‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 69 sur 167 · Discours du 18 février 1850. Bismarck Député, p · texte numérisé non relu

Discours du 18 février 1850. Bismarck Député, p

l;i petite noblesse attachée .\ sa terre, le sentiment des devoirs

jriculleurs. Comme par avance, il a

qu'en Prusse la monarchie trouve dans cette classe

ui naturel; le bourgeois a des idées de liberté, l'ouvrier

;•', l'homme des champs est fidèle ; en 1 H t", Bismarck

vante cette fidélité, b partir de 1863, il s'en aen ira.

Il s'attaque avec nu- ardeur a la question mu rière;

t de loi sur l'industrie lui donne l'oc- Gxposer le conflit du capital et de la main-d'œui re, la situation difficile Faite au petit artisan qui lutte pour la vie1. ble chez ce campagnard, il comprend que cal plus dure à l'ouvrier des villes qu'au culliva- ■' On prétend, dit-il, que l'artisan fçagne seulement deux fois autaiil que le journalier de lu campagne; c'est la une opinion -le cabinet, mais qui n'est pas tirée de la rrlin ne peut vivre s'il n'a pas le . le quadruple de ce que gagne l'ouvrier en province, lier reçoit, 8 la campagne, un salaire quotidien de 6 à 8 groselien% — tandis qu'à Uerliu, un rondeur de bois, ulle jusqu'à midi aidé de sa femme, et qu'il ail par fendu cl rentré une corde de bois, gagne de un et il lire pour pouvoir, ■] rude travail, soutenir son existence. Un tailleur . travaillant pour un magasin de confection. avec l'aide de sa famille, 20 groschen par jour quand cela cl vous conviendrez avec moi que l'artisan, eu égard

aux frais de son apprentissage et au capital d exploilati pu

itillagc cl dan m atelier, doit compter sur

un plus haut salaire ; autrement il peut, comme on a coutume

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de le dire « se faire rendre l'argent de son apprentissage »... Le réduire à un moindre salaire, c'est le condamner à mourir lentement d'inanition. »

Ses tendances d'ancien régime se retrouvent dans les remèdes qu'il propose à ces situations pénibles; il cherche des palliatifs dans l'intervention directe de l'Etat, « II ne faut pas se faire scrupule de protéger par une contrainte légale l'existence de la classe des artisans. Il est vrai que la liberté d'industrie peut offrir certaines commodités pour le public, elle livre des marchandises à bon marché, mais à ce bon marché sont adhérentes, comme une tunique empoisonnée, la misère et la douleur de l'artisan, qui se voit en face de la ruine. » Bismarck demande donc la renaissance de ce corporations professionnelles fortement et exclusivement organisées, malgré l'arrière-goût mo^en Age qui s'y attache1 ».

Certaines de ces idées lui resteront familières. 11 tiendra la protection de l'ouvrier pour un devoir d'Etat, non par vague humanité, mais par un sentiment de nécessité : il veut attacher îi l'Empire toutes les classes sociales, et en particulier la masse laborieuse qui, étant le nombre, est un des éléments de sa force2. Il entend la diriger pour l'empêcher de se conduire ellc-môrnc où il ne veut pas qu'elle aille; au socialisme révolutionnaire, il oppose la protection de l'Etat.

A la fin de la session, la discussion du budget militaire allait permettre au défenseur du trùne et de l'autel d'entonner un hvmnc en faveur de l'armée. Les Chambres auraient voulu réduire les dépenses militaires; Bismarck rétamait leur accroissement et, le 5 février, avait déclaré que « marchander ces dépenses, ce serait couper le nerf vital de la Prusse ».

Le 20 février, il reprit ce thème et dans un discours très

\. Discours du 18 octobre 1819. Loc. cit.. p. iiiO et suiv. 2 Ch. Benoist. Le prince de Bismarck, p. l±i.

fouillé, exposa les « polîtes misères du militaire, » le soldat mal nourri, le sous-officier gôné, le jeune officier qui s'endette et songe à une carrière plus lucrative. En terminant, il s'éleva contre ceux qui voulaient réduire la solde des officiers. « Nous avons un corps d'officiers tel jusqu'ici que tous les peuples militaires nous l'envient, un corps d'officiers qui, ;"> la tète d'une armée aguerrie et vieillie au service, est invincible pour tout ennemi existant, et forme l'unique base, pour la Prusse, d'uzie politique résolue et glorieuse. Le refrain de mon discours est le mot connu de Montecuculi, — ou de qui l'on voudra : Pour faire la guerre il faut : 1° de l'argent, — 2* de l'argent, et — 3" beaucoup plus d'argent que n'en donne ce budget', »

Ce discours eut un sort malheureux ; les libéraux s'étonnèrent d'entendre un député, gentilhomme campagnard, simple lieutenant de réserve, réclamer un accroissement de dépenses que le ministre de la Guerre ne demandait pas. Le parti de l'armée protesta, môme a la tribune, contre les paroles où Bismarck avait dévoilé « la brillante misère des officiers prussiens ». Cette malchance le suivit plus tard ; il aimait l'armée a la passion, (il tout pour elle et par elle. Mais en temps de paix et de guerre, les officiers le tinrent a l'écart comme un vulgaire civil et depuis sa mort s'évertuent u démontrer qu'il eut bien petite part dans la fondation de l'Empire allemand1.

Peu de jours après le discours militaire, le 26 février, la session fut close. La question allemande passait par une nouvelle phase.

I. Discourt du 20 février 1850. BUmarek Urputr. \>. îlO. i. Cest l'effort des Mémoire* (Mi Souvenir* ik-s p'wrauï de Verdy du VermoU, Mollit. Wumenttial, Slosch, niOme do ltuuri.

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