‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 121 sur 167 · Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. I, p. 129 à · texte numérisé non relu

Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. I, p. 129 à

obligations sans l'assentiment, et même a ce qu'il semble, a l'insu de la Prusse ". 11 redoute que ces engagements niaient imminente une guerre entre l'Autriche et la Russie et il souligne auprès de ses collègues dé Francfort la duplicité '/lu de Vienne, « Ils ont été atterrés, écrit-il, parla nouvelle de réchange de notes entre l'Autriche el les puissances itales, el particulièrement pur le fait que l'Autriche, llt> fût informée de l'évacuation des principautés danubiennes (par la Russie}, a persisté dans ses négociations... La nouvelle de cette évacuation leur avait donné l'espoir que la paix serait conservée pour l'Allemagne, a 11 ige les petits États à la résistance a l'Autriche, à refuser une mobilisation toute à leur détriment, et il conclut avec satisfaction : « A en juger par ce que j'ai pu constater ni, toute demande de mise sur le pied de guerre des troupes fédérales rencontrera désormais une opposition générale'. » Mais il est contraint de réprimer son indignation, car Uy : mimes en lui ; le patriote s'épanche dans ses lettres privées, déclare tout net que l'on suit a Berlin une politique Contraire â l'honneur militaire » eUpropose de répondre »« froidement » aux propositions de l'Autriche s. Le diplomate représente cette politique même, signe au même moment ivention militaire avec la Cour qu'il jalouse', rédige rokesch une déclaration commune sur les événements déclare que la Prusse travaillera de concert avec ■ .i el poursuivra ses tentatives de médiation auprès Rus -m , et, ressource dernière, quand il est pressé de **"op près par le délégué autrichien, rétorque h qu'il n'a pas çu les instructions de son gouvernement a. ■ I: :■ ManleulTel. ISt'l ITaoOt IBM. Correnfiniulance diplomatique,

, h, ISaonl ISiii, Bismarck* Uriefean titrlach, |) IBS. ï- Bi.martk a Munit' uffol, 20 août IBS*. Poschinger, t. IV, p. Sîî.

Cependant Bismarck a réussi à modifier légèrement l'attitude de la Cour prussienne. Il n'avait pu empêcher le roi d'indiquer le 13 août au tzar les quatre points comme base des négociations futures; mais en même temps Frédéric-

; Guillaume IV avait signifié à Vienne qu'il ne considérerait pas le refus par la Russie de ces quatre points comme \tn

. acte d'hostilité. La Prusse se dégageait par là de la politique

: autrichienne et c'était un succès pour les partisans de la

, Russie.

Ainsi la logique des choses conduisait le gouvernement prussien à cette neutralité bienveillante envers la Russie, que préconisait M. de Bismarck. La situation de celui-ci en était agrandie. Plus que jamais il était consulté par le roi et faisait sans cesse le voyage de Berlin. La confiance du souverain était parfois gênante pour Bismarck, car Frédéric- Guillaume avait l'amitié exigeante et entendait que l'éb s'abandonnât entièrement. A la fin du mois d'août 1854» le bon mari était en route pour Reinfeld en Poméranie, lorsqu'un envoyé du roi le pourchassa jusque dans son wagon pour l'inviter à venir à Pujbus, dans l'île de Rûgen, conférer sur un projet de circulaire de la Prusse aux gouvernements allemands 1 : le souverain voulait leur donner communication de sa réponse à la dépêche viennoise sur la note des quatre points, et il trouvait que le projet de Manteuffel était trop autrichien. Bismarck rédigea une autre circulaire plus favorable à la Russie, et qui obtint l'approbation du roi. Ce document partit pour Berlin, d'où il devait être transmfc aux divers gouvernements, mais le roi se ravisa, arrêta k

1. Les Mémoires et Souvenirs, t. II, p. 193, contiennent à ce sqjei fc j légères erreurs dues à l'époque de leur rédaction. La conférence difl^J, bus du 30 août 1854, eut pour but la délibération non de la ripoMU ~ dépêche autrichienne sur les quatre points, car cette réponse estdt mais de la circulaire prussienne du 3 septembre.

