L.- premi< r ivi ment de Bismarck est de partir en guei re
v.til dans I»- conflit ■■ la cause de toutes les autorités prc~
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lestantes, menacées par ce! esprit belliqueux, insatiable, irréconciliable dans les pays gouvernés par des princes protestants, qui depuis les dix dernières années anime une partie du clergé catholique, par cet esprit pour lequel les CODCCSsions obtenues forment toujours la base de concessions nouvelles, et dont tous les gouvernements doivenl h accueillir les prétentions, parce que l'expérience apprend qu'il ne désarme qu'a la condition d'exercer une domination absolue1 », C'est déjà le (on du Kulturkampf.
Mais Bismarck se rend ;'i Carlsruhe et le ministre de ! 'russe près la Cour de Bade, Savigny, qui est catholique, lui conseille « avec une prudence et un tact parfaits » d'éviter tonte démarche ostensible et toute pression sur le gouvernement hadois. Il apporte dune simplement au Régent du Grand- Duché n l'appui sérieux et effectif de la Prusse a el l'engage <• I montrer dans les négociations avec Kome te fermeté q : la conscience du bon droit »■■. Il comprend d'ailleurs qu vernement doit tenir compte de la majorité catholique il.' BM sujets et engage « les excommuniés a solliciter eux-mêmes letfl rentrée dans le giron de l'Église, conformément aux lois ecclésiastiques ». 11 profite de l'incident pour souder étroitement les Cours de Berlin et de Bade en confirmant les minisires du Grainl-Duehédansla pensée qu'il y a la « une tentative bile pur l'Autriche et le parti ultramontain pour renverser le ministère badois et le remplacer par un cabinet autrichien el catholique ». Lorsque le conflit religieux s'étend ;i la Hesse-Naas m. il se rend a Wiesbaden, félicite le duc de son calme et de sa prudence, susurre que les menées de l'Autriche ne sont |i.i> étrangères aux difficultés en cours, et constate avec satisfaction que lu conduite du cabinet de Vienne a excité dans
BOMIHATIOH ET DEBUTS A FRAKCFOKT Ït9
do duc ■ de l'inquiétude et de l'irriLalion ». Ces tnflita s'apaisent, mais Bismarck en a bien jour ; il a ■ itivernemeot prussien auprès des populations catholiques comme l'apôtre des libertés religieuses, auprès des princes comme le champion du protestantisme, l'rokescli hurle de colère el dénonce Bismarck comme se mettant a la détracteurs de l'Église '.
Dans les années assez calmes qui précèdent la guerre d'Orient, toute difficulté csl prétexte à négociations intermi- Bafates el les questions de personnes prennent une importance prépondérante. Bismarck esl trop nouveau dans la diplomatie pour s'en désintéresser : il médite de forcer M. de Beust à la se préoccupe de lu question constitutionnelle dans la principauté de Lippe- Detmold, — un Etal de mille kilorrés, - s'inquiète de la composition et tics tendu Sénal de Francfort. Surtout il prend feu sur ce 'in il appelle gravement - l'affaire deCanitz ». Le ministre de Darmstadt, baron du Caiùtz, avait reproché au :>: du conseil des ministres en ilessc, baron de .. de manquera son éj-;urd de confiance et d'esprit :ur : la conversation n'avait pas dépassé les bornes fune simple aigreur diplomatique. Mais Dalwigk pril mal m ambassadeur à Berlin, comte de plaindre à Manlcull'el des paroles blessantes pro- ; ii \l do (jïinilz. Celui-ci, invité par son gouvers'pxpliqucr, proteste de la correction de son altitude, ■ iiiiiiins el appelle Bismarck à son secours, i à la hateJ » a son ministre pour
r li à Buol, 31 décembre 1853. Atta den Uriefm dea Grafen Pre- ■ arck .i ManléuHel, 15 uiui 1853. Carrctpondancc diplomatique \tll el mii>
garantir la politesse et les formes irréprochables de Canitz « auquel on ne peut reprocher que ses manières trop conciliantes à Fégard de Dalwigk », et élargit la querelle : c'est un coup monté par le ministre hessois pour éviter une chute prochaine; s'il réussissait, « il en résulterait une sérieuse intimidation des agents delà Prusse auprès des petites Cours, et, ajoute Bismarck, notre condescendance serait un triomphe et un encouragement pour nos adversaires coalitionnistes1 ». C'était, somme toute, une petite affaire, une querelle de mots, peut-être un malentendu. Mais Bismarck y voit un moyen d'atteindre un cabinet partisan de l'Autriche, et celle-ci môme ; il se rend à Darmstadt, il glisse au grand-duc que le départ de M. de Dalwigk simplifierait toutes les difficultés, il rend visite au ministre même, mais il obtient simplement que le gouvernement renonce à demander le rappel de M. de Canitz. Ce n'est point une réparation suffisante, le cabinet prussien décide de rompre les relations diplomatiques avec la cour de Darmstadt ; Bismarck, l'ambassadeur prussien le plus proche, fera l'intérim; et ce n'est pas une sinécure, il retourne à Darmstadt, il rédige d'interminables rapports au roi, au ministre, au grand-duc lui-môme. Il négociera pendant dix-huit mois : en décembre 1854, enfin, il aboutit à des excuses indirectes de M. de Dalwigk qui lui déclare « combien il regrette la rupture avec la Prusse et combien avaient été désagréables et inattendues les suites de sa conduite envers Canitz ». Bismarck est si ravi de cette réconciliation qu'il sollicite une décoration prussienne pour le ministre hessois1. Et de fait, il se Test attaché comme ami politique, allié dans
1. Les membres de ia coalition de Darmstadt, formée à propos di
l'union douanière.
