CHAPITRE VIII
LE PARLEMENT D'ERFURT
(Mars-Avril i850)
Situation en Allemagne au commencement de i850. Influence de l'étranger. Hésitations de Frédéric-Guillaume IV. — Convocation du Parlement national. Election de Bismarck. — Menées réactionnaires. — Réunion du Parlement. Les partis. Bismarck et Radowitz. Absence de direction. Gagern et Bismarck. — Otto s'ennuie. — Les débats sur le projet de constitution allemande. Déclarations prussiennes de Bismarck. Intrigues réactionnaires à Berlin. — Vote de la Constitution. La fin du Parlement et son échec.
Depuis Tété 1849, les espérances des patriotes allemands diminuaient régulièrement. Il est une allure générale des choses contre laquelle la lutte est impossible : le parti de l'Empire en éprouvait la dure expérience. L'Allemagne échappait des mains de la Prusse qui avait cru un moment la dominer tout entière : le prince de Schwarzenberg avait profité de l'automne pour pacifier définitivement la Hongrie et les provinces au delà des Alpes; l'Autriche devenait l'élément fort dans le centre de l'Europe et les rois se groupaient autour d'elle comme ils étaient allés à la Prusse en 1848; ils pratiquaient la politique de Schwarzenberg, ils étonnaient par leur ingratitude. Le roi de Saxe, qui avait appelé les Prussiens à Dresde, le roi de Hanovre, déclaraient tout net qu'ils ne pouvaient accepter un Parlement allemand sans l'Autriche et refusaient de convoquer les électeurs; au commencement de Tannée 1850, ils négociaient avec les rois de Wurtemberg