Né en 1828, fils du prince Charles, frerc du roi
U RÉV0€.tJT10H DE 1818 1 ■ 1
ejk le reçu! de façon désappointante, mais !■
r sea relations avec 1rs deux impératrices
doivent êlre accueillis qu'avec beaucoup de
elle refusai! d'indiquer le refuge de son mari,
aitse maintenir el tenait pour
■ u- égard ex les droits de son fils; avec indul-
■ -lut qu'elle ambitionnai! la régence.
■ ■ ;... .1 autre part el se rendit auprès du prince fréderic-C lia ries élève de son ami Roon. Il luîrepré-
■ de la o maison royale », le droit pour les : îonni llemenl puisque le roi n élail pas libre ; . ion ' util communicolive cl toueba le prince ; mais ■ ■ . ail trop jeune pour s>> mêler des affaii un i tudianl sans expérience. Bisn .■
1 harles, mais il n'en obtint il roi. Le bouillant hobereau ilu c :'i lenter l'impossible pour ullcindre Sa M ■ Il partît pour Berlin ; il j arriva à point, c'étail le jour de
■ iï-comique. Pourélre conspirateur, Bismarck i1 pas moins prudent ; depuis la Diète rie 1847, son
miiu : il avuil remarqué- que des gens de
our se défigurer il
lanter ~-ur h tête un chapeau
bonis, avec une roeurde aux trois couleurs allemande i, bien
haute taille, ses yeus énergiques dominés
le rendaient Incile à ree litre H dès la
gare un conseiller à la Cour nale cl chargé
écria en le voyant :
du ciel, Bismarck, quelle tête vous avez!
bien l'avis
de l'aulr cbAlcau : mais il se heurta à une
■ inexorable, qui ne lléchil pas i
prince Charles. Bismarck dut donc se borner à envoyer au roi une lettre où il lui assurait que la Révolution était limitée aux grandes villes et que le monarque serait maître du pays s'il quittait Berlin. Frédéric-Guillaume IV n'en fit rien, mais ce témoignage de loyauté dans une heure si troublée le toucha profondément et il garda longtemps celte lettre griffonnée à la hâte, sur un méchant papier chiffonné, par un Prussien de l'ancien temps *.
Bismarck se mit à rôder dans les rues : elles lui parurent désertes, parcourues seulement par quelques troupesd'hommes en blouse qui faisaient ovation aux héros des barricades. Quelques anonymes, qui le reconnurent, l'engagèrent i\ disparaître ; d'ailleurs à Berlin, il n'avait aucune influence, il repartit donc pour Potsdam.
Il était tenace, il tenta encore de galvaniser les généraux et de les pousser à une action personnelle, sans ordres du roi. « Comment voulez-vous que nous fassions cela ? » s'écria Prittwitz. Bismarck était assis à côté d'un piano, il esquissa le pas de charge de l'infanterie. Le général Mollendorf, ému par celte mélodie familière, se jeta à son cou en le priant d'agir lui-môme. Bismarck rétorqua qu'il était inconnu, son action serait dérisoire; il finit à force de supplications par ébranler les généraux qui se déclarèrent prêts à marcher si deux autres, Wrangcl et Hedemann, les suivaient. Un ami fut envoyé à Wrangcl, qui répondil qu'il ferait comme Prittwitz : cela ne le compromettait guère. Bismarck se chargea de la démarche auprès d'iledcmann; commandant à Magdebourg, mais auparavant retourna à Berlin *; il y assista à l'en-
i. La lettre ne parait pas avoir été retrouvée.
2. Ce second voyage à Berlin n'est pas raconté par Bismarck, mais résulte d'une lettre de Roon à sa femme le 22 mars ; Dejikwilrdigkeiten von Roon, t. I, p. 167.