[.A UUERRE UE CBIMtE retenue des gouvernements allemands l'empêchait d'à

I iea Bas ' .-,.

Frédéric-Guillaume IV fut-il touche- par Dette concession de l'Autriche Pou un île ses aides de camp, Wedcll, envoyé par lui s Parùi, le raraena-t-il a la politique de l'Occident?

ou encore Manleuffel repril-il son influence d'autan î il est difficile de le dire, mais il faut constater qu'a ce moment le ni de Prusse négligea les principes de la circulaire rédigée à Ptrlbus el se rapprocha du gouvernement autrichien. Le

: : ii ire, les deux gouvernements signèrent une con-

'.: nti |ui étendait le traité d'alliance offensive et défensive

du 20 avril : les quatre pointa devenaient pour eux la base

■ i :■ île- négociations de poix ; le roi de Prusse s'en-

.1 secourir son allié « en cas d'attaque contre les troupes autrichienne*, soit que celle atlaqm- tïit. dirigée t'unir.' le territoire de l'Autriche, soit qu'elle eût lieu dans les

mtés. » C'était un succès incontestable pour l'Autriche, oui espérait, grâce à cet appui, occuper temporairement !|i Hil.>. et lor.- des négociations définitives obtenir sur elles un droit de protectorat ou même de g;mlc. Célail donc un échec pour le parti russe à Berlin. Avisé secrètement par le général de Gerlach de ce qui se tramait, Bismarck

iraenté : « L'Autriche nous a effrayés en 1850 avec les baïonnettes russes, en 1854 avec les baïonnettes françaises, jusqu'il ce qui' nous fassions sa volonté; elle aie monopole du patriotisme allemand, représente seule les intérêts allemands et en outre a gardé la haute considération de la . . Je crains le même jeu qu'après le 20 avril; on va trouver lo moment venu de faire encore un pas en avant *. »

. !,,i,„. isst Correspondance diplomatique,

■ v.Tubiv 1834. Britfi M GcWacA, p. l

,jJp^SI

D'ailleurs, Bismarck même ne tenait pas à prendre la direction des affaires étrangères à un moment où les responsabilités du pouvoir étaient lourdes et les hésitations du roi multiples. Ce fut un bonheur pour lui. Il se serait usé dans des luttes stériles avec un souverain mystique, fantasque, scrupuleux, qui intervenait à tout instant dans les affaires et qui cependant n'était pas en état de les diriger lui-même; il serait arrivé au pouvoir, prématurément, sans avoir mûri ses desseins, posé ses jalons i\ Paris et à Pétersbourg, avant de disposer de l'armée qu'allait réorganiser le roi Guillaume et qui devait permettre à son génie politique mêlé d'audace et d'artifices de tout oser \

Cette heure de grande influence passa vite. A Putbus, déjà, Bismarck avait froissé le roi par son insistance à demander la permission de rejoindre sa femme. « Son ménage lui est plus cher que le royaume tout entier », remarquait avec dépit le monarque jaloux. Certaines divergences de vue politique augmentèrent cette disgrâce que devait consacrer un voyage de Bismarck i\ Paris.

