‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 108 sur 167 · Manteuffel. Denkwilrdigkeiten, t. II, p. 269 et suiv · texte numérisé non relu

Manteuffel. Denkwilrdigkeiten, t. II, p. 269 et suiv

NOMINATION liT DEBUTE A FRANCFORT 3:17

Francfort, 8 décembre 1832 l. » C'était très protocolaire, avec une vague saveur d'impertinence.

I ;i-,-n:u-( ■!■: pensiit avoir tout réservé, cl il éloignait encorda réponse définitive au jour ou M. de Tallenay aurait reçu ses lettres de créance, il était pourtant inquiet de articles du Journal de Francfort, qui se prononçaient en laveur de l'empcreuret approuvaient sans réserve aon litre rli Napoléon III : le propriétaire de ce journal, baron de Vrints, était le beau-frère do comte de Buol, ministre des Affaires res d'Aulriebc et il avait révélé à Bismarck que les articles lui étaient arrivés de Vienne. Soudain on apprend que le Sénat de Francfort a reconnu officicUemenl l'Empire n décembre, que Brème faisail de même et que le cabinet de Nassau avait répondu à M. de Tallenay qu'il serait heureux de continuer ■ avec la Cour impériale les mêmes relations qu'il avait entretenues avec le président ». Bismarck enr ces démarches lui « semblent jeter un triste iour sur la fragilité du li.:n dont la Confédération germanique ■ petits États a l'heure du danger... La conduite de : de Francfort atteste un tel oubli de leur situation politique el de leurs devoirs fédéraux qu'il ne peut être passé ""Us silence par le gouvernement royal el par la Diète, n Les Hiverneinenls s'excusent, expliquent la conl m- cabinets, Mais le mauvais exemple est contactent : le grand-duc de liesse- Darmstadl faisail savoir » qu'il :ucilli avec la plus vive satisfaction la proclamation de . Le roi de Wurtemberg envoyait son premier aidegénéral de Spitzenberg, féliciter le ministre de *>nee, duc de O-uiche, de l'avènement au troue de Napo-

il'iuio .Il |iiiii^ .ir Bismurck ji Manlcuffcl, 10 décembre 1852, ■«cbiiKt'i*, I '. I1 1,;:l l'1'1'1' ■ fc ^1- e »■■"■-■■■ 1 ■ - lii'ili' iiii'ïiH'li'nii'iil lit il. ih' ilti IN «- la Cvmêponitiu'tc iiipl.tntititi'fie. (. I, p. 8t.

léon III. Bismarck demandait des explications, on lui répondail que cette démarche reposait sur un malentendu. En jouant au billard, le roi aurait dit « par hasard » à M. de Spitzenberg: « Si vous voyez le duc de Guiclie, veuillez lui dire combien les nouvelles venues de France m'ont fait plaisir. » Et M. de Spitzenberg en aurait conclu à tort que le monarque l'avait chargé d'une mission particulière et officielle.

Bismarck n'était pas dupe de ces justifications, d'autant plus que les défections se succédaient et que les principes de la Sainte Alliance passaient un mauvais moment ' . Le roi des Deux-Siciles, — un Bourbon ! — envoyait le 4 décembre son ambassadeur aux Tuileries avec des lettres de créance rédigées à l'avance et en prévision de toutes éventualités. Le roi des Belges le suivait de près, sans crainte des dangers dont le menaçait Frédéric-Guillaume IV : « La Belgique est l'objectif le plus prochain de l'oiseau de proie récemment couronne*. » L'Angleterre elle-même se hasardait, et lord Cowley se présentait en grand apparat le 6 décembre au Tuileries.

L'embarras redoublait dans les trois Cours du Nord*. L'empereur François-Joseph faisait, au milieu du mois de décembre, un voyage à Berlin, el l'attitude de l'ambassadeur français, qui refusait de paraître tant que son gouvernement ne sérail pas reconnu, Taisait impression sur les deux monarques. Ils étaient décidés à s'exécuter, le cabinet de Pêlersbourg v éuà également résolu, mais tous trois laissaient percer leur mauvaise humeur, discutaient sur des mots, et exhalaient leor

i. Rolhan. Lot: ci/., p. 3Gjc1 suiv. B. U'Hareouxt. Les quatre minhtèra rie M. llronyn tle Lhiiys, p. 63 cl auiv.

