‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 110 sur 167 · IV. — La vie de Francfort n'absorbait pas Bismarck ; il fai · texte numérisé non relu

IV. — La vie de Francfort n'absorbait pas Bismarck ; il fai

cesse le voyage de Berlin, <■ fumant un eigaie après

ni dormant d'un excellent sommeil a. Il y allait pour

soumettre au roi ou à Manteuffel les questions en cours à la

■ suivre les débals des Chambres, pour conseiller

le monarque sur la politique générale.

A la suîl-:' de sa nomination aux fonctions de ministre plénipotentiaire, îl avait dû solliciter des .lecteurs sa réélection, '|ii"il- lui avaient d'ailleurs accordée sans difficulté. En janvier 1852, il s'était rendu à Berlin pour l'ouverture des Chambres, voyage désagréable, coupé d'accidents et qu'd sa manière bumonslique, u un tuyau de locomotive iul doucement ; nous restons en panne; je deviens la

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proie d'un collègue berlinois de la Chambre et de plusieurs juifs de foire ; à Halle, le train de Berlin était parti ; il y a là prés de la gare deux hôtels : j'ai pris le mauvais. Un gendarme se promène de long en large dans la salle d'un air soupçonneux, toise ma barbe pendant que je m'ingurgite un beefstake moisi ; j'avalerai encore un reste d'oie, je boirai un peu de porto par-dessus, et j'irai me mettre dans les draps1. * A la Chambre, il s'ennuie et aspire au retour. « Les intrigues des députés, écrit-il, me paraissent désespérément mesquines et misérables. Celui qui vit toujours là-dedans s'abuse lui-même et finit par prendre ces misères au sérieux. Lorsque j'arrive de Francfort en pleine possession de mon sang-froid, je me fais l'effet d'un homme à jeun qui tombe dans une compagnie de gens ivres 2. » Il se mettait vite au diapason. A propos de la solde des officiers, il échangeait de vives répliques avec Vincke, le chef du parti libéral : « Il est possible, disait Bismarck, que malgré les dispositions pacifiques de tous les Etats européens, nous soyons dans six mois à môme de vous voir exercer vos talents militaires sur un autre champ qu'ici. — Si l'on pense à se servir de la Landwehr, rétorqua Vincke, se prépare-t-on à revenir à la parade d'Olmtitz ou à une bataille comme celle de Bronzell 3. » 1* lendemain, 22 mars 1852, Vincke railla de nouveau les paroles guerrières de Bismarck et en tira parti pour combattre un crédit demandé pour la réfection du château de Hohenzollcm; il proposa de transférer cette somme au budget militaire : « Quand, dit-il, d'une telle bouche, d'un diplomate tenu pafl* réserve professionnelle, à cette tribune et dans cette Chambr*

1. Bismarck à sa femme, 7 janvier 1852. Briefe an seine Bravt **i Gatlin, p. 330.

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