‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 129 sur 167 · Bcust, Mémoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Bcust, Mémoires, t. I, p

la QUERRE DE CRIMÉE 113

L'Autriche, ) étaient représentés : seule des grandes

■ a, la Prusse n'y avait point place. Elle n'avait par-

: ri: m aux préliminaires de la paix : on m la

en si bau le assemblée. « Les grandes

écrivait k- prince Albert au roi Léopold, ne

prendre pari au jeu de la politique, que si elles ont

mis leur enjeu sur le tapis. » La Prusse était reléguée au

petits États, avec la Hollande, la Uflgiqiie, les Étals

Scandinaves. C'était un coup rude pour l'orgueil prussien.

arck montrait bon visage contre mauvaise fortuite,

. . entrons dans le concerl <\<-, puissances, écrivait-il

h -hv, nous renonçons a la position indépendante que

nous avons prise pour lomber sous l.i pression d'une Majorité

de trois contre un, ou, avec la Sordaigne el la Turquie, de

Mnq contre un. Si nous accédons au programm ici

iquona de perdre d'un seul coup les fruits de deux ans se, les Fruits de notre union avec les États de l'Atte-

9 que is avons gardés envers la

: <■ el de la force que nous avons pris vises belligérants. » Ce n'était la que des prétextes; il était profondément blessé de voir sa patrie abaissée en ai posture El le pa: sage fi Francfort de Buol, qui allait | paria représenter l'Autriche, l'irritait, car il voyait les des petites Cours s'empresser .niti.HH' du puissant ta; il avait beau plaisanter avec un rire de dépit sur la * troupeau de la Diète rangé el surveillé par le comte de el prél a rendre ses hommages au comte de Buol » ; eait de n'être pas, lui aussi, L'objet d'honnei i i de voir « le ministre délégué delà Prusse confondu avec la masse de tous les deorutn minortim gentium1 ». Sa

colère retombait lourdement sur l'Autriche. « Quatre fois, grinçait-il de jalousie, en deux ans elle a joué son jeu contre nous, et, nous qui sommes une grande puissance, elle veut que nous signions maintenant notre abdication et nous refuse tout emplâtre pour guérir nos blessures1 ». Il en était malade. et, en réalité, vomissait de la bile.

Et, pour comble de malheur, les petits royaumes demandaient que la Confédération figurât au Congrès de Paris; on parlait môme de charger la Prusse de l'y représenter de telle sorte « qu'exclue des conférences comme puissance indépendante, elle y prendrait part comme organe de la Confédération ». Son rôle eût été nul, surtout à côté de l'Autriche, capable de la neutraliser sans cesse, comme membre de la Confédération. Bismarck parvint, tout au moins, à écarter cette éventualité, et après un mois de délibérations, de conflits épiques entre les délégués autrichien et prussien, de conciliabules entre les moindres plénipotentiaires, la Diète adopta une déclaration anodine, sans portée, de vague adhésion aux préliminaires de la paix.

Ce fut un soulagement pour les patriotes prussiens lorsque, le 13 mars, l'ambassadeur français remit à M. de Manleuflel l'invitation de prendre part au Congrès. « Nous pouvons nous rendre à une invitation qui n'est subordonnée à aucune condition », écrivait le ministre à son délégué fédéral. « Nous montrons trop d'empressement, répliquait celui-ci , sinon à son chef, au moins au fidèle Gerlach. On reçoit l'invitation le matin, et à deux heures on laisse imprimer que la Prusse l'accepte. Il eût été préférable de montrer un peu plus de froideur, au moins à l'extérieur, si on ne l'avait pas intérieurement2. »

1. Bismarck à Gerlach, 11 février 1856. Briefe an Gerlach, p. 279.

Page 1