‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 24 sur 167 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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I il.- 1840. - Krêdérii -il ni lia unir l\' ; BCfl pr --''- el

née. — Bodclschwingh. LtipatenteduS lévrier 1847. isi lion L'adresse ...-.;, Ses premières impressions Ses débuts :

jnl national de 1813. — l.a périodicité de la Diète

. .!.■ Bismarck. -- Son irritation contra In majorité, juifs ri l'ëlat chrétien. — Conflit de la Diète el Iftlnrc de la Diète; ses résultats. — I installa lion ;i Sclionhntisen,

L — th.- 1815 o 1« 17T dea traites de Vienne à la veille ituliun tic 1848, la i ionfédértition germanique cl la demeurées intactes el immuables, mais la i blique avait subi de profinides modifiiMlituis1. I..i ndance s'élaîl faite dans un Ohm d'cnlliouices avaient battu le rappel du patriotisme ,;; : « Souvenez-vous de vos aïeu.\ ' s'écriait l 'russe. < i ronds seront les sacrifiées que l'on demandera a toutes les classes. Quels qu'ils soient, ils n'entreront avec les liens sacrés pour lesquels nous vouoous ne voulons pas cesser d'être Prussiens Les peuples Étaient accourus pour s'en-

hirhl- lli.vlcrmann, ■ i )'. Maltcr,

Cli BISMARCK

rôlcr sous la bannière allemande, pleins d'ardeur dans la lutte contre l'étranger oppresseur, pleins d'espérance aussi dans l'avenir, car sous la pression des événements les rois leur avaient promis la liberté et la patrie. Mais entre ces alliés de deux ans, le sacrifice était inégalement réparti : les peuples prodiguaient leur argent et leur sang, les princes leurs promesses. Au lendemain de la victoire, l'argent était dépensé, le sang était répandu, mais les promesses étaient oubliées. Les traités de Vienne érigent en principe l'autorité absolue des gouvernements : les nationalités sont divisées ou fondues au gré des rois, et les peuples conduits en troupeaux ; toute aspiration à l'indépendance nationale ou à la liberté politique est étouffée. La Sainte-Alliance est conclue pour assurer la permanence de ce régime d'éteignoir.

Telle avait été l'histoire de la Prusse ; à trois reprises, heures d'angoisses et de grands besoins, au lendemain d'Iéna. pendant la campagne de France, à la veille de Waterloo, Frédéric-Guillaume 111 avait promis à son peuple une « représentation nationale sérieusement organisée, aussi bien dans les provinces que pour le royaume entier. » Pendant les Cent Jours, l'acte fédéral avait étendu ces promesses à toute l'Allemagne et disposé que « dans tous les États confédérés existerait une constitution représentative ». La paix rétablie, Frédéric-Guillaume se préoccupa d'exécuter ses engagements, mais il se trouva en présence de difficultés presque insurmontables. Les traités de Vienne et de Paris avaient transformé la Prusse en doublant son territoire et le chiffre de sa population ; sur dix millions d'habitants, cinq étaient de nouveaux sujets, marqués à l'empreinte étrangère; les habitants des provinces rhénanes s'étaient attachés depuis vingt ans aux idées françaises ; les Saxons étaient mécontents de leur annexion à la Prusse ; les Polonais souffraient encore du par-

I LA WÈTE UTÏIE DE IM1 67

. avaient des mœurs et des traditions étrangères à Leur nouvelle patrie ; ils ne pouvaient s'imprégner immédiatement de l'esprit d'obéissance administrative ; on ne pouvait, sans danger pour l'unité du royaume, leur ■ gouvernement.

ic-GtriUaume cherchoîl un compromis pour répondre mais il trouvait une vive opposition dans son ■ I i Vienne. Un groupe féodul tenait le roi enfermé

■ phère de réaction, lui dé çaîl comm

■■ 9 de fidèles serviteurs de su dynastie i i tuail tout progrès. Le prince de Meltenûch dominait les cours plieles innovations et sapait par avance lout projet de réforme : « La représentation centrale par les lamait-il solennellement, sérail la dissolution de L'Étal prussien , cel État dans sa situation géographique n'est pas susceptible d'une telle représentation. » Kl approuvait avec déférence. Cependant les bourgi ni et réclamaient l'exécution des

les, Le monarque se décida enfin h accorder pour retenir beaucoup : une ordonnance du .1 juin IH2-t reconstitua les Étals provinciaux " dans l'esinstitutions ali< mandes •>. Ces États repréi iclé foncière, divisée en trois classes, fonds Mlles, biens roturiers des ■■■-; chacun étail appelé à délibérer, avec voix connu nt, sur les projets <lc loi concernant sa pioi intérêt général, modifieraienl les Mines ou de la propriété et le régime des impôts; il Lire des vœux d'un inlérèt provin-

iinsi de longues cl sanglantes guerres, deux

campagnes à l'étranger, quinze ans de promesses avaient abouti à une médiocre représentation provinciale, réservée aux seuls propriétaires fonciers, pastiche du moyen âge. Ce fut une surprise douloureuse.

Ce régime ne fut pas modifié pendant dix-huit années, alors qu'en Allemagne les idées évoluaient. Partout la déception avait été la môme : sauf dans quelques petits royaumes où le peuple avait gagné un Parlement, les princes avaient beaucoup reçu et n'avaient rien donné. En 1 81 4, la nation allemande avait fait un beau rôve d'unité nationale; et, à l'heure du réveil, elle s'était trouvée en présence d'un manteau d'Arlequin, à trente-neuf morceaux, découpé à l'arbitraire et comme à coups de ciseaux ; au lieu d'un Kaiser, elle avait pour la diriger, ou plutôt l'entraver, la Diète de Francfort, somnolente et engourdie, embarrassée dans ses questions de préséance et de protocole, incapable de toute action. La déception fut amère et profonde, elle se manifesta parfois en actes de violence, comme l'assassinat de Kolzebuc ; elle demeura surtout à l'état latent, difficile à percevoir, mais prèle à éclater. L'idée germait que si les rois ne voulaient ni la liberté ni la patrie allemande, les peuples agiraient d'eux-mêmes.

Une ambition, des idées, une classe nouvelle se formaient. Berlin était le centre d'un mouvement intellectuel, dont devait sortir l'unité allemande. La renaissance de la Prusse après léna, la fondation de l'Université, les guerres d'Indépendance où l'action prussienne avait joué un rôle décisif, tout tendait à déplacer Taxe de la politique, à faire de Berlin la capitale de l'Allemagne, a préparer la mission allemande de la Prusse. Pour réaliser ces nobles ambitions, la bourgeoisie cherchait avec impatience à participer au gouvernement, n'étant rien,

tfrn pveusxischen Staat, p. t. Rônne, Dos Staatsrecht der prtusêischtu Monarchie, 4« éd. (1881;, p. 27.

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