II. — Pendant ces négociations, les événements avaient marché en Orient ; la guerre était engagée ; le 14 septembre 1854* les soldats de France et d'Angleterre débarquaient en Crimée; ils prenaient de suite contact avec leurs adversaires russes; le 20 septembre, 3.000 cadavres gisaient sur les champs que traverse l'Aima, 5.000 hommes encore étaient blessés ; Menschikof sacrifiait ses bateaux pour défendre k port de Sébastopol ; les soldats alliés s'installaient dans des tranchées où des milliers devaient mourir du choléra, (te h

1. Rothan. La Prusse et son roi pendant la guerre de Crimée, p. Ml.

tlles ou des obus; 93.000 Français, 20.000 Anes, 1 10.000 Russes, 227.000 hommes aliment mourir pour la question des monastères, la neutralisation de La mer Noire, ta fermeture des Dardanelles, sèment des principes de I81B qui n'existaient plus depuis 181*, la ^ 1 1 [ u ■ i '■ 1 1 j ; 1 1 1 < ■ sur mer de l'Angleterre et l'afferi Je .VijMif. -..n 111 sur un tronc où il séjournerait dix-huit ans et dans un pays qu'il précipiterai! dans le ■ el la douleur. Guerre héroïque peut-être, mais inutile '■lit clic n'était motivée pur aucun do ces inU'ivl- m ■ urcl la vie mêmes des nations sonl 1 qui, seuls, rendent légitime le sacrifiée des axis

début, la lutte était si acharnée qu'on l'espérai! de courte durée, et, sur les récits d'un cavalier Lu-tare, le bruit ■ l a la lia de scpU-miuc i|ui' Si'hnsti.ijii.l rl.iil tombée mains des alliés. La Cour de Vienne, qui avail été . ■ aimée par les déclarations pacifiques de I rédéi ii - IV, reprit auduce. Le délégué autrichien à Francfort aviiîl passé le mois de septembre dans une humeur le. Il avait, au dire do smi adversaire pniss'u-n, a agoottisea tous les diplomates, n'épargnant ni pers

■ ; il avail déclaré la ( lonféd< ratii ■ insli-

lulile; il avait fallu le fuir comme on fuit les morsures

en i olère n, A Vienne, Buol avait eu de pareils

[■tendu désastre de la Russie calim les nerfs

autrichiens. Us tentent de tirer profil d'une

lultc uù ils n'uni pas pris part, du succès des alliés qu ils

■ de la défaite de la Russie qui les a secourus

auparavant, IJismarck lui-même est indigné de

-■■■- nouvelles » qui poussent l'Aulr'n

me volonté aux puissances occidentales ».

En loyauté politique, il a toujours eu l'épidémie chatouilleuse

— pour les autres.

Buol se réjouit, comme d'un triomphe des armées autrichiennes ; il télégraphie ses félicitations à Napoléon, souffle un vent de guerre dans les journaux officieux et envoie aux Cours allemandes une circulaire pour se plaindre de l'apathie de la Diète, des tergiversations de la Prusse : il demande aux divers gouvernements leur appui effectif dans la question des duchés et la revendication des quatre points. Cette démarche était maladroite ; les petites Cours n'avaient aucun intérêt à la liberté du commerce sur le Danube et à la cessation du protectorat russe dans les Principautés, que l'Autriche leur représentait comme des biens indispensables ; elles-mêmes ne demandaient qu'à rester en paix. Le moment était donc propice pour la Prusse de renouveler ces déclarations pacifiques, en évitant toutefois de froisser les puissances occidentales par un attachement exagéré à la Russie. « Il s'agit de faire croire aux gouvernements allemands que nous maintiendrons notre point de vue, au risque d'une rupture avec l'Autriche, écrivait Bismarck le 9 octobre. Tout symptôme indiquant une bonne entente entre la Prusse et la France produit, sous ce rapport, un effet tout particulier. » Dans cet esprit, la Prusse adresse le 13 octobre aux Cours allemandes une circulaire bénévole et calmante. D'ailleurs on apprend à Vienne que le récit du Tartare est un conte, — un canard, écrit Bismarck.

— la Russie est loin d'être abattue, la lutte sera longue, sanglante, coûteuse ; l'audace autrichienne en est amoindrie, et, au commencement de novembre, Buol affirme que son gouvernement se gardera d'attaquer le premier la Russie et en tous cas n'entreprendra aucune guerre sans en délibérer au préalable avec la Prusse et la Diète. C'était un recul; le cabinet de Vienne cherchait à le couvrir en déclarant que m la fl

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. ml, iv |v.i Bricfc an Utrlavh, p. 138.

