‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 118 sur 167 · M. Lcnz. Geschichte Bi marcks, p · texte numérisé non relu

M. Lcnz. Geschichte Bi marcks, p

Là GUERRE DE CRIMES

heur ; que nous abandonnions notre force a 1 egoïsme de l'Autriche, comme un fou bon enfant, pour être finalement jouis ce sérail le moindre mal; mais si, suivant une polittîpalriotique, nous rompions avec la Russie, il ne il qu'un mot à la France pour se rapprocher de la : tous les gouvernements allemands les suivraient : l' talriche et nous serions les dupes el l'Angleterre secouerait les épaules'. » Bismarck désirait donc, comme la comarilla, une entente avec la Cour russe, mais il se refusait a, transformer cet accord en alliance belliqueuse; il tenait une neutralité amicale comme suffisante pour attirer lu recon- BjûflBance de la Russie. L'avenir lui donna raison.

Cependant les événements se succédaient en Orient, rapides

-. En octobre 1853, la Turquie sommait la Russie

d'évacuer les Principautés; le 30 novembre, la flotte turque

ruile à Sînope; le '.'■■ janvier 18o4, les navires de

l'Angleterre et de la France pénétraient dans la mer Noire;

mer, les ambassadeurs russes quittaient Paris et

Londres ; la guerre approchait.

L'Autriche avait dans ce conllîl lies intérêts bien plus directs que la Prusse ; sa situation géographique, le cours du Danube,

aires c mercialcs el financières, l'obligeaient à une

surveillance attentive de la péninsule des Balkans. Bismarck

lui opposait déjà, comme un reproche, d'être une puissance

autant orientale qu'occidentale. Plus lard, devenu maître de

que européenne, il l'a mise brutalement à la porte de

lagne el poussée doucement vers l'Orient.

mois de janvier 1854, la courde Vienne se préoccupail

^d'influence que pourrait avoir dans ses propres Etals la guerre

la Russie et les alliés occidentaux; elle désirait s'as-

surcr un allié, et, ayant dans le gouvernement prussien un honnête confédéré, partager avec lui les responsabilités et dangers, mais non les profits. Buol avait donc envoyé, le 8 janvier à Berlin, un projet de traité «dont la disposition essentielle était une déclaration de neutralité, et qui réservait la liberté d'action pour la protection de tous les intérêts communs1. Ces intérêts étaient uniquement autrichiens et Bismarck avait deviné dès le mois de décembre l'attitude de l'Autriche. « A Vienne, écrivait-il, on n'a pas renoncé à l'idée de Schwarzenbcrg d'absorber la politique prussienne par une politique fédérale autrichienne... On estime que la Prusse n'a pas le droit de suivre une politique indépendante en dehors de la Diète dirigée par l'Autriche dans son intérêt £. » Le cabinet de Berlin avait répondu à la proposition autrichienne que rien ne pressait, qu'il serait temps de faire une déclaration formelle au jour où la guerre aurait éclaté. M. de Budberg, ministre de Russie à Berlin, avait, de son côté, demandé au gouvernement prussien d'affirmer sa stricte neutralité et reçu une réponse dilatoire.

Frédéric-Guillaume IV préférait aux négociations officielles les démarches personnelles ; sous l'influence de l'émotion générale en Europe, il rédigea de superbes lettres n ses voisins ; à Nicolas, il adressait une chaleureuse prière d'évacuer les Principautés et d'éviter ainsi au monde « un désastre colossal », mais lui-môme ne promettait rien, que sa reconnaissance. A Victoria et à Napoléon, il envoyait ses supplications de conserver aux peuples le bienfait de la paix, et au milieu de brillantes arabesques de style, il leur promettait — sa neutralité. A François-Joseph, il affirmait « sa vocation divine » d'être ici-bas « l'homme et le porte-paroles de la paix,

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