LA REVOLUTION DE 13(8 tl.l
■ ne] des morts aux biii-ncudes, toute I, ville en deuil, le cortège suivi (!<■> corps de l'Élat, de l'Université, de
: au balcon, i ntouré de ses ministres, s es-
ûvec ni) mouchoir blanc. Tous étaient émus,
! irck. Il iv\ il le soir encore Roon û Potsdatn el partît
pour Msgdebourg. Une nouvelle déception l'y frappa; il ne
■ le [repéra] Uedi i , maïs s'ou\ ril de sou plan de
îl un officier d'ordonnance qui s'empressa d'en
faire port .1 son supericui . < !elui-ci se fâcha contre <■<■( importait un liomme de bon sens, Il fil menacer Bismarck lédiate arrestation pour crime de haute trahison. El
Quicholli de la i 'chie prussienne n'eut qu'à
on i .1-1. I. déçu, navré, furieux, rata ses désillusions aux paysans de SchOnhauscn ; c le crurent pas el le soupçonnèrent de pactiser avec U- diuble. Pour les convaincre, il emmena une di h
utsdam. A leur entrée dans la gare ils Irou-
ile considérable ; le roi arrivait de 1 icrlin .
Bismarck voulu! présenter ses paysans au souverain, mais
. pris de peur devant lu majesté royal , s'en-
fuirvuL Bismarck salua le roi, qui ne reconnut pas son fidèle,
(çli.sso dons le cortège 11 arriva ainsi au château. Les
irde attendaient le souverain dans lu salle de
marbre; toujours vibrant d'éloquence, I 'rédéric-< iuillaume I\'
leDLsmareli écoulai tabnsourdi. Dans
traordinaire, le roi parlai! de la grandeur de
.. ne, ilu désarroi & Un-lin. des devoirs Je l'armée,
■ I i Cour ■. mais, comme un leitmotiv, tvve-
■ - me phrase : « Je n'ai ji is été plus libre
ni plus en sûreté ;i Berlin que depuis le dépari des
Mima. - B.«ujrrk
Lt^s .'/'rîoi-r- I- r r\r\:r m.ïl. \-t " «{-.*:- murmures et un cliquetis d-:- -.ibp»:-* -■*• iir*"Ti: or^eridrv. n:\< rjM'aueun roi île Prusse n'en .1 j.irn.iï- en1, en- lu. e'. n'en on'-riJra jamais au milieu de ses ■jiîî'*ir[> - o. C-:- s :■■-.■ i.*1 a •.•!•.• dissipa les dernières illusions de fii.-m.irok. II rej"LT.ir -,> pa\suns et. l'âme meurtrie, retourna à 5ei;"-n:iaii'«.-n.
II. — T«»ut !•■» royaum- était dans le désarroi ; à Kœnigsberg. à Aix-la-Chapelle, à Trêves, éelataient des émeutes à la mode de B-rlin avec barricades et fusillades. Dans la province tle IV-en se préparait une formidable insurrection qui devint bientôt maîtresse «l'une partie du pays ; les troupes prussiennes, utilisée* t l'abord de battre en retraite, reprirent l'offensive . mai-» avec difficulté et ne purent écraser leurs adversaires qu'après deux mois de lutte, des sièges en règle; des combats de forêts et de sanglantes représailles. Le trouble était le même dans toute l'Allemagne. Dans le grand duché de Iiade. deux patriotes avaient soulevé une insurrection pour réclamer la république. Dans les duchés danois, Kicl était en révolte; un prétendant, le duc d'Auguslenborg, s' emparai! delà citadelle et appelait la Prusse a l'aide; Frédéric-Guillaume IV espérait fournir à son peuple une diversion patriotique et envoyait (pielques troupes : pendant le cours du printemps, l'affaire s'envenima, aboutit à des combats entre les troupes prussiennes et hanovriennes et fut close provisoirement en juillet et août parles armistices de Malmoë. Cependant le % 1 mars se réunissaient à Francfort, en VorparlemcHf* des députés et citoyens notables de toute l'Allemagne, pour préparer les voies de l'empire futur : ce fut une réunion pompeuse, émouvante, abondante en discours, bien dans le style de Tannée.
