‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 150 sur 167 · Bismarck à Roon, t juillet · texte numérisé non relu

Bismarck à Roon, t juillet

A P!.TËRSBOUR<> H5>

i: i .'■ roi i lail fa Uaùv, les ministre* m villi .

écrîvil quelques jours plus tard à Bon fidèle ami, de

mea ■ d Suisse, une lettre navrée, où il s'excuaaîl de

« dans celte société » ; il ne te Eajsoit qu'a la demande

, pour lutter « a visage découvert contre ces messieurs •

lerver <■ le seul organisme capable de résister 6 la desa-

[ation générale, l'armée, ce répandanl sur elle un air sain

vivifiant' ». Quelque peu étonne de cette solitude, Bis-

i, ,.r préparait S gagner aussi un lieu de cure el de repos,

qu'il reçut un télégramme de Sebleinîbs qui t'invitait à se

Kiaad il se présenta eu roi, le 12 juillet, il crul remarquer

e réserve dans l'accueil du souverain ; celui-ci se figui que l'autre arrivait pour profiter de la discorde irûnîstéa et se glisser au pouvoir; Bismarck le rassura, et, avec e toute diplomatique, déclara qu'il connaissait la fin

■ et venait simplement solliciter l'autorisation du 1er en Allemagne jusqu'au couronnerai :

irda la prolongation de congé et mit la canin sur la question allemande; l'amlias-oilcur l'util

quelques i<iiv-s ,-i ..iî^ iimN -, «ju-- le roi Lui demanda de les consigner en un mémoire ; Bismarck promit, niais serait prompte- ■' pour ses pénales il été, si le 1 i juillet un étudiant ai Becker, n'avait tenté de tuer le roi ; Goilitleùtt, mais par sj mpatiùe respeclismarcli retarda son départ1 el en profila pour lermémoire.

i . dôcumenl a été retrouvé ' : c'esl une anolj i

i li .. Bismarck, 31 juillet 1861,

•J HUmarck t son frère, 18 foUlel IMi, Bimarckbritfe, \< MB. .m ■ ■ b publii par lierai Kohi, da '■■■'■h. i Ml

Iran te de la Constitution fédérale. La Confédération germanique a été constituée en 1815 comme organe défensif contre les invasions de la France; elle ne se comprenait qu'appuyée sur les trois puissances de la Sainte Alliance et inspirée par elles. A la dissolution de la Sainte Alliance, elle a cessé de répondre aux besoins nouveaux. Ainsi sfe>l répandu « le sentiment décevant qu'une grande et puissante nation est condamnée, par son endettement, non seulement à renoncera l'autorité qu'elle devait avoir en Europe, maisencure à vivre dans la crainte perpétuelle d'une attaque de ses voisins ». Pour la Prusse, spécialement, l'organisation fédérale est injuste, car elle ne lui assure pas la situation que devrait avoir l'Etat qui renferme plus de population purement allemande que tous les autres réunis (18 millions contre 17 12. La coalisation de l'Autriche et des moyens Etats a toujours annulé Faction de la Prusse et les divers systèmes proposés ne changeront rien à ce vice de la Constitution. Le seul remède parait consister dans la création « d'une représentation nationale du peuple allemand près du gouvernement fédéral... Alors que dans les divers Etats de l'Allemagne existe déjà une représentation populaire, une pareille création pour l'ensemble ne peut paraître révolutionnaire. » Sagement organisée et limitée, elle ne peut présenter de danger v\ elle développera le mouvement militaire déjà affirmé par le Zollvcrein et la convention militaire avec le duc de (iutha. Bismarck conseillait donc à son gouvernement d'adresser à la

M. II. Kohi incline a penser que ce document est en réalité une noir rédigée par Bismarck a Ileinfeld dans le courant de l'été. M. IVn/ler. Kaiser und Kanzlrr Briefe. p. 23 et 200. au contraire, semble estimer nue la noie a été rédigée en juillet et à Bade. Nous sommes de cet a^is. Il résulte en effet d'une lettre de Bismarck à M. de Below-IIoheiklnrf. 2 octobre 1801, (pie la note a été écrite à Bade, de la main même de Bismarck, communiquée ensuite a Below. et corrigée peut-être a Berlin en octobre.