C'était bien l'intention de l'Autriche, et, forte de l'appui de la Prusse, elle courait signer un nouveau traité avec la France et l'Angleterre. Le 2 décembre, la Cour de Vienne s'appropriait les quatre points, la France et l'Angleterre s'engageaient en cas de guerre entre l'Autriche et la Russie à secourir, la première; enfin une clause spéciale imprimait au traité son véritable caractère ; si le rétablissement de la paix générale n'était pas assuré avant la fin de Tannée sur les bases déjà posées, les souverains de France, d'Autriche, d'Angleterre « délibéreraient sans retard sur les moyens efficaces pour obtenir l'objet de leur alliance ». C'était à l'adresse du tzar une invitation à traiter, presque, une sommation. Ainsi se trouvait justifiée la prophétie de Schwarzenberg que l'Autriche étonnerait le monde par son ingratitude.

Bismarck avait beau jeu à accuser la Cour de Vienne de duplicité. Il n'y manqua point. « La chose est fort suspecte, écrit-il le 4 décembre, surtout eu égard aux armements non interrompus que fait l'Autriche. Cette puissance s'est assuré l'appui de l'Europe pour le cas où ses troupes serait attaquées par la Russie, et il ne lui manque qu'un prétexte plausible ; si elle parvient à le faire naître, le but du cabinet de Vienne sera atteint ; ce but, c'est la coalition de l'Angleterre, de la France et de l' Autriche, organisée de telle sorte que non seu — lement l'Autriche soit couverte par l'Allemagne, mais encorœi qu'elle soit, grâce à l'appui de l'Allemagne, le membre l plus fort et le plus important de la coalition *. » Pour riposte à ces menées, Bismarck cherche à écarter de l'Autriche 1 petites puissances, à isoler le cabinet impérial, et à lui donn ce qu'il appelle, goguenard, « un rude mal aux cheve une fois que l'ivresse sera passée ».

1. Bismarck à Manteuffel. 4 décembre 1854. Correspondance diplomatie t. 1, p. 338.

i !;'icln' n'était pas impossible. Les gouvernemenls aile :i avaient adhéré qu'avec répugnance au traité Bustroprussien du 26 novembre; Bismarck les y avait engagés, h cœur contraint peut-être, niais lié par sa qualité de diplomate prussien. Mais il espérait bien que c'était la dernière concession accordée à l'Autriche et que la Prusse refuserait d'adhérer au traité du 2 décembre; il était bientôt rassuré, et, le 1H, h sa gronde joie une lettre de Manleuiïel qui lui affirmait son refus de participer aux nouvelles conventions de l'Autriche1. 11 se mettait immédiatement en mesure de per- Buader les petites Cours que le traité passé entre l'Autriche, '■ rre el la France constituait pour elles un grave i que leur adhésion à ce pacte diabolique les conduirait a une guerre sanglante, dangereuse, sans résultats possibles. Les petits gouvernements étaient toulconvaïncuset bien luivre la Prusse dans son abslension.

lïiinl s'irrite ; il invite la Diète, la Prusse, toutes les Cours allemandes^ adbéreraii traité du 2décemhre; Bismarck désirait, poor réponse, une nette insinuation a l'Autriche que « lu Prusse pas oublié le chemin de la Moravie » ; plus calme, son Chef répondait que la Prusse avait déjà beaucoup fait dans la çuesttoii d'Orient el entonnait un péan en l'honneur de la paix. Btiol s'émeut ; il demande a la Diète la mobilisation des irdéralrs, en exécution du traité du 20 avril 1854; Bismarck réplique que h l'unique but de cette convention est de repousser une attaque. Jusqu'il présent celte attaque eu lieu, et elle n'est pas à redouter si l'Autriche ne ■ pas l'agresseur ». La Cour de Vienne ne peut donc :■ mii traité donl le leste esl inapplicable dans h -. cir- ■bonslances actuelles. Les petites puissances approuvent ce

