‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 35 sur 167 · Denis. L'Allemagne, iS10-ls;>2. p · texte numérisé non relu

Denis. L'Allemagne, iS10-ls;>2. p

Ll RÉVOLUTION DE tS4S 105

■ ■ beurs en i aux troubles ; de Pologne, do Saxe, de

arrivaient de prétendus « étudiants » qui I, s'agitaient, tenaient de mystérieux colloques; ils M minai b respectueuse distance et disparurent au jour de ôon. Un énervement général, la « fièvre de mars ». |.'s plus paisibles ;ï quil 1er l'usine, le magasin, le bureau, ro3er dans les rues, en quétede nouvelles, avides de ■ iiMiit après chaque manifestation. Le ministre de rr, Bodclschwingh, s'inquiétait; mais le président de Miniitoli, populaire, optimiste, le rassurait, laissait

■ laissait [aire.

Le 13 mai, la journée fut beaucoup plus tumultueuse ; les

du Thiergi"''*'". Imuliuscs et bruyantes, furent sui-

cuervescence dans le quartier des Tilleuls;

la troupe inlervinl avec maladresse el brutalité, arrêta des

i tumulte, cl aboutit A ui

■ furenl blessés. Le culmc se rétablil

dans lu mut. mais le gottvi rnemenl élail averti, I.'1 lendemain,

^-Guillaume l\ se décida b quelques concessions :

me H. [nti.il ï lu conseil municipal, il prorail la rei i-

■ constitution prussienne et la refonte du pacte rédéral, lds rien préciser : " Des peuples libres, des princes

uque peul seule accroître la pros-

Is, des mots, disait Hamlet. L'heure

des faits cl le roi se contentait de convoquer la Diète

■■r le 2~, avril; pourquoi attendait-il six semaines,

iltc de la rue augmentai! d'heure en heure?

Le soir mtolC, !;i première barricade s'éleva au coin de la

■ ■ et du Spiltelmarkt. Elle fui détruite sans peine par : d'infanterie, Mais le lendemain d'autres furent construites: dans les rues qui avoisinenl le clialeau, Breilostrasse,

les ponts de la Sprée, cl plus loin dans la

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Berlinois profitèrent de la douceur de l'atmosphère pour aller avec curiosité aux nouvelles; la place du Château, centre des racontars, était couverte d'une foule nerveuse, vibrante, tantôt enthousiaste, tantôt inquiète, prête à acclamer ou à siffler. Sur la vive insistance d'une députation rhénane, le roi signa une patente où, au milieu de promesses admirables et qui devaient transformer l'Allemagne, il hâtait la réunion de la Diète, la fixait au 2 avril. La foule, joyeuse, pousse des milliers de hoch et appelle à grands cris son roi bien-aimé. Il apparaît au balcon; on applaudit; le souverain se retire; on le réclame encore; il rentre définitivement pour se mettre au travail. Ses ministres cherchent à rétablir le calme; mais Bodelschwingh a perdu son sang-froid habituel et le gouverneur militaire de Berlin, général de Pfuel, choisit ce moment critique pour vaquer à ses affaires personnelles et confie la direction des troupes au général de Pritlwitz. Avec maladresse, puis avec brutalité, les soldats cherchent à dégager la place du château; la foule devient fiévreuse; quelques bousculades se produisent; deux coups de feu partent, peut-être par accident; ce fut le début d'une débandade générale et bientôt d'une insurrection.

Dans les rues a voisinantes, les bourgeois ont entendu le bruit des détonations; ils croient à une fusillade et les barricades surgissent. La population, môme la plus paisible, est atteinte d'une fièvre de révolte : étudiants, artistes, commerçants renversent des voitures, dépavent les rues, tendent des fils de fer; deux canons sont chargés^de billes de pierre, de ferraille et de débris; les tireurs se dissimulent aux angles des rues, sur les toits, dans les recoins. Le général de Prittwilz met en œuvre toute sa force armée, 1 4 000 hommes et 30 canons, conduit une bataille de rues, enlève les barricades; au matin, il est maître des principales positions.

Frédéric-Guillaume est stupéfait de cette bourrasque subite : il erre dans son château, agité, comme fou, peul-<ttre le cerveau atteint1. Tantôt il prétend mater la rébellion, tantôt il supplie qu'on suspende la répression. Tout bouillonne autour de lui : les ministres et les députations, les officiers et les officieux, tous l'atteignent, l'accablent de leurs conseils. « On se serait cru dans la salle de la Bourse ». a dit un assistant. A cinq heures du matin, le roi donne Tordre d'arrêter le feu, il rédige une proclamation -- à ses chers Berlinois >i pour les supplier de rentrer dans le calme. Mais encore quelques barricades résistent :1e brave général de Pritlwitz prend peur et conseille courageusement la fuite. Frédéric-Guillaume consulte : son frère, le prince de Prusse, réclame la résistance par la force: Bodi Ischwingh. le bourgmestre de Berlin, l'évoque .\\ ander conseillent de céder. Le roi fait appel au comte d'Arnini-Boïtzenburg. le charge du ministère, se retire avec lui et Bodeisehwingh pour délibérer en secret : les deux hommes IVngageni à la conciliât:. «n il le 19 mars 1848, vers «..::lv heures du matin. le roi de Prusse ordonne à ses soldats de -r.ii'.ier la capitale des Hoh-"xizoîlem. Debout à une fenêtre, d:\it. :::x-a->i: le. le privée Guillaume regarde la retraite; v.:: I \ ::\::.i murmurer : ï Maintenant tout est linî. ■>