2. Bismarck à Manteuffrl, 23 décembre 1854. lbid, p. 354 ; à fTlilwl, 27 janvier 18iio. Bismarck'* Briefe an Gerlach, p. 187. Jj
l'opposition à l'Autriche : à ce moment même, la Hesse- Darmstadt refusait de suivre la politique de Buol dans les affaires d'Orient.
Un autre différend fédéral se prolonge indéfiniment, il s'agit des duchés danois. Ofïiciellemcnt l'incident est clos ; la paix a été rétablie entre le Danemark et la Prusse, les troupes danoises ont repris le Slesvig; le sort du Holstein a été provisoirement réglé à Olmiitz ; les soldats autrichiens ont occupé ce duché que gouvernent trois commissaires au nom de l'Autriche, de la Prusse et du Danemark. Mais il est des questions fatales, qu'on ne peut enterrer, qui renaissent toujours, jusqu'à Theure où elles se posent si impérieusement, si brutalement, qu'elles produisent une conflagration générale. La question des duchés est de celles-là : il importe encore de régler l'ordre de succession au trône de Danemark; l'empereur de Russie, le prince Frédéric de liesse, qui avaient quelques droits à y prétendre, ont renoncé en faveur du prince Christian de Gliicksburg1. Mais un parent, le duc Christian-Auguste de Slesvig-Holstein-Sonderburg-Augustenburg, émet quelques prétentions à l'héritage des duchés de l'Elbe ; son père y a bien renoncé par acte très solennel, mais lui-même interprète le document à sa façon. Bismarck est chargé par les gouvernements de Prusse et de Danemark de le mettre à la raison par des arguments sonnants et trébuchants ; le duc daigne accepter une indemnité de 2.250.000 thalers prussiens et le paiement de ses dettes, en jurant renonciation à ses droits, et s'engageant « delà manière 1* plus solennelle, en son propre nom et en celui de sa famille, * ne rien entreprendre qui soit de nature à troubler ou à c°mpromettre, de quelque manière que ce soit, la paix des
*■ AUen. Histoire de Danemarck, t. II, p. 3G0. <
Etats du Roi ! ». Le duc s'engage, promet, jure. Les grandes puissances ratifient par le traité de Londres, le 8 mai 18îï2, le règlement futur de la succession danoise. Bismarck cherchait môme & obtenir l'accession de la Diète fédérale à ce traité ; il n'y parvenait pas, sans se douter quel parti il tirerait plu^ tard de cette abstention ; car toutes ces précautions devaient être inutiles, la question des duchés n'était qu'en attente, elledevait s'imposer encore à la mort du roi Frédéric VU el Bismarck seul devait la régler avec quelque éclat.
Telles sont les grandes questions; les petites se multiplient : débats de procédure fédérale et de préséances diplomatiques: campagnes de presse, et Bismarck trouve naturel d'inspirer les journaux défavorables à l'Autriche, mais il s'indigne quand la découverte dans un vieux secrétaire de papiers personnels à Prokesch révèle que l'ambassadeur autrichien rédige pour diverses gazettes des articles hostiles à la Prusse ; discussions financières, commerciales, scientifiques même, car Bismarck rêve de relier à l'Académie de Berlin les associations scientifiques des villes du Sud pour faire de Berlin la capitale intellectuelle de l'Allemagne. Mais au fond il n'y a qu'une question, qui revient dans les dépêches de Bismarck comme un leil motte, la rivalité de la Prusse et de l'Autriche, la lutte pour la suprématie.
Le défenseur du 'pacte d'Olmiitz, le partisan de l'alliance austro-prussienne est devenu par la force même des choses l'adversaire résolu, farouche, de la politique de Vienne ; il n'y a pas place en Allemagne pour deux égales ; il faut que Tune des deux puissances l'emporte, soit en écrasant l'autre, comme Schwarzenberg avait tenté de le faire h la Prusse, soit en la jetant hors de l'Empire, comme Bismarck le réali-
1. Note du duc d'Augustunburg. Correspondance diplomatique* t. I. p. 3«J.
NOMINATION' ET DEBUTS A FRANCFORT :i5ï
bu détriment de l1 Autriche. Il l'a compris avec précision
en IrOuvanl petite et humble la place laissée pour la Prusse
à la Diète : il a ressenti fortement l'humiliation d'Olmutz qui ne
revint pas louché dans la bataille parlementaire; et toutes ses
récriminations contre Thun, contre Prokesch, ne sont que des
manifestations de ta susceptibilité de son patriotisme prussien.
Prokesch l'uvail senti, mais d'insuffisante façon : « La Prusse,
écrivait-il de Francfort, travaille a coups de massue à démolir
l;i Confédération pour que sa pleine égalité avec l'Autriche
le seul moyen de maintenir cette Confédération. C'est
le programme inscrit dans le cœur de tous les Prussiens, du
prince de Prusse, de M. de Manteuffel et de M. de
u Prokesch se trompait sur un point; Bismarck
i l'iiire de la Prusse non l'égale, mais la suzeraine de
^Autriche.