■] iJ6i embre 183t. Briefe an Certaeh, p. 1S1.

raisonnement ; plusieurs rêvent d'une ligue des neutres, où entreraient, sous la direction de la Prusse, les Etats de quelque importance en Allemagne, Bavière, Saxe, Wurtemberg, les Hesse, et à laquelle adhéreraient les trois puissances du Nord. Ainsi entre la Russie à l'Est, la France, l'Angleterre, la Sardaigne leur nouvelle alliée à l'Ouest, l'Europe centrale se désintéresserait de la lutte et laisserait à l'Autriche son indépendance et son isolement. Ce projet plaisait à Bismarck, car il mettait la Prusse h la tète des Etals allemands ; il l'exposait avec verve à Manteuffel, qui ne Técartait pas. Bismarck sentait qu'il avait ébranlé les sympathies autrichiennes de son ministre et redoublait ses attaques contre le traité du 2 décembre.

Les diplomates autrichiens étaient mécontents; Prokesch prenait des airs belliqueux; Buol envoyait une circulaire aux Cours allemandes pour réclamer à nouveau la mobilisation, et son délégué à Francfort en saisissait la Diète le 22 janvier. La délibération dura quinze jours ; Bismarck soulevait toutes les diflicultés que lui suggérait son imagination féconde en expédients ; les petits princes comptaient leurs écus, passaient en revue leurs régiments, supputaient ce que leur coûterait la guerre en hommes et en argent et ce qu'elle leur rapporterait. Ils voyaient bien les dépenses, mais non le résultat, et Prokesch les trouvait tout « effarouchés ». Bismarck courait de l'un à l'autre, allait à Darmsladt et \Vie>baden où il laissait les grands-ducs tout « tremblants ■• de la peur d'une conflagration générale; il montrait à ses collègues « l'Autriche comme frappée d'un vertige de conquête dangereux pour l'Allemagne », la Prusse au contraire calme, forte, intelligente l ; et sur ce parallèle, il les invitait i\ choi-

1. Prokesch à liuol. 1" février 1855. Ausden Brie fen von Prokesch, p. 4Î3.

LA QUEBU DE CRIMEE tfe

^légués des pelits et moyens Étals

■h ils ne voyaient pas de danger; il > avaH périls

d'Autriche, qui préconisail l'action ; il n'y en avail pas

qui prêchait l'abstention. Lear choix

viic r.iîi, Le 8 lévrier, lu Diète déclara qu'en ■

dV tout dai russe, la mobilisation de

, .!■■!■; de n'étail pas nécessaire : ta situation Lrou-

il simplement quelques prépwatîrs

jIiIit la mobilisation si elle devenait • indispensable,

.1 forme d'udhérernu traité du2 décembre,

pour la ( lour de \ ienne, un succès pour Bismarck.

ihala sa colère duit* <\'-* iJ<'-|hS-Ih's rulrinnatilce dool

■m Uni lui ic solidariser plus étroitement tes diverses

- autour de la Prusse. Prokesch, de dépit, se RI

rappeler'. El, du plaisir de voir son adversaire quitter la

Lui découvre une série de qualités, qu'il

,■1 alors méconi a : conscience, bienveillance, dnu-

eur, comte de Rechberg, Bavarois entré an I

ii ho, diplomate de carrière, arrive avec des

idées ooncii terrible Prussien y flaire on piège,

re le nouveau délégué comme « l'inslrumenl qu'un

pour exécuter quelque coup d'Etal hardi; il peut

ilion l'ail roatii e

entre l'adhésion complète è In politique de l'Autriche et lu

rupture avec celte puissance ». Ei la rivalité continu

les deuv Etals allemands; car les

! ■ dos m, iiiuns restent.