2. Frédi-rioUuillautnr IV a Bunsen, 7 décembre 1852. Ranke .lu dt* Briefirccltsel Friedrkh-<iVilhehits IV uni! Bunsen, p. 299.

3 lliibner Seu/ans de soutenir* d'un ambassadeur d'Autriche ù Pn* I. 1,(1901), p. 83, elsuiv.

■<'■•■ en contestant le « Monsieur mon frère « dont il I d'usage de se Imiter entre souverains. En fait, l'Empire était reconnu. Le 22, M. de Manteufiel ■dressai! une circulaire aux agents prussiens pour inviter les

■ iiiL-nla allemands à munir leurs représentants à I;i instructions nécessaires : l'Assemblée fédérale pour-

rait reconnaîtra l'Empire des que les Cours de Merlin et de

■ iraienl fait parvenir à Paris des déclarations en ce sens. Bismarck demandait immédiatement à ses collègues de ■ lUîoiter les instructions de leurs gouvernements, et se préoccupait d'obtenir l'unanimité dans l'Assemblée fédérale : maïs

:hiil » l.i précipitation des uns et aux susceptibilités

i. Le gouvernement de Bavière voulait traiter direc-

i nu 'il avec le quai d'Orsay sans attendre les délibérations

!■■ et se désintéressait des négociations de celle-ci

avec M. de Tallenay; le délégué' du Wurtemberg, pour

Élire du zélé allemand cl couvrir la hâte de son roi, désirait

que l'acte de rec oissance fédérale contînt quelques

sur la proclamation de l'empire ; le délégué de Saxe dépourvu d'instructions.

: ml le 311 décembre, l'Assemblée fédérale autorisait

lent, — M. ilf Bismarck par intérim, — n répondre

â M. de Tallenay, et le délégué prussien rédigeait une noie

déclarai! disposé à recevoir les lettres de créance

'un représentant de Sa Majesté l'empereur des français

auprès de la Diète '. Mais un télégramme du comte de Buol le

!i remise de cette pièce et le 2 janvier une

u même ministre remettait tout en question ; la Ouïr

désirai! que la réponse de la ! lîéle eompoi tôt cer-

•iii' le chiffre dynastique et le maintien des

traités. Consultés à ce sujet, les délégués des moyens et petits Etats protestèrent qu'ils avaient reçu des instructions pour la reconnaissance pure et simple, et non pour les réserves proposées; en réalité, leurs gouvernements ne voulaient pas avoir l'air d'accepter mot pour mot la déclaration prescrite par les deux grandes puissances, et les royaumes cherchaient i\ séparer leur politique de celle de la Prusse et de l'Autriche. Après de longs efforts, Bismarck parvenait à en convaincre quelques-uns, mais plusieurs persistaient dans leur refus, et le Prussien, qui avait la vue perçante, voyait de son jardin les délégués et ministres des petits Etats entrer chez M. de Tallenay, pour se fortifier dans leur résistance. Bismarck profilait du retard dans l'envoi à l'ambassadeur français de ses lettres de créance, pour différer la remise de sa réponse, dans l'espoir d'obtenir l'unanimité. Mais la Bavière et le Wurtemberg étaient intransigeants : ils étaient blessés d'avoir été traités de haut par les grandes puissances et en exprimaient leur mécontentement par une abstention boudeuse1.

Bismarck remettait néanmoins le 7 janvier2 à M. de Tallenay la réponse de la Diète, rédigée en ces termes 3 : « Ainsi que j'avais eu l'honneur de l'annoncera Votre Excellence le 8 du mois dernier, je n'ai pas manqué de mettre sous les yeux delà Diète votre lettre du 3 du môme mois. La haute assemblée n'a pu recueillir qu'avec la plus vive satisfaction les assurances contenues dans celte lettre, que le nouveau pouvoir souverain en France ne changerait pas son attitude vis-à-vis de l'étranger ; qu'il consacrerait ses efforts à la conservation

1. Bismarck a Manteuffel, G janvier 1853. Correspondance diplomatique, t. I. p. 100 et suiv. Bismarck à Gcrlach, 7 janvier. Bismarcks Briefe a* (ïerluch, p. 47.

îi. Bismarck a Mantcufîel, 7 janvier 1853. Poschinger. t. IV, p. 132.

:* Texte dans le Bumlestag's Protokoll, 1853. § 3. Traduction dans \t Moniteur universel français, 13 janvier 1853, p. 51.

