réponse pressait, car les délégués du Hanovre et de la Bavière venaient prendre conseil auprès du président de l'Assemblée fédérale et ajoutaient que leurs gouvernements conformeraient leur conduite à celles de l'Autriche et de la Prusse *. M. de Manteuflel était dans l'embarras 2 ; il regardait vers Pétersbourget pensait à gagner du temps. Il avertit Bismarck qu'il avait répondu à une notification pareille de M. de Varennes, ambassadeur de France à Berlin, par un simple accusé de réception et la déclaration que jusqu'à nouvel ordre les relations entre la France et la Prusse continueraient sous une forme officieuse; il invitait son délégué à faire une réponse analogue à M. de Tallenay.

Même dans ces termes, la réponse était d'une rédaction délicate : fallait-il commencer par le titre officiel « Monsieur le Ministre »? « Monsieur » était bien sec; «Monsieur le Marquis » avait été refusé jadis par Tallenay lui-même. Malgré le directeur de la chancellerie, Bismarck se rallia au premier titre et répondit en ces termes : « Monsieur le Ministre, j'ai eu Thonneur de recevoir la lettre du 3 courant, par laquelle Votre Excellence a bien voulu m'informer de la transformation qui vient de s'opérer dans la constitution politique de la France, et je ne tarderai pas à porter cette importante communication à la connaissance de la Diète germanique. En attendant, je m'empresse de vous exprimer, Monsieur le Ministre, tout le plaisir que j'aurai à entretenir avec vous, à titre officieux, les rapports agréables auxquels j'attache tant de prix, et qui sont si conformes à la bonne intelligence qui existe entre la Confédération germanique et la France. Je suis, etc.. von Bis-

1. Bismarck à Gerlach, 4 décembre 1852. Briefe an Gerlach, p. 45.

Page 1