‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 122 sur 167 · MI · texte numérisé non relu

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trôle et la censure de MM. Drouyn de Lhuys et de Moustiers, je ne jouerai jamais ce rôle1. » Il parle d'aller à Berlin, d'en référer au roi, car « il ne peut laisser tomber la chose ».

Elle tomba néanmoins dans le retentissement d'un événement tragique : la mort du tzar.

III. — Nicolas avait été pendant deux années l'arbitre du monde ; il avait ligué les rois contre la Révolution, et les rois s'étaient ligués contre lui ; Constantinople, qu'il regardait comme un boulevard russe, était devenu le quartier général de ses ennemis; la mer Noire était envahie; les troupes russes avaient été repoussées à l'Aima, à Inkermann; le cercle de fer se rétrécissait autour de Sébastopol; la défaite était proche ; le dieu était déchu. Usé par la déception, la colère, la douleur, il était de bonne proie pour la maladie : en deux jours, elle le terrassa et l'enleva (2 mars). Parmi ses dernières recommandations, il songea à l'entente de son Empire avec la Prusse : « Que Frédéric-Guillaume continue t\ demeurer attaché à la Russie. »

On pouvait espérer que la paix résulterait de la disparition « d'une personnalité importante et irrémédiablement compromise dans la guerre2 ». Bismarck n'osait y compter : « Ce sera, écrivait-il à Gerlach, pour l'empereur François-Joseph un allégement de la situation, pour l'Angleterre la fin d'une crainte spéciale à la personne de l'empereur Nicolas, pour la France la disparition d'une inimitié personnelle ; mais il était plus facile à l'ancien empereur qu'au nouveau de réprimer les tendances belliqueuses en Russie3. » Sa vue

1. Bismarck à Gerlach, 19 mars 1855. Brie fe an Gerlach. p. 209, 211.

2. Drouyn de Lhuys à Bourqueney. 7 mars 1855. D'IIarcourt, Les quêirt Ministères de M. Drouyn de Lhuys, p. 107.

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