‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 130 sur 167 · Bismarck a Gerlach, 19 mars 1856. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Bismarck a Gerlach, 19 mars 1856. Loc. cit., p

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craignait que le représentant do la Prusse eût au Congrès mu- situai ion " il aulaul plus effarée que sim pays osl i. L'objet et du théâtre de la guerre ». Ses craintes u ■■! ii ni pus vain.:-., Manlenlfel joua au Congrès un Pôle si

prudent, si réservé, qu'il en fut presque muet, et le roi en lui conférant l'ordre de l'Aigle-.Xoir à cette occasion pouvuil louer ri omettre son éloquence1. Mais au moins Thon-' neur était sauf, la Prusse était remise au rang des grandes paîssances, elle signait l'acte de Paris à l'égale de l' Au triche.

Dans un pénétrant rapporl qu'il adressait le 2(1 avril ù son ministre. — et qu'on a qualifié, à juste litre, de magnifique, der Prachffiericht, — Bismarck analysait à grands H larges traits la situation politique de l'Europe. Au moyen Age, après un certain temps de travail, l'ouvrier qui voulait, paner mai Ire devait livrera la corporation un morceau capital : en écrivant le rapporl du 2(i avril, après cinq ans d'études diplo- Bismarck donnait a la Carrière son « chef-d'œuvre*». 11 faudrait le citer en entier.

Le diplomate y dépeint l'Europe inquiète, sans confiance dans la paix, h En attendant les événements futurs, tous, grands et petits recherchent l'amitié de la France; l'empereur lai iléon, quelque neuves, quelque étroites que soient les a dynastie en France même, a le choix entre les ■Ifiaooes qui s'offrent à lui. n Les bons rapports continueront entre la France et l'Angleterre cl n le mariage des deux puis- «eidentales, tout en ayant donné lieu à des scènes de

iten, t. III, p. Tu lliihiin, fc»/' on» Ht m»- Mnîra d'un amàaisadcur il' \,il: i, lie ,•. l'an», [>. lu:. H siih .

S. Bismarck !i Manteuffel. Î6 airil IKÎ6. Correspondance Uiplomaliqva, LU, p. 155fl 187.

lune rousse, ne se rompra pas de sitôt. » Une autre alliance est à prévoir, celle de la France et de la Russie. « Ce rapprochement est trop naturel aujourd'hui pour qu'on ne s'y attende pas ; parmi les grandes puissances, elles sont toutes deux, par leur situation géographique et leurs visées politiques, celles qui renferment le moins d'éléments d'hostilité, car elles n'ont, pour ainsi dire, pas d'intérêts qui se trouvent nécessairement en collision. Jusqu'à présent la solidité de la Sainte Alliance et l'antipathie de l'empereur Nicolas pour les d'Orléans ont tenu les deux pays à l'écart l'un de l'autre; mais la guerre qui vient de se terminer a été faite sans haine, et elle a plus servi aux besoins intérieurs de la France qu'à ses besoins extérieurs. Les d'Orléans ont disparu, l'empereur Nicolas est mort, la Sainte Alliance est rompue ; je ne vois plus rien qui puisse neutraliser la force qui attire ces deux

Etats l'un vers l'autre. »

L'Autriche aussi recherche l'amitié de la France, mais ses avances ont été accueillies par Napoléon avec une a réserve polie». D'ailleurs, l'empereur tient en provision, pour le cas où il aurait besoin de la guerre, la question italienne. « LoLit de malaise qui règne dans le pays, l'ambition de la Sardaigne, les souvenirs bonapartistes et muratisles, l'origine corse, tout cela offre au « fils aîné de l'Eglise romaine » bien des facilités pour intervenir; la haine contre les princes et contre les Autrichiens lui aplanit les voies. »

En Allemagne, le lien de la Confédération se relâche; « les Etats moyens continuent à être prêts à s'associer à celle des deux grandes puissances qui a le plus de chance d'obtenir l'appui de la France, et à rechercher celui-ci, si les circonstances l'exigent ». Ils sont d'ailleurs prêts à « briser le lien fédéral si l'intérêt ou même la sécurité du pays étaient menacés par l'attachement à la Confédération...; il ne but

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ppal particulier pour attirer les rats au dehors quand

