‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 49 sur 167 · Varnhagen. Tagebûcher, t. V, p · texte numérisé non relu

Varnhagen. Tagebûcher, t. V, p

3. Bismarck à son frère, 10 février 1849. Bismarckbriefe, p. 77.

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blâment gagné une situation encore difficile, car son parti manquait de cohésion, semblait prêt o s'éparpiller a la première escarmouche. Gerlach gémissait ; a Se vois l'avenir trouble cl nuageux, écrivait-il '. Une partie de la Chambre est composée de révoltés et de traîtres ; le parti du juste milieu compiT'is'i imme Vincke qui, le 1B mars s donné

ii.- mauvais conseil de renvoyer le ministère, Scbn erin qui l commencé l'opposition factieuse lors de l'adresse, G qui a frisé la trahison... Bismarck et et nombreux, son! nu côté opposé. » Seul le député de Brandebourg montrait un robuste optimisme : u Nous n'ai

i.ùncu, déclarait-il, mais noua avons ail

al; la victoire doit encore

ra '. m

Pour hâter la venue de b victoire, les député» du parti

(codai m* réunirent dans le cabinet de Geriach ; l'aide de

camp du roi cherehaâ -< les gratter i n '^i)tre-oppo*itioo »,

i' le nombre, 20 A 30 membres, mais forte par as cohésion et s* discipline ; le général destinait Itû-méme programme, avec peu d'idées, macs précises : changement de 1s loi .-li-cluralo, par adoption d'un cens ou d'an système de

.-- v>rçuû»3 tiun de la première chambre ; serment de

■a drapent, non • b OjtulâuilioB ; pas de assdoV cation dans le pacte SCderal de FAHraugne ; protection de pss d'ésuaeipaliust de l'éccae. Il cosaptasl mr Bimarck pour de-zasbc ce prwfei— ' de réaction *t prendre l'ouVitoive eaatre les ■ df putes tralrn m, • Il Id parti, ajautail-ii avec assisse sstfwAé, «al sur de Tastaw. ai Parai enugm ■

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Dans les grandes lignes, ce programme était bien conforme aux opinions de Bismarck qui allait être pendant deux ans le champion du parti féodal. Sa naissance et son éducation première, ses années de retraite à la campagne et la secousse de 1848 lui avaient inculqué le culte de la monarchie autoritaire, le respect de la hiérarchie traditionnelle, un patriotisme exclusivement prussien, l'horreur de la Révolution ; il poussait ces sentiments jusqu'au paroxysme, écartant les yeux fermés tout ce qui n'y était pas strictement conforme. Pour lui donner des idées plus larges, il faudra des années de lutte parlementaire et diplomatique, l'usage et l'expérience des grandes affaires ; et sur son vieux fonds de féodalité il brodera les variantes d'un modernisme intense.

Le roi ouvrit en personne la session des Chambres le 26 février 1849 dans la Salle blanche du château. Il était dans un jour heureux et son discours refléta son optimisme. Louangeur de ses propres actions, il légitima avec enthousiasme sa conduite envers la précédente assemblée el approuva fort la constitution qu'il avait octroyée ; il reconnaissait néanmoins la possibilité d'une revision, promit aux députés de leur soumettre la question de l'état de siège et

les budgets annuels. Sans rien préciser, il se déclara favo-

rable à « l'union plus intime des Etats allemands en un Etal fédératif. » En résumé, il entonnait le cantique de la paix et de la concorde, sur un mode moyen, sans éclat ni note discordante.

Dès les débuts, il apparut que l'assemblée contenait d'excellents éléments, mais disparates el sans cohésion, comme des morceaux de mosaïque sans ciment. Il y avait bien une opinion moyenne, ce a juste milieu » qui faisait la terreur de Cicrlach, de royalisme modère, de tendance libérale, d'esprit allemand. Mais il n'y avait pas de direction, de marche com»

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mime ; on trouvait un groupement de particuliers plutôt qu'un prli même. Vincke, qui prit rapidement dans la seconde Chambre le rôle de premier ténor1, n'arriva pas à réunir les députés de son avis en une masse commune. Us s'émietlaienl en petits groupes et votaient au hasard ; les décisions se prenaient à la majorité d'une ou deux voix, et rien à l'avance ne permettait de prédire quel en serait le sens, car chacun ignorait sa propre opinion. A droite, la « contreopposition » organisée par la camarilla jouait bruyamment son rôle, et intervenait ù grand fracas dans chaque délibération; mais elle était trop restreinte et d'opinion trop extrême pour prétendre au pouvoir. Le ministère était donc contraint de louvoyer pour naviguer, et on pouvait prévoir qu'en raison des incertitudes de celte Chambre, il finirait par la dissoudre3.

Bismarck prenait au sérieux son rôle de député ; il ne manquait pas à une séance, et avant d'intervenir en personne, il étudiait soigneusement son terrain. Pour suivre plus aisément les débals parlementaires et les intrigues extra-parlementaires, il avait quitté Schonhauscn et avait installé son ménage en commun avec celui de sa sœur, Mmc d'Arnim, dans un élégant appartement de la Wilhelmstrasse, presque on face du ministère où il habita si longtemps3. 11 était assidu à la seconde Chambre, aux réunions de son groupe, et aux dîners patriotiques. Il surveillait attentivement les débats pour parler à son heure, et se bornait à des interruptions

1 Gerlach. DenkwUrdigkcilcn. t avril 1840. t. I, p. 307. 2- Unruh. Erinnerunyen, p. 124.

3. Bismarck à sa femme, 29 mars 1849. Briefe an seine Braut und lïaltin. P- ISSetsuiv. Dans cette lettre perce pour lu première fois un sentiment <k timidité de Bismarck envers sa femme, qui reparaîtra à nombreuses ttpriie» pendant les années suivantes. Cp. infra, p. 305.

pour protester contre la « lâcheté » des tribunaux et de l'administration, ou la « grossièreté » de ses adversaires.

Conformément à la mode du temps, la Chambre délibérait sur l'adresse en réponse au discours du trône, et c'était l'occasion pour les députés d'exposer leurs opinions sur toutes choses politiques ou autres. A la demande de Waldeck, un des chefs de la gauche, la Chambre examina la question de l'état de siège qui pesait sur la capitale depuis le mois de novembre : l'opposition demandait sa main levée immédiate, Bismarck prit la parole le 21 mars pour combattre cette proposition.

Son discours * est un long cri de fureur contre les événements de 1848, dont il ne voit que les excès. 11 conteste les inconvénients de l'état de siège, il critique la liberté de la presse et le droit de réunion « qui forcent le gouvernement à être constamment sur le pied de guerre. Nous l'avons vu Tété dernier quand, à Berlin, le feu de la politique des rues était activé par le souffle de la presse à placards et les clubs ; alors se produisirent des scènes qui comptent parmi les plus ignominieuses dans l'histoire de Prusse, et contre lesquelles les lois se montrèrent impuissantes. » A l'en croire, cet esprit d'insurrection n'est pas anéanti, à peine assoupi et pour en convaincre la Chambre, Bismarck récite les chansons composées pour l'anniversaire du 15 mars :

Nous teignons bon teint,

Nous teignons bien,

Nous teignons avec le sang des tyrans.

Le seul devoir de la Chambre est donc « d'exprimer au ministère sa reconnaissance de ce qu'il a protégé notre liberté par des mesures exceptionnelles ».

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