‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 22 sur 167 · SURE ET CULTIVATEUR · texte numérisé non relu

SURE ET CULTIVATEUR

h- sur les miiivs, en lotira hautes 9 tourbillons se formenl dans l'Elbe, ae heurtent contre le courant qui les emporte en furie ' ».

: ■ ses paysans, de leurs misères el de leurs querelle*. Il suit les travaux de l'association pour lnméliora-

■ <:\ .les criasses laborieuses. Il a de hautes pensées,

, Louis de Gerlach, alors président du tribunal de o irg, un plan de réformes judiciaires, El malgré

■ 'M, il ne peut remplir sa vie, il n'esl pas heureux :

.: • plus isolé, -.i ]i- ide, sanB

de 18 Hï, -mu ftme el son cœur sont atteints temps.

Depuis de longues années, il était a peu près incrédule ; H

al dismo [le sa mère, vaguement teinté de

ne île Spinoza cl de déisme du s vin* siècle. Mais ■ hiit inquiet, mécontent, ngilé. il aspirait fi un

supérieur, Il l'ai ail » aine ni cherché dans 1rs

' F> uerhach, de Br Baucr; il n\ avait

■ ■ de l'âme, Il le did. à son ami Maurice de

pagne, anciens camarades de classe, les

■ p< ns ■ luîenl en intime conli e; ils avaient

philosophie cl religion; Maurice n'ai ail pas

■ rli son ami a la foi chrétienne qu'Otln n'avait

■ panthéisme. En 1842, Btanckenburg s'était

.M ■■ Marie de Thaddcn cl avail cmmci ■

iù son futur beati-pérc vivait sur ses terres

de 'I hadden - Prieglaiï lenail dans son ehftteau

au fréquentaient toutes les aines

■ .:'■■(!. Ancien oflieier des i^uenvs A il ■

dance, Thadden appartenait à ce cercle de jeunes hommes qui, sous l'influence de Schleiermacher, s'étaient convertis sincèrement et avaient poussé leur foi jusqu'au piétismc le plus exclusif. Lui-môme avait été ù l'extrême; trouvant son pasteur insuffisamment orthodoxe, il avait fonde à Trieglaff une chapelle où chacun prêchait à son tour le dogme évangélique. Il portait dans la politique ses principes religieux ; dans ce milieu régnait un esprit de pur féodalismc et ne venaient que des défenseurs du trône et delà foi, chauds partisans de toute légitimité, ardents défenseurs de la politique de la Sainte- Alliance1. Bismarck y avait fréquenté d'abord sans conviction, par amitié pour son vieux camarade et la ravissante Mme de Blanckenburg. Il raillait vertement « les thés esthétiques avec lecture, prière et punch à l'ananas ». Le pur regard d'une jeune fille agit mieux que les homélies de Thadden.

Un des plus vieux amis de la maison était Henri de Puttkamer, propriétaire à Reinfeld, au nord-est de la Poméranie. Il était, au moins, aussi piétistc que Thadden; il avait épousé une femme sérieuse, élevé sa fille Jeanne dans les meilleurs principes; c'était un ménage rigoriste, grave à l'excès, où les débordements du « fou » de Bismarck devaient causer une douloureuse stupéfaction. Mais les extrêmes s'attirent. Otto avait rencontré Mllft de Puttkamer au mariage de Blanckenburg, en octobre 1844; il avait été touché par sa gracieuse modestie et sa vaillante franchise. Les traits de son visage n'étaient pas d'une beauté régulière, mais d'éloquents yeux bleus leur donnaient une animation singulière; ses ehuveux étaient d'un noir d'ébène ". En regardant ces yeux

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