Paris la ;. ini-.e. Frédéric-Guillaume constitue le nouveau r: ::::>:0re •.•■'; îes d-. pûtes de la D"4.;te de 1X*T tiennent les pre- :t::.rvs : L.i.vs. le ceinte d'Arni::i\ le corne Sehwerin. Alfred ti'A.;::-swa:.i. Ga::v/"a-.:scr.. M.-.is la l'.uîe. mailresse de la \\:\\ est c:i-;oro irrl: ■ ■• de s.\ surg'anl.? victoire : elle s'installe :.::s : s Là'im. rN m:u:l-.s. d.crt te le palais du prince 1 1 .::Lla ;::; ' :-r ■■■: vil-. : .: :. ::a! . exige l'armement des citovens

••.:•:;. j.:-: a !j j-t\-sidonct»

■ ni le château les cadavres des morts aux cenls rivières gisent ilrvanl le balcon ; a grands cris, on somme le- monarque tic venir, de » découvrir, de descendre, de s'incliner devant ses victimes. DoWit.il n'esl plus maître de ses nerfs, el le 21 mars, comme ■U carnaval, il chevauche dans In ville entouré de ministres el ..in. >i étudiants el de vétérinaires en délire, avec des oriflammes et des couronnes on carton, pour jurer que « dés ce jour, la Prusse se transforme en Allemagne' -■

Lroïsans plus lard, Bismarck faisait pareille chevau-

■ l'empereur d'Allemagne : mais la couronne

carton

■ i appris le 19 mars au soir la révolte berlinoise par des

nt fui de In capitale dans leur épouvante'. Le roi

i peuple! il crul que le monde était

■ au malin, des bourgeois de la ville voisine

or sur le clocher tic Schûnlmusen le drapeau

ulumiand. Bismarck, prévenu par ses paysans, s'empressa

:■ II-, nudacieux, distribua a ses fidèles des

armes de chasse, requil tous les fusils disponibles, lit cher-

' ■ pondre, mit le vilhge l'il rlat ilr siège, [H ils, ;i\;iîiI

fait flotter sur le eloclier l'oriflamme de Prusse, attendit;

il ne vint. Il se décida à quérir l'infâme Révolution

les voisines, mais il ne rencontra que des

■ aires cl qui parlaient de marcher sur'Berlin,

a ;.-a dans celte I ne voie

quand il rencontra un fâcheux, i '.<■ personnage engageait les

ment des semailles prinla-

ck le prit de haut, menaça de faire feu sur

l'outrecuidant, et sur un tel ton, que l'autre se lîul coi. Cepen-

mars 184S Mira, I. I. p- S7 cl tui

dant Bismarck avait beau chercher, dans les paisibles campagnes de la Marche, l'hydre révolutionnaire, ses efforts étaient vains. Il résolut de partir pour Berlin.

Il s'arrêta à Potsdam pour prendre les nouvelles du jour. A la gare il rencontra M. de Bodelschwingh qui fut médiocrement heureux de se trouver en compagnie d'un tel réactionnaire ; les deux hommes échangèrent néanmoins quelques mots, le hobereau pour annoncer les dispositions belliqueuses de ses paysans, l'ancien ministre pourtraiterleroide « saltimbanque », et pleurer sur les temps. Bismarck passa près d'un bivouac, sur la place publique, comme en temps de guerre ; il lia conversation avec les soldats et constata qu'ils étaient furieux de leur retraite, pleins d'ardeur pour une nouvelle bataille : il en eut quelque plaisir et bon espoir. Il arriva au château, où il cherchait son ami de Roon, précepteur militaire du prince Frédéric-Charles, neveu du roi1. L'officier le mit au courant de la situation. Tous deux se rendirent à l'hôtel Deutsches Uaus où le vieux général Mollendort soignait les coups et le vaillant général Prittwitzlcs meurtrissures morales qu'ils avaient reçus dans la nuit du 18 au 19 mars. Il les trouvèrent lout endoloris, geignant contre le souverain, sans aucun enthousiasme pour une nouvelle lutte. Bismarck leur offrit ses paysans, Prittwitz préféra « des pommes de terre, du blé, de l'argent ». De celle conversation Bismarck conclut que le roi n'était pas libre, mais prisonnier de son peuple et se mil en quéle de quelqu'un pour le délivrer.

Il pensa d'abord au prince de Prusse, mais celui-ci était introuvable, relire dans son petit chAteau de l'île des Paons, entre Polsdam et Berlin, à la veille de partir en exil pour l'Angleterre. Bismarck ne trouva que la princesse. A l'en

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