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Diète une déclaration officielle pour réclamer la création du Parlement national; rédigée avec prudence, cette déclaration ■ rail pas les princes ; elle attirerait à la Prusse la sympathie du peuple allemand; elle exercerait une heureuse influence dans l'intérieur du pays el sur les prooh s élections.

tën rédigeant celle sa^'e consultation, Bismarck dut sourire lui-même de pitié, car sa formule anodine contredisait ses précédentes ordonnances ; d'accord avec son confrère Roon, il avait prédit qu'une acule thérapeutique guérirait l'Alle- . in chirurgie opératoire, S.i consultation donnée, le docteur politique s'empi P&rlîl en vacances cl de rejoindre les siens. Il passa I < h fi Resnfeld el a StolpmUndc, |»'lil port delà Poméranie, villéiour bains de mer, Sun bonheur tranquille fut (rouble par un événement tragique, la morl d'un infant île M, cl SI™' d'Aroim, tué à la chasse ; Bismarck écrivit n son beaufrère une lettre profonde el douloureuse, amère el de philoeo- Daîa fataliste : « lu pareil coup dépasse (ouïe consolation

une plus grande douleur ne pouvail t'atl Ire ■

perdre de telle façon un enfanl si aimable el qui prospérail ai bien, enterrer avec lui toutes les espérances quidevaîenl faire

h tes » i''i ■■ i ■ - c esl un deuil qui ne l'abandon'

nera jamais, tanl que lu seras sur terre. Noua sommes dans ta main puissante de l lieu, sans droil et sans seco i|u "il ne vcul pas nous aider, el noua ne pouvons ri que noua incliner bumbleraenl devant sa volonté '. a L'ébran- Irui- ni de sa propre santé, les Iracas politiques, une grave maladie de son petil tfill assombrirenl encore son été. En - loblentz auprès du roi; la question

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allemande était d actualité, le souverain prenait conseils de divers côtés, il voulait avoir le développement du mémoire d»:- Bade. Son séjour fut d'ailleurs court et sans suite; Guillaume alla peu après à Ostende pour conférer sur le sujet du jour avec le grand-duc de Bade et à Compiègne pour rendre à Napoléon la visite de 18tïH; Bismarck n'avait aucune raison d'v accompagner son monarque, il revint dans ses terres. Le 18 octobre il était à Kœnigsberg pour le couronnement.

Malgré les restrictions imposées par les ministres et l'opinion publique, ce fut une pompeuse cérémonie : le roi -jk>si lui-même la couronne sur sa tête, comme pour mieux indiquer qu'il la tenait de Dieu seul et n'en était responsable qu'envers Dieu. Une pareille solennité, toute en fêtes et apparat, ne comportait pas de délibérations politiques, mais Bismarck fut étonné de l'amabilité delà reine, dr l'affectation qu'elle mettait à l'entretenir, en public, de la question allemande; le roi, an contraire, évita de lui parler politique, comme s'il appréhendait de se compromettre par ses relations avec un a réactionnaire >«. un fanatique * tel que Bismarck1. Celui-ci *-n conclut qu'il y avait eu désaccord en haut lieu sur les questions brûlantes: Bernstorff était contesté: le ministère de* Affaires étrangères serait bientôt vacant. Dans l'ample distribution de croix et distinctions, suite forcée d'une telle cérémonie. Bismarck eut pour sa part la charge de conseiller intime et le titre d'Excellence. Au dernier coup de cloche d»s fvtes. il reçut un ordre très pressé : * Vite, à Saint-Pétersbourg-. ■ Et il rejoignit avec plaisir s» in poste.

Il y ju-is.1 -i\ m««is. de novembre 1*1» 1 à mai 18U2, dans lYxisîenee qui lui plaisait : vie de famille, visite de Keud» 11. chasses, courses en traîneau, hospitalité impériale; le

i \\-* .1 ■ &:>:•■.■:*■* .i K-. ;->:;'. 2o . c*.. brv !v!. K.-ij.Jvll, local., p. Tf.

tzar lui témoignait toujours une confiance flatteuse, et, faveur insigne, continuait à fumer en sa présence. « Je serais encore plus fier s'il m offrait un cigare », remarquait le passionné fumeur l . L'arrivée de Bernstorff au ministère des Affaires étrangères n'avait pas modifié les relations de Bismarck avec le département. Depuis 1856, les deux hommes étaient en correspondance suivie, et leurs lettres officielles en reçurent un cachet d'affectueux abandon 2 ; cette correspondance s étendait à tous les sujets, mais d'une touche rapide, car il n'y avait pas à suivre de négociations'en Russie sur les questions du jour, l'italienne ou l'allemande. Bismarck insistait sur la solidarité 1 d'intérêts entre la Prusse et la Russie dans les affaires polo- [ ^ * naises : « Tout succès du mouvement national de Pologne j est une défaite pour la Prusse ; nous pouvons conduire le | combat contre cet élément selon les règles, non du droit des( gens, mais de la guerre. Nous devons considérer le polonisme, \ non avec humanité et impartialité, mais en adversaire. Entre nous et les partisans du rétablissement de la Pologne, il n'y a pas de paix possible3. » Il regrettait que les relations des Cours de Berlin et Pétersbourg eussent perdu leur caractère d'intimité familiale. 11 se réjouissait par ailleurs des efforts de Bernstoff pour résoudre la question allemande. Moins timoré que son prédécesseur, Bernstorff cherchait i\ reprendre les projets de Frédéric-Guillaume IV en 1819 ; sa note du 20 décembre 18G1 aux Cours allemandes témoignait de son désir de créer une « confédération étroite sous la direction de la Prusse ; » ; le résultat le plus net fut de terroriser les

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