‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 142 sur 167 · I. I.I'S il ■ . i-.- lie l'i-lrv-l CJJ · texte numérisé non relu

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tion pendant la guerre de Treitfe Ans, et il faudra un Gustave- Adolphe ou un Frédéric II pour nous émanciper à nouveau... Xous ne'sommes pas assez riches pour user nos forces dans des guerres qui ne nous rapportent rien1. * Il ne prêchait pas l'alliance avec la France, comme l'en accusaient ses adversaires, mais il ne redoutait pas l'isolement de la Prusse, qu'il croyait de taille à se défendre seule, et toute sa politique se résumait dans ces mots : « Restons tranquilles. »

Le gouvernement auprès duquel il était accrédité avait une opinion analogue, mais moins débonnaire. Napoléon et Victor-Emmanuel s'étaient efforcés de lier le tzar à leur partie. Le moment était favorable à la Russie pour reprendre pied en Europe et forcer toutes les Cours à compter avec elle. Depuis la guerre de Grimée, une rancune profonde y régnait, j non contre les vainqueurs, qui l'avaient emporté de haute el loyale lutte, mais contre l'allié infidèle qui avait trahi. La ^Russie avait sauvé l'Autriche en 1849 de la révolution honîgroise, en 1850 de l'ambition prussienne; au jour où il aurait dû payer sa dette de reconnaissance, le gouvernement de j Vienne s'était dérobé et avait tourné à l'ennemi. L'irritation avait été profonde à Pétersbourg; elle durait encore en 1859; le Russe est lent à la colère, mais tenace dans ses ressentiments. « On n'a pas idée de la façon dont les Autrichiens sont regardés ici, écrivait Bismarck en avril; nul chien pelé n'accepterait d'eux un morceau de viande...; on ne rêve qu'à la guerre, pour leur pousser la baïonnette dans le dos. . . ; la haine est sans mesure et dépasse toutes mes prévisions tm » Cette surexcitation, vive surtout dans les cercles militaires, s'était étendue ù la cour; l'impératrice- mère parlait avec émotion

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