‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 111 sur 167 · Bismarck à sa femme, 3 mai 1852. Ibid.t p · texte numérisé non relu

Bismarck à sa femme, 3 mai 1852. Ibid.t p

3. Où un cheval de trompette avait seul trouvé la mort. Supf^Vt*

N'>MIN'.\T|n\ ET DEBUTS A FRAHCFOB.T 355

lis, le - -i d' ronllîl euro-

beaucoup plus proche que noua ru- t'avons en à .» La discussion s'envenima, malgré les efforts ilu ichwcrin, tourna en critiques personnelles cl amères, et finit par une provocation.

: ! Milpe le principal ambassadeur de le Prusse el \s «ri! constitutionnel soulevait une naturelle émotion*, >ute secouée. Bismarck, sur le premier moiin-nl *feut un duel sérieux, d'où mort puisse suivre : il désire ■onipjunîer pour mourir en état de sainteté; le pasteur s'} ibord et puis, comme il esl prédicateur de la Cour et [uclque influence, il lui donne la communion, :. peut mourir; maïs des ami* -.'jm 1h-i-[h..^.ti i , conseillent la prudence : les témoins ne veulent pas un duel à duellistes non plus; en pareil cas, il y a toujours ■■ loul "il sauvant le* apparences .; changent I" ';i mars deux ballcssans résultat. lin i. continue à participer aux débats de la l iliambre, prendre la parole. Lorsqu'il s'agit de transformer nbre en Chambre des seigneurs, Mnnleuffel I sollicitent tous les deux son intervention, mais en sens

;.|. ■!!-.■■. Manleuffel croit que le Bouver esl poussé

d, nmbas.sadi'in â Lnmlivs, el qui s'enfonce dans

anglaises, inapplicables en Prusse. Frédene-Guil-

miser une pairie, qui lui

pilier du système constitutionnel cl il den le 8

desseins. « Je compte, écrit-il à

d'autant plus sur vous que malhcurcuse-

Ircs sftre les intrigues malpropres

par un accord conscient ' ou inconscient (?) de brebis

galeuses de la droite el de boucs infects de la gauche, dans le but de détruire mes projets l. » Bismarck était alors à Francfort où il négociait avec le duc d'Augustenburg au sujet de la succession danoise. Il avait médiocre envie d'intervenir à la Chambre, au risque de compromettre sa situation parlementaire et pour défendre des idées dont il n'était guère parlisan; il tira prétexte de ses négociations pour s'excuser auprès du roi de son impossibilité d'intervenir dans les débals. Frédéric- Guillaume le manda par télégramme, et à son arrivée à Potsdam le fit attendre par manière de bouderie ; cette attente était « une sorte de méthode pédagogique : c'est ainsi qu'à l'école on est parfois mis à la porte, sauf à être aussitôt autorisé à rentrer ». Reçu enfin par le monarque, il lui démontra sans peine qu'il n'avait pas une influence suffisante sur les depuis pour les convertir par un simple discours ; il acceptait de défendre les idées du roi, mais en y mettant quelque temps et quelques précautions. Le roi, enchanté de son adhésion, le congédia avec mission de faire de la propagande en faveur de ses projets. Bismarck s'y activa de suite, et à son étonnemenl obtint un prompt succès : les chefs du parti conservateur étaient seuls opposés à la création d'une pairie, la grande majorité de ses membres y était favorable et fut heureuse de trouver un leader qui formulait son opinion et qu'elle pouvait suivre. Ainsi fut votée la loi du 7 mai 1853 sur l'organisation de la Chambre des seigneurs.