I IliMiimiTk, Pensées et Souvenirs, t. I, p. 3i>.
Ainsi par toute l'Allemagne régnait la fièvre : enthousiasme par ci, colère et vengeance par là, ambitieux calculs ailleurs; partout des nerfs, une tension extrême.
A ce moment, se réunit à Berlin la Diète unie dont la convocation avait été signée parle roi dans la nuitduiS auiOmars. Le député dont l'absence avait déjà valu à Bismarck d'assister à la Diète de 18i7,M. de Brauchitsch, était encore indisponible, malade depuis la veille même de la session l ; comme certains diplomates, il avait des maladies opportunes et Bismarck dut encore le remplacer. Le bouillant junker était arrivé le icr avril à Berlin pour prendre part à une assemblée extra-parlementaire, motivée par la gravité des événements ; les députés étaient « intimidés » par la situation de l'Europe plus que par la peur des Berlinois ; ils décidèrent à Tunanimiléde tout faire pour soutenirle ministère, et Bismarck, malgré sa répugnance envers le cabinet libéral, comprit que toute résistance était inutile. 11 ne se prépara à prolester que pour la forme.
Le 2 avril, la Diète fut ouverte par le nouveau président du Conseil, Camphausen *. Son discours, plus élégant que profond, faisait une rapide allusion « aux grands événements qui avaient ébranlé une partie de l'Europe » et au « cortège de souffrances dont la Société était en ce moment frappée ». Il annonçait la prochaine réunion d'une assemblée constituante, déposait un projet de loi sur l'élection des députés et invoquait «la saine raison des citoyens». Ainsi qu'il convenait, on proposa de voler une adresse et on insista pour la nomination immédiate de la commission chargée de la prépare!-. Ce fut une première occasion pour Bismarck de prendre la parole
1. Bismarck à sa femme, 2 avril 1818. Iiriefe an seine Rraut und Gatlin, p. 111.
S. Voyez supra p. 108, note 2.
ex
pour protester contre cette lu\te : « Dans un moment aussi grave que celui où nous sommes, dit-il, l'expression des sentiments de cette assemblée est un acte assez important, pour que, dans la discussion de l'adresse, on ne doive pas agir avec une précipitation qui, d'après mon sentiment personnel, s'écarte des règles de la bienséance. »
Malgré cette opposition, la commission fut immédiatement nommée et après une demi-heure de suspension, Beckerath donna lecture du projet d'adresse ; d'après ce texte, l'Assemblée, envisageant l'avenir avec joie, remerciait le roi des promesses contenues dans ses différentes patentes et surtout de la prochaine réunion d'une assemblée issue du peuple; elle garantissait au monarque « conseillé par des hommes qui possédaient la confiance du pays, l'appui énergique de tous les citoyens dans les efforts qu'il faisait pour maintenir Tordre et le respect des lois ». Le tout était digne, respectueux, mais très ferme. Après quelques paroles d'Arnim et Gamphausen, on réclama le vote immédiat, mais Bismarck monta à la tribune au nom du parti ultra, plus royaliste que le roi : « Ce qui me décide à volerconlrc l'adresse, dit-il, ce sont les expressions de joie et de reconnaissonce à l'égard des récents événements. Le passé est enseveli, et je regrette plus amèrement que beaucoup d'entre vous, qu'aucune puissancehumaine nesoit en état de le ressusciter, la Couronne ayant elle-même jeté la pelletée de terre sur son cercueil. Mais si j'accepte le fait, contraint par la force des circonstances, je ne puis cependant rompre avec mes actes el mes paroles à la Diète unie par un mensonge en feignant d'être reconnaissant et réjoui de ce qui est, à mes yeux, tout au moins une fausse voie. Si réellement on réussit, dans la nouvelle route où l'on est entré aujourd'hui, à avoir une patrie allemande unifiée, un régime heureux ou seulement régulier,