(le la poix et de la cause de l'ordre social ; et qui1, jaloux de ses propres droits, il respecterait au même degré les droits d'autiui. La Diète voit dans ces déclarations une garantie de respect des traités rxi-Liiiis l't du maintien de L'état territorial sur lequel reposent le Bystëme politique de l'Europe et la paix géaérale. La Diêlc étaul nnîmiS' du désir sincère de maintenir avec le gouvernement français les rapports d'amitié et de lionne intelligence qui ont existé heureusement jusqu'à ce jour fiilrc la Confédération germanique el la France, reconnaît l'élévation du prince Louis-Napoléon à la dignité impériale, et, par suite d'une résolution adoptée par elle dans la séaurr du 30 du mois dernier, elle m'a autorisé S recevoir les lettres née d'un ambassadeur de S. M. l'empereur des Français auprès de la Confédération germanique. Je me haie, : le Ministre, avec d'autant plus de plaisir, de vous informer de la résolution de l'Assemblée, qu'elle me donne l'espoir de pouvoir continuer avec Votre Excellence les rela- -■iiiii lies que j'ai su si bien apprécier. J'ai l'honneur, etc. 'i

1 le leste inspiré par le cabinet autrichien, avec la réserve des traités de Vienne et de l'omission du litre de u III

nil:iii! les lettres de créance parvenaient à M. de Talle- U janvier ; il était, temps, car, à force de ratiociner, lés des diverses puissances allemandes en seraient ;i île- une-, dé fait, Le 17, M, île Bismarck, entouré nu- 1 de la chancellerie fédérale, accueillait en grande l'ambassadeur de France, devenu officiellement marc [aliéna; et recevait sea lettres officielles. Le 20, la ..! lie, "H j discutait encore quelque peu sur le exact du président de l'Assemblée fédérale ', — ces débats ■ ■ ■ Uanteuffel. 1 janvier 1853 l'ose langer, 1. IV. p. 187.

de mots étaient le plaisir et l'occupation de la vieille Diète; — les lettres de créance étaient dûment entérinées ; Bismarck rendait visite au marquis de Tallenay ; et le soir à cinq heures, il réunissait en un dîner de gala l'ambassadeur et ses secrétaires, les diplomates accrédités près la Diète, les fonctionnaires fédéraux. Pendant le dîner même1, arriva un télégramme annonçant les fiançailles de l'empereur avec Mlle Eugénie de Montijo.

L'Empire était reconnu par la Diète ; singulière ironie du destin, celui-là même qui le reconnaissait au nom de la Confédération germanique, devait le combattre et le défaire au nom de l'Allemagne. Les félicitations qu'il adressait à l'empereur de France devaient lui revenir un jour, car c'est grâce aux folies politiques de Napoléon III qu'il a pu faire à son tour un empereur d'Allemagne.

Au lendemain de ces négociations, Bismarck perdit la présidence de la Diète, car le comte Prokesch remplaça à Francfort comme délégué de l'Autriche le comte de Thun, qui luimême était chargé de l'ambassade à Berlin.

L'ancien ami du duc de Reichstadt avait suivi une carrière militaire, administrative et diplomatique : officier d'ordonnance de l'archiduc Charles, commissaire impérial en Lombardie, Prokesch avait été quinze ans ministre d'Autriche à Athènes lorsque l'affection du prince de Schwarzenbergl'appela en 1849 à l'ambassade de Berlin. Malgré de grandes qualités, il y avait médiocrement réussi : c'était un homme fin, subtil, d'esprit artiste et de style disert; mais il mentait mal; lorsqu'il voulait farder la vérité, ce qui lui arrivait souvent, il prenait la main de son interlocuteur, la serrait affectueusement

i. Môme rapport, loc. cit., p. 139.

NOMINATION ET DKHLTS \ PUANCFORT

-ur situ coeur el Levait au ciel un regard humide de larmes.

ut a Berlin une réputation douteuse, il Tut médiocrement

■ il!i ,'i Tronc fort.