A cette époque, Bismarck n'était plus député; il avait refusé de se représenter aux élections de l'automne 1832. L*5 intrigues de la politique parlementaire lui répugnaient. « Dy a, écrivait-il à (ierlach, trop de tendances différentes dans fe ministère, celle de la Gazette de la Croix 9 celle de Radow^

1. FrédérkMjiiillaume IV à Bismarck, ii avril 1852. Pensées el de Bismarck, t I. p. 183.

celle de Sa Majesté elle-même, qui vivent paisiblement l'une

le l'antre; et.' la l'ait nu élut de tfrrui/st, et d'émiellc-

tiienl qui rend impossible dV-xereer une influence sur le tout,

car on lient en main seulement la partie que l'on empoigne à

i-e moment. Sa Majesté était 1res mécontente, que je refusasse

I élection- Mais indépendamment de l'aversion que j'ai à nie

i m. t. i actuellement des affaires de Berlin, je tiens celte élec-

■ incompatible avec mon service de Francfort Mes

- me rendent impossible avec mes collègues celte

m qui est nécessaire dans une corporation à Forme de

comme la Diète, pour conserver son influence et

rester au fait des affaires, et, dans la Chambre même, une

intervention fragmentaire a des effets non moins fâcheux pour

l'importance politique de celui qui la pratique1. •>

I > ailleurs il devait bientôt rentrer au Parlement, mais dans la Balle paisible el -rave de la pairie. L'ordonnance du \2 octobre 1834 avait organisé la nouvelle Chambre des Soile 21 novembre, Bismarck y fut nommé comme propriétaire d un bien noble dans le duché de Slettin ; il fut installé- le tu janvier ISIiî», mais n'y prit jamais la parole . Auprès du roi, sa situation était intacte et son influence Il n'en Mail pus de même au ministère des Affaires n s el dans son propre parti. Il était en froid avec AI. il'' Manteuffcl depuis su mission à Vienne : quelques hommes d'Etat, pour lui nuire, avaient répandu le bruit que lésirail lui confier la direction des affaires extérieures ..-( l'avait envoyé à Vienne pour l'y préparer; ce racontar vînt ;« Manleulfel qui eut envers Bismarck le dépit el la mauimeur que loul homme politique réserve à son succesr. Le désaccord entre les deux diplomates fut encore

aggravé par Rhino Quehl, journaliste à la solde de Manteuffel. plein d'entrain et d'idées, mais vaniteux et ambitieux à l'excès; il était devenu personnage officieux, sorte d'éminence grise, et avait des Excellences dans son antichambre et sur son canapé. Les courtisans le saluaient, le craignaient et cherchaient à s'en débarrasser. Ils chargèrent Bismarck, dont ils savaient la rude franchise, de cette exécution. Le malin diplomate profita d'une brouille momentanée du roi et de Manteuffel pour conseiller au ministre de se séparer de son dangereux auxiliaire. Manteuffel y consentit. Quehl fut mandé à Francfort auprès de Bismarck qui traita avec lui gaillardement : « Taillez vos chalumeaux pendant que vous êtes encore au milieu des joncs, lui dit-il ; il n'y en a plus pour longtemps », et il lui demanda ce qu'il désirait, en lui expliquant que s'il persistait à rester auprès de Manteuffel, il entraînerait la chute de son protecteur \ Quehl comprit, demanda un gros morceau, le consulat général de Copenhague avec une forte augmentation de traitement : il l'obtint.

Cet incident ne réconcilia pas les deux diplomates : le roi profitait trop de leur désaccord pour ne pas l'attiser. Il se servait de Bismarck comme d'un épouvantai! pour Manteuffel ; il n'aimait pas son ministre, mais il ne pouvait s'en passer, dans la pénurie d'hommes d'Etat où se trouvait la Prusse. Il tâchait donc de lui imposer ses idées et à chaque résistance il faisait venir Bismarck pour le consulter ostensiblement. Il travaillait en grande pompe avec lui, et le chargeait de rédiger des projets de minutes qu'il soumettait ensuite à Manteuffel. Celui-ci s'effarait, craignait la disgrâce, cédait, mais conservait une profonde rancune pour Bismarck. Les petits enfants ont pour Croquemitainc une pareille animadversion.

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