beusl. Mémoires. I. p. III
ÎJO BISMARCK
critiquer l'allure des choses, elle provenait de son parti. De nouveaux sujets attiraient son attention et il allait, sur des questions constitutionnelles, manifester à nouveau l'esprit de particularisme prussien qui avait éclaté dans son discours sur les affaires allemandes.
La revision de la Constitution était devenue le sujet principal des débats parlementaires. Le ministre de l'Intérieur, M. de Manteuffel, luttait « comme un lion » pour conserver intacts les droits de la Couronne. « Il ne s'agit pas, déclarait-il le 25 septembre, d'un marchandage entre le gouvernement et les Chambres, mais de trouver ce qui convient le mieux au pays1. » Bismarck jugeait qu'une monarchie forte était indispensable aux destinées de la Prusse et il était le meilleur appui du ministère. Son aide n'était pas inutile. La commission de la seconde Chambre proposait de saper les principes d'autorité royale dans la Constitution de 1848 et tout l'effort de la droite ne suffisait pas toujours pour écarler ses projets destructeurs. Parfois la Chambre avait l'audace de contrecarrer le gouvernement, à la colère de Bismarck; il en concluait tout net que « l'influence des sornettes sur les députés force bien à reconnaître que des paysans et des bourgeois de petites villes no sont pas propres î\ faire les lois et diriger la politique européenne*. » A deux reprises, il intervint à grand fracas.
La Constitution de 18i8 édiclait dans son article 108 que les impots existants continueraient à être perçus jusqu'à ce qu'ils aient été modifiés par une loi issue de l'accord de la Couronne et des Chambres. La commission demandait aux députés de supprimer ce texte et de reconnaître au Parlement le droit de refuser les impôts. C'était introduire en Prusse le
1. Mnnleiiffi'l. IteHkirilrtfiifkeifen hera us yegeben von Poschinger, l. I,
2. Hismuivk. Rriefean seine Draut uml Gattin, 11 septembre 1849, p. 154.
régime parlementaire en donnant aux Chambres avec la question d'argent le moyen de forcer le monarque 5 ratifier leur vote. Frédéric-Guillaume ne pouvait qu'être l'adversaire d'un tel système. Le 21 septembre, Bismarck chargea en faveur de son roi '.
« Comme principal motif pour justifier ce bouleversement extraordinaire de notre droit politique, déclara-t-il en commençant, on allègue qu'une telle réforme est la conséquence nécessaire d'un système purement constitutionnel. Messieurs, le mot constitutionnel est un de ces mots i\ Tordre du jour qui depuis l'ère nouvelle ont l'avantage de tenir lieu de toutes raisons. »
i' Où manquent les raisons, le mol vient à propos 2. »
v Ouaud il s'agit de prendre des dispositions si radicales, peut-être devrait-on se demander si elles sont justes ou non, avantageuses ou non pour la Prusse. Personne ne fait celte question...; on admet que ces dispositions en vigueur en Angleterre, en France, en Belgique, doivent rire constitutionnelles, et qu'ainsi, quelques conséquences qu'elles puissent avoir, il faut les introduire en Prusse. »
« Mais, continue l'orateur, il faut tenir compte des différences entre les pays. Chez nous existe eonstitutionnellcmenl depuis des siècles une monarchie indépendante..., et c'est uniquement ce que nous avions conservé de nos vieilles institutions prussiennes, comme héritage de cette période si décriée, — trente-trois années de servitude! — qui nous a mis en élat de maintenir la société politique en Save et à Bade. Quanta la France, patrie de toutes ces théories, son exemple n'est pas très séduisant et je ne vois réellement rien dans sa