‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 157 sur 167 · Beust. Mémoires, t. Il, p · texte numérisé non relu

Beust. Mémoires, t. Il, p

MINISTRE A PARIS .ïi:«

sur la Seine, avec une vue charmante sur des forêts, des montagnes, des villes et des villages, tout blancs dans le vert, jusqu'à Paris ». 11 regrettait sa femme, son ménage, ses enfants, son cheval surtout, qui lui aurait donné quelques distractions et dont il parle dans toutes ses lettres et dépêches. 11 était, en outre, inquiet de son sort et de la politique prussienne. Et aigri, chagrin, nerveux, il maudissait son lieu d'exil et en déchirait ;\ belles dents les paisibles habitants. « Si nous restons ici, nous nous y plairons peu, écrivait-il. Le Français à un fond de formalisme, auquel nous nous habituerons difficilement; la peur de se découvrir, le besoin de s'endimaucher, la manie de poser *, tout cela rend les relations antipathiques..., et couvre beaucoup de chinoiseries, de provincialisme parisien... On dit ici : Grattez le liasse et lo barbare paraîtra, mais quand on essaie de gratter la croûte du Français, on ne trouve rien 2. »

11 promenait son amertume à Londres, où il visitait rapidement l'Exposition Universelle et s'amusait â regarder « les beaux chevaux et les jolis visages ». 11 dînait à l'ambassade russe où il avait un long entretien avec le chef de l'opposition, Disraeli. Il lui annonçait sa prochaine arrivée au pouvoir et son désir de réorganiser l'armée « avec ou sans l'aide de la Chambre. Ouand Tannée sera en état, aurait-il ajouté, je saisirai la première occasion de déclarer la guerre à l'Autriche, de dissoudre la Confédération germanique, de soumettre les moyens et petits Etats et de donner à l'Allemagne une unité nationale sous la direction de la Prusse. Je suis venu ici pour dire cela aux ministres de la Reine ». Disraeli, un peu déconcerté, s'empressa de rapporter ces propos au ininis-

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