:ehberg devait avoir une belle cari ière . en

:■ plai a M. de Buol n lisière dea Afïaii ■ ■

il uvec Bismarck l'auairc des duchés; son

dernier acte fut la signature du traité de paix ; il se retira en 1864, à point pour laisser à son successeur le soin de mener l'Autriche au désastre de Sadowa ; mais il avait déjà préparé les voies qui y conduisaient.

Le refus de la Diète d'adhérer au traité du 2 décembre, — échec pour l'Autriche et, par conséquence indirecte, pour ses alliées la France et l'Angleterre, — avait mis en relief le r61e de Bismarck. Il avait réellement dirigé la politique fédérale, en opposition à Prokesch qui n'avait souci que des intérêts autrichiens. Un peu enivré de ce succès, il perdit pendant quelques semaines son habituelle précision de vue et créa un incident diplomatique assez vif où il s'emporta.

Au commencement du mois de janvier 1854, le bruit se répandait que la France, d'accord avec l'Autriche, demanderait aux Etats du sud de l'Allemagne, le libre passage de troupes en route pour l'Orient. Celte nouvelle continuait à circuler, sans qu'on pût préciser exactement d'où elle venait et on annonçait môme que la France se passerait d'autorisation, persuadée que « les Etats du Sud céderaient à une douce violence, aussitôt qu'ils verraient déboucher les colonnes françaises du pont de Kehl ». A la réflexion, ce voyage à pu-d pour traverser l'Europe entière parut invraisemblable : où iraient les troupes françaises ? En Crimée ? C'était loin de la France ; dans les principautés danubiennes ? Les Russes les avaient abandonnées ; en Autriche et pour la défendre ? Mais qui l'attaquait? 11 n'y avait là que des racontars de chancellerie, nés de la mobilisation à ChÀlons de renforts destinés à la Crimée.

Néanmoins Bismarck crut à l'exactitude de celle nouvelle, el il demanda à son ministre s'il n'y avait pas lieu de metlre en garde les puissances du Sud contre une invasion, s'il n'était môme pas urgent de prendre les mesures nécessaires pour la

prévenir. « Si la France, écrivait-il le 11 février 1855, concentrait réellement près de l'Allemagne des forces assez considérables pour pouvoir inonder Bade et le Wurtemberg avant qu'il fût possible d'arrêter l'invasion, il faudrait nous y préparer et avaler cette pilule... Cette concession entraînerait certainement à bref délai l'établissement de la domination militaire de la France sur ces pays, moitié par la douceur, moitié par la force, et, par le fait, la Confédération en tant qu'unité politique, se trouverait entamée et paralysée1. » 11 proposait donc une action énergique à Carlsruhe, Stuttgart et Munich, la mise en état des forteresses de Mayence et Rastadl, au besoin la mobilisation des troupes prussiennes et fédérales; il était persuadé que les soldats du Sud, bien soutenus, se battraient « pour la Confédération, pour cette maison de verre dont la conservation rend seule possible l'existence de la plupart des Etats de l'Allemagne. L'acte fédéral est leur planche de salut sur la mer européenne soulevée par la tempête ; ils s'y cramponnent et n'ont qu'une crainte, c'est que la Prusse elle-même n'en brise les liens ». Il était du devoir d'un diplomate soigneux d'aviser son ministre d'une nouvelle inquiétante et de lui indiquer les moyens de parer au danger. Mais Bismarck, — une fois n'est pas coutume, — manqua de prudence et parla trop haut. Ses paroles, probablement dénaturées, — il l'affirme, — furent soigneusement recueillies par quelque envieux et rapportées à M. Prokesch, et au ministre français, M. deTalIenay. Tous deux étaient mécontents de l'attitude du diplomate prussien et ne manquèrent pas d'en référer à leurs gouvernements ; M. Prokesch, qui préparait ses malles, était heureux de lancer à son excellent ami la flèche du Pdrthe