Bùmarck, qui procédai! d'autre manière que Prokeseb, le

■ i lu \ ie de la Diète, d'ordinaire

■■ (!'■ petites intrigues, est désonnée trnulilrc

d s deux diplomates. Les ililîirulli'- -<.iil.'\,-r-

■m! peu graves, mais au fond de chacune s'agite la question

■ en Allemagne, que se disputent la Prusse

* V Autriche

ii il il débute sur dus i|iii-stii'iiis ruililiiireael mariUmes;

. marctt avait lutté avec ardeur contre l'Autriche au

la flotte allemande. En ISiH, dans le grand mouve-

mi Loire, les Etals allemands avaient décidé de créer

lie pour la défense de l'Empire qui paraissail ■< la veille

ra vaux avaient été commencés immédiatement

ivaicnl été bnc s aux Frais de h

! les Etals tle l'intérieur avaienl petitement donné;

'lie, absorbée par ses révolutions intérieures, n'avait

le IH48 étaîl tombé, l'Em-

Lail pas né, el ou se demandai! ce qu'il fullnit faire de

■ h de (lotte. Les diplomates en avaient déjù délibéré

. niais -.in- i Ire il'nceord. La mnjo-

ir lîl que la flotte r<*stftl l;i propriété de In ' '.kuW-iUt.i-

i Prusse el l'Autriche en proposaient ta liquidation,

■ ■ roulail plus continuer ses versements, l'autre se

mmeneer ; louli - deux avaient le même motif:

d'Empire.

.1 Francfort, Bismarck primai! le cote" pro-

■i, il argent : le du lire;, écrivait-il ;'i sa

li A juillet IH51, des chiffres sans fin sur les corvettes

■ca de l'Allemagne, qui paressent a Bremer-

haven et mangent de l'argent1. » Il ne plaisait pas au hobereau prussien de payer des contributions pour les bateaux d'un Empire dont il ne désirait pas la formation. Bientôt il voit une autre raison de liquider la flotte allemande, la crainte qu'elle fasse concurrence aux navires de la Prusse; il s'en préoccupe dans le premier rapport qu'il adresse au roi, le lendemain de sa nomination comme délégué : « Comment, écrit-il le 12 septembre 1851, la flotte à créer dans la mer du Nord pourra-t-elle être combinée avec la marine prussienne 2. » Et c'est toujours le conflit entre l'Autriche el la Prusse, entre les maisons de Habsbourg et de Hohenzollern.

Dans cette lutte, il mène le combat si vivement que l'adversaire (officiellement, c'est un allié) crie grâce. Le comte Thun se lamente sur la ce tournure désagréable » que prend la question et déclare « qu'il ne voit aucun autre moyen de sortir d'embarras que de remplir les conditions posées par la Prusse ». Pourtant Bismarck n'obtient pas un si bon résultat; la majorité de la Diète décide de faire un emprunt à la maison Rothschild pour terminer les travaux de construction maritime : mais le diplomate prussien soulève mille difficulté, proteste, fait opposition à la banque, si bien qu'en son absence le conseiller de légation ^Venlzel constate que la situation est « tout à fait tendue 3 ».

Elle se tendra davantage encore à l'arrivée de Prokesch. Le nouveau délégué de l'Autriche avait un grade élevé dans l'armée; il portait avec ostentation son uniforme et recevait à grand fracas des officiers de toutes les armées allemandes;

1. Bismarck à sa femme, 3 juillet 1851. Briefe an seine Brant und

tint lin.

2. Bismarck au roi. 12 septembre 1851. Correspondance diplomatiaue. t. I. p. 12.

"». Télégramme de Wcntzcl. 11 janvier 1852. Correspondance tiiploinaliqitc. t. 1. p. 35.

ROKMATIOti ET DÉBUTS \ PHAKCFOBT MB

Bismarck était simple lieutenant de landwehr ; aussi aceusaitil l'Autrichien » d'exploiter sa haute charge militaire en faveur du prestige de ta présidence ». Et il profite de la première occasion pour exhaler su rancune en manifestant son particularisme prussien el son opposition à l'Autriche : il tombe sur une vieille question, l'achèvement des forteresses il'l lui i't île Ras lad t ; en 181 a, les coalisés avaient demandé la construction de divers ouvrages de guerre avec les millions français. Depuis trente-cinq ans, on discutait a ce sujet : FAutriche désirai I transformer les deux forteresses cri de

■ camps retranchés, tandis que la Prusse s'y opposait formellement. El 1rs négociations auraient pu pariaitemenl u prolonger en toute douceur cl jusqu'à l'éternité, si ta virulence de Bismarck ne les avail transformées en débats passionnés et irritants; devant ces attaques, Prokcsch s'abandonne u à des violences qui ne permettenl pas de distinguer le mmenl OÙ un emportement simulé pour des raisons diplomatiques dégénère en véritable, fureur et rompt toutes les lois

nsi ance », Le Prussien réplique sur le même ton et

- qu'on n b pas le droit de lui parler de la sorte et ,jn il ne permettra pas de le faire ». Les petits Etats sont dans s'appliquent avec soin a soulever et envenimer ■ - questions qui divisent les deux puîssmees ' ».