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D i-'' de ta conduite de l'Autriche; et ici Bismarck son thème favori, (il conducteur de sa correspondance, le conflit inévitable entre les dcov grandes puissances dp l'Allemagne. « Depuis mille ans, le dualisme germanique . ours manifesté par des guerres intestines profondes, qui. depuis Charles-Quint, on! invariablement régla de siècle ['une ou l'autre question pendante; «lutta ce siècle moment rinidru où il ni/ aura pas d'autre iUOJ/eji .,■'-■,■ l'heure sur If nuirai! de notre évolution hisia- ■\ i conviction csl que nous aurons à défendre dans ■ ■■■■'■■ assez jirm-ltain notre, existence contre l'A utrjçhf n'est pas en notre pouvoir de prévenir celte collision, li marche des choses en Allemagne ne comporte autre Issue, •• Pour redoutable que soil l'Autriche, pas im ulnéroble, cur o le .-avant édifice bureaucraitralisé, l'œuvre de Bach el de Buol, peul s'éc-rouler cununc un château de cartes ». Mais, pour la combattre avec essaire d'avoir à l'étranger quelques intelli- : lismarclt en voit deux, l'ami lié de la Russie el la symla France, indiquant celle-ci avec prudence cl d'une ■i<\ cor d n ignon ■ ir de Berlin n'esl

pas favorable S Napoléon El il conclut par ce Irait de bonne le coup de pied que la monture de l'ambassadeur ■ ichien, lors d'une pi ésage politique.

:: s puissances allemandes, la polîprompf revirement des petites, la neulra- !, Napoléon pour La Prusse, l.i guerre ila- -..', tout csl iudiqu . sants. Bismarck est le devin qui se penche

sur le baquet magique où nagent les éléments en conflit et prophétise leur avenir.

L'attitude de la Prusse pendant la guerre de Crimée était résultée moins d'un parti pris de réflexion, que du hasard, dç> hésitations du roi, des compétitions des partis qui l'entouraient. Bismarck Favait désirée, conseillée, insufflée peut-être, mais non imposée, sa situation ne le lui permettait pas encore. Cette attitude était heureuse, car elle réservait l'avenir : en ménageant la Russie et en se compromettant même pour elle, la Prusse avait préparé une alliance dont elle devait tirer un merveilleux parti en 1864, 1866 et 1870; la France ni l'Angleterre ne pouvaient se plaindre, car rien n'avait été tramé contre elles; les petits Etats de l'Allemagne avaient repris confiance en Berlin. La politique de l'Autriche avait été, au contraire, inhabile à l'excès : la Cour de Vienne avait vexé ou inquiété toutes les puissances : les deux alliées d'Occident, par ses hésitations et ses lenteurs; la Russie par son « étonnante ingratitude » ; la Prusse, par ses prétentions de suzerain; les Cours allemandes, par ses ambitieuses visées vers l'Est. Avec une singulière maladresse, Buol avait emprunté deux rôles au fabuliste, tantôt mouche du coche, tantôt Aliboron au coup de pied malheureux. L'Autriche devait lourdement expier ces fautes.

I. — Temps calme. — Fiançailles du prince Frédéric-Guillaume. — Nouveaux conflits de Bismarck avec le délégué autrichien ; les garnisons fédérales, le code de commerce, la réforme fédérale. — Nécessité d'une entente avec la France ; projet de voyage de Napoléon 111 à Berlin. — Incident de Neuchàtel; mission de Bismarck à Paris; confidences de Napoléon III. — La constitution danoise et les duchés; entretien avec Napoléon; prolongation des négociations. — Voyage en Suède.

II. — Maladie de Frédéric-Guillaume IV. Délégation provisoire au prince Guillaume. Intrigues de Cour. Les conférences de Baden- Baden. — La régence, le ministère et l'ère nouvelle. — Incertitude de Bismarck. Sa nomination à Pétersbourg.

Bismarck à Francfort.

I. — Le traité de Paris produisit une détente naturelle dans l'état nerveux où vivait l'Europe depuis trois ans : belligérants et neutres, peuples et gouvernements avaient un absolu besoin de repos, de travail pacifique, de sécurité pour le lendemain. Quelques hommes d'Etat, médecins tant-pis de la politique, hochaient la tête avec inquiétude, relevaient des symptômes dangereux, des points d'inflammation, « un malaise à envisager l'avenir », écrivait Bismarck. On les laissait seuls dans leur pessimisme, tant était grand le désir de santé générale.

Cette détente fut sensible et goûtée en Allemagne. « La température politique y était agréable », trouvait M. de Beust1.

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