‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 116 sur 167 · Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. 1, p. 145 ix U · texte numérisé non relu

Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. 1, p. 145 ix U

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Le prince Guillaume n'avait pas de ces utopies et pourtant ses opinions se rapprochaient de* celles adoptées par le Wochenblatt. Il avait perdu son habituelle réserve, quittait volontiers pour Berlin sa cour de Coblenlz, et exprimait avec netteté sa crainte que la Prusse n eût à faire les frais de l'alliance russe, si elle prenait fait et cause à la fois contre la France, l'Angleterre, l'Autriche, la Turquie et le Piémont1. Il avait gagné à son avis le ministre de la Guerre, Bonin; c'était l'opinion de l'armée, encore mécontente de l'humiliation d'Olmiîtz, aigrie moins contre d'Autriche, qui la lui avait imposée, que contre la Russie, qui l'avait permise.

Le chef du cabinet, Manteuffel, ne pouvait partir d'un pareil point de départ, car il tenait l'entrevue d'Olmiilz pour un succès diplomatique, non pour une humiliation. Mais il voulait éviter toute complication où la Prusse serait entraînée à des conséquences inattendues. Il désirait s'entendre avec T Autriche, il invitait son représentant à Vienne à participer aux conférences diplomatiques qui débutaient en décembre 1853 et devaient se prolonger ou se renouveler pendant trois années; il reconnaissait l'injustice des prétentions russes et 1 excellence des protocoles adoptés à Vienne; mais suivrait-il l'Autriche jusqu'à engager son pays dans une guerre? Sa nature apathique y répugnait2, il attendait, négociait, et espérait quelque solution inespérée.

Tout autre était le groupe de la camarilla ; il prêchait le culte du tzar, sauveur de l'Autriche en 1849 et de la Prusse en 1850, tombeur de la Révolution, et dieu du pouvoir monaf*

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tervention russe et trouvait venue l'heure de la reconnais-

1. Hothan. La Prusse et son roi pendant la guerre de Crimée (OT» p. 44.

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