Lettre ém • septembre 1844. Bismarckbriefe, p
En 1815 un nouveau deuil bouleverse sa vie. Le 22 novembre, son père meurt. C'était un digne homme, ses fils le pleurèrent sincèrement. Ils procèdent à un nouveau partage des domaines, Bernard aura Ktilz et Jarchelin, Otto ne conserve en Poméranie que Kniephof, mais il prend Schonhausen, la terre des ancêtres. Il s'y installe presque immédiatement.
II y reprend son existence solitaire, nerveuse et agitée : l'inspection de ses domaines, la chasse, quelques voyages. Ses amis, son frère, le pressent de rentrer dans l'administration et cherchent à lui obtenir une place de commissaire royal pour les travaux d'amélioration dans la province de Prusse. Il refuse, il « compte vivre et mourir à la campagne, après avoir eu quelques succès comme agronome et peut-être conquis quelques lauriers à la guerre, s'il en éclatait une ». Gentilhomme campagnard et lieutenant de landwchr, là se borne son ambition.
Il accepte pourtant quelques fonctions publiques; il est nommé membre suppléant de Tordre équestre pour l'arrondissement de Jérichow à la Diète provinciale: ce sera le commencement de sa fortune politique ; il est capitaine des digues pour la rive droite de l'Elbe; ce n'est pas une sinécure; le fleuve traverse entre Magdebourg et Wittenberge des plaines basses où il sYpandait jadis h chaque crue; il a été contraint dans son lit par de hautes et larges digues qui demandent une surveillance continuelle; lors de la fonte des neiges, de la débâcle du fleuve glacé, le capitaine passe une partie de son existence sur la digue, à guetter la moindre fissure; de ses soins dépend la sécurité du pays. Bismarck s y donne tout entier : en février surtout il surveille d'heure en heure le mouvement de la glace ; il ne quitte Schonhausen un seul jour, attendant « qu'avec un bruit pareil à un coup de canon . le champ de glace se mette en mouvement, vole en éclats, 00 J