Bismarck a sa femme. 1G novembre 1848. toc. citt p
LA REVOLUTION DK IBM 117
. [>.-ir une réaction féroce, c'csi risquer de le renou-
KÛntalre chercha donc a fortifier lu monarchie par
la collaboration du peuple. Il convainquît aisément Branden-
burg. dont l'esprit était large, et rédigea un projet de CODS-
l'ti s'inspirait du texte adopte |j;it- l'Assemblée prus-
i !'■ présent i roi qui en resta stupéfait, a C'est
: ta foudre était tombée sur moî, déclara-l-il ensuite n. Je ne peux pourtant consentir à l'entière désorganisation de mon pays1, » Et il saisit sa plume la plus
.. ;cusc pour protester au n de son droit divin :
compte, — écrivil-U a Mon te u Sel, — a Dieu, mon ion Seigneur, du mal que je consens, du bien que j'empêche1 b Brondenburg el Mnuleuffcl élaienl du m* siècle, ils avaient de la ténacité, qui agissait toujours sur
ils le ramenèrent sur terre.
Gazelle d'Etat publiait deux ordon-
rononçait la dissolution de l'Assemblée natïo-
ulre octroyait une Constitution; c'était la charte qui
courait rEtmmeilejmi* lN15,avec quelques variantes; c'était,
icril, le spécimen de la Belgique, monarchie
.■ ralatif; les deux Chambres étaient élues au
.-tiiTrak'.* universel, ■■< deux degrés, mais avec des dilli
i' et de cens pour leurs membres.
urs riaient convoqués dans le cours des mois de
r, les Chambres pour le 2d février 1849.
La camarilla, Bismarck étaient atterrés. « La bombe a
. Constitution est pire encore que je ne pensais »,
écrivait le général de Gerlach, navré. Son frère, le conseiller,
demandait qu'on renversât le ministère. Le colonel de Man-
itjheitrn, ï\ oovi'.mlir-.' 1SW, I. 1, i .■:■■■ iv .. HaiiteunH !3 novumbru 1818. Munli-une]
teuffel, aide de camp du roi, excusait son cousin, le ministre, en prétendant qu'il avait eu la main forcée. Léo constatait avec amertume « les jubilations des philistins ». Bismarck était furieux, car il prévoyait l'ardeur des luttes électorales. « J'ai livré contre la loi électorale des combats énergiques et malheureusement inutiles, écrivait-il à son frère; elle est inapplicable, pour la seconde comme pour la première Chambre, surtout pour celle-ci. » Mais son joyeux optimisme l'emportait et il ajoutait : « C'est pourtant une bonne affaire, quand quelqu'un, qui s'enfonçait infailliblement dans les dettes, arrive à économiser un seul thaler. »
Il disait plus juste qu'il ne croyait. Le cabinet avait évité à la monarchie la banqueroute de l'autocratie.
L'année finissait tristement pour les idées nouvelles ; en France, le prince Louis-Napoléon était élu Président de la République ; en Italie, le grand Rossi était assassiné, Venise bloquée, le Piémont défait une première fois, Messine réduite. A Vienne, la révolution était écrasée ; des hommes énergiques relevaient la fortune des Habsbourg. A Francfort, le Parlement épluchait à l'infini des projets constitutionnels. Et à Berlin; T Assemblée nationale était chassée, les libéraux en désarroi, les radicaux expulsés ou persécutés. Bismarck, avec Tinexl>érience de sa jeunesse, avait déjà entonné un chant d'allégresse et béni Dieu que les « bonnes choses » fussent revenues2.
Mais, par un prompt revirement, Frédéric-Guillaume cède à son peuple au moment où il Ta vaincu ; il écrase le parti libéral pour mieux adopter ses projets ; il renvoie la Chambre élue au suffrage universel et convoque les électeurs au même suffrage. Ce qui semblait contradiction était sagesse. Les
1. Bismarck à son frère, 9 décembre 181$. Bismarck brie fe, p. 73. ±. Bismarck a sa femme, 17 novembre 1848. Loc. cit., p. 422.
ministres avaient cherché dans la victoire, non la satisfaction de rancunes politiques, mais an progrès pour leur pays, une force pour leur souverain. Ils avaient agi avec prudence : montreraient-ils pareille vertu dans la suite ? Le parti féodal s'était promptement ressaisi. Il accablait le roi, Brandenburg, Manteuffel, de conseils et d'avertissements. Il espérait bien arracher de la Constitution les dispositions dangereuses, faire de la Charte libérale une arme de combat réactionnaire et tuer en Prusse les idées de 1848 qui agonisaient partout.