1. Bismarck à Mantcuffel. il février 18oo. Correspondance diplomatique, t. I, p. 394.

sous forme d'une circulaire aigrelette pleine de lamentations sur la conduite du délégué prussien. M. de Tallenay, qui avait reçu du quai d'Orsay mission « de travailler dans le sens des demandes de l'Autriche » et avait été tenu en échec par Bismarck, relata en ces termes l'incident : «: Hier, au moment où l'Assemblée fédérale levait la séance, M. de Bismarck a dit assez haut que prochainement il ferait une motion tendant à mettre sur le pied de guerre et en état de défense les forteresses fédérales du Luxembourg, de Mayence, d'Ulm et de Rastadt. M. de Bismarck ne s'occupe que de faire triompher en Allemagne le principe de la neutralité armée... On ne sait comment concilier l'action de la Prusse à Franctort avec les négociations qu'elle poursuit à Paris en vue d'une entente séparée avec la France sur les bases du traité du 2 décembre1. » Ces derniers mots faisaient allusion à une nouvelle mission du général de Wedell à Paris, qui avait permis de croire au désir de Frédéric-Guillaume IV de s'entendre avec la France.

M. Drouyn de Lhuys découvrit une duplicité dans la politique prussienne où il n'y avait que tiraillements entre plusieurs tendances ; il s'en plaignit à son ambassadeur, M. de Moustiers, et le chargea de demander des explications au cabinet de Berlin sur les termes de la motion dont son représentant à la Diète avait entretenu ses collègues. M. deManteufïel protesta que <c M. de Bismarck n'était pas autorisé à tenir le langage qu'on lui prêtait ». L'ambassadeur français s'arma delà circulaire autrichienne pour démontrer que les paroles reprochées au délégué prussien avaient bien été tenues par lui. Le ministre alors affirma qu' « il avait écrit fortement à M. de Bismarck pour l'engager à être plus prudent dans son lan-

1. M. de Tallenay à M. Drouyn de Lhuys. Rothan, La Prusse et u>n roi

pendant la guerre de Cmnée, p. 129.

U BVEBRS Dt CRIMEli lus réservé 'bus ses actes1 ». En l'ail, il refusa de le i officielle menl .

wyn de I ihuya ne voulut ni aggraver L'incident, ni le ■ni» i- -. <\ lui plaisait de l'entretenir en l'état comme

Une menace, et, le l~ mors, le Moniteur universel c i mii

.. une note ainsi conçue : n Francfort, 1 1 mars. Dans une des dernières séances de la Diète, M. de Bismarck répondant aux communications du plénipotentiaire ,,.■ relativement a l'état de l'effectif militaire de cette avail prononcé des paroles qui semblaient révéler peu favorables pour la politique des cabinets M, Je Kisniiircl.. ;i >[•■ (lésa voué el blâmé par son ment. -- La Prusse déclare, en outre, qu'elle ne |i nuflemcnl que !<■ contingent autrichien resti sur le I'. .1. -i.il. cl qu'elle ne songe pas à l'armemeiil des ■ de Luxembourg ci de Mayence.

À la leclure de ces lignes, Bismarck se courrouce : pour r, M. de Tallenay vient le voir, lui assure qu' « il est complètement étranger ô l'allégutiou de la feuille officielle », oil Être empruntée .m rapporl de quelque envoyé nu Consul, '-I, charitablement, en rt'purlc lu responsabilité mii- ■ m, secrétaire d'ambassade à Berlin, qui avail séjourné s jours il Francfort \ Mais cette démarche ne suflitpas a Bi-timirli ; il demande à son ministre un démenti de caractère officiel ; il Fulmine contre l'Autriche, o ïbul cela proroges de Prokesch dans ses rapports et ses nerce avec l'envoyé anglais, écrit-il :'i <Jer- Je ne puis aie croire un délégué prussien son- le con-

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