ncore que dans la question de la Hotte, Bismarck est

majorité des Efats veut développer les travaux

militaire- de la Cou fédération, les nos parce qu'ils s'elTorcenl de

daireè l'Autriche, les autres, — les plus petits, — par désir

■ titubons fédérales el l'unité allemande. Plu-

urïi se plaignent que la ° Prusse commet un acte arbitraire

nléressant de la question eten travaillant à l'aire en

sorte qu'on laisse inachevés des travaux de défense reconnus comme indispensables ». Bismarck n'a cure de ces reproches çt de son isolement. Il vote en rechignant les moindres sommes, et, d'accord avec son ministre, demande des compensations pour chaque versement. La discussion traînera pendant des années : Bismarck en tirera prétexte pour demander à son gouvernement d'augmenter les garnisons prussiennes dans les forteresses fédérales ; en 1857, Use plaint que l'Autriche veuille accaparer la place de Rastadt et exiger de ses confédérés des concessions abusives. « Nous ne pouvons pas, écril-il, sacrifier à nos devoirs fédéraux les intérêts particuliers de la Prusse, le maintien de l'équilibre vis-à-vis de l'Autriche '. » Et en 1858, peu de mois avant son départ de Francfort, ses rapports sont encore pleins de la « question de Rastadt » et gémissent sur « la pression que l'Autriche exerce sur nous à la Diète au moyen de sa majorité anti prussienne ». Que voilà une affaire abondamment exploitée !

Les questions religieuses devaient souvent appeler l'attention du délégué prussien à la Diète. Il était trop bon protestant pour ignorer qu'un Etat comme la Prusse, dont l'esprit était celui de la Réforme, devait avoir nécessairement des conflits

plus ou moins olïiciels avec l'Eglise catholique ; il comprenait également que les Cours protestantes chercheraient à Berlin leur appui dans les luttes religieuses 2. Il s'efforça sans cesse de réaliser <* Une entente générale entre les Etats protestants de la Confédération pour donner une tournure satbfaisante A leurs relations avec Rome ». Il v vovait un moven pour la Prusse d'exercer une influence spéciale mais profonde, et il se gardait de le nê^li^er. « Par des traités librement con-

I H.w.aivk. au ministre îles affaires étrangères. 12 mai 1857. Ibid . t II. '.' I.e:\; \\f*s\w\ît B\s ;:;ivv*. p. 73.

HOJUSATIOK ET DfiBOTS \ FRANCFORT 347

résiliables, i'i'i-i wnt-il. Huns créerions des rendions particulières, i ni | »■ ».-i0+ :j-î i >ar les ci rcons lances, grâce auxquelles bmm pourrions arriver à des résultats que la Confédération rend impossibles par sa emnpnslliun h-'-1 < -iv.^i'-t)*- et défigura Me I nos intérêts1. » Mais il n'entendait pas faire une politique confessionnelle : elle lui répugnait, el il la trouvait dongereuse. II craignait, en parlant on guerre contre l'Église

i aine, tic suivre la voie desdémocrales de 1848, dont il se

les diatribes contre l'ultramontanisme, et fi ont la politique lui avait fait Uorreur. Il redoutait, de plus, qu'une politique (■■nnfiis-sirmiitiUe groupai les Etats catholiques autour (triche et coupât l' Allemagne en deux parties ; il craignait surtout l'alliance îles cours de Munich el de Vienne et j-ar lous moyens a réveiller la vieille rivalité des de Habsbourg cl de Wittelsbach pour rapprocher la Prusse et la Bavière. Par goût et par politique, il tient donc ;'t la liberté religieuse, el s'en inspire lors du conflit badois. les années IK.il el 1852 des luttes de compétence daté entre le gouvernement batloïs et lévèque de . combat perpétuel sur les relations de l'Église el de . gouvernement décide pour en finir, en novem- I, que nul prêtre no pourrait publier un mandeii- l'approbation du commissaire civil. L'évoque par un édil d'excommunication el une lettre pastorale, ii constituait une véritable déclaration de guerre. Le gouverfiiit arrêter et détenir quelques jours les curés qui ont :■ i ture de l'épilre ; Monseigneur s'indigne et suspend ixereice du culte.

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