I.K PARLEMENT D'EIIEI HT
ne alliance dévouée ô la cour de Vienne;
pour y entrer, l'honnètc (leorges de Hanovre se relirai! de
m . M. de Ueust n'avait pas ces scrupules' el
admet!. ni la bigûmJC politique de la Saxe, unie au roi de
! I I Binpereur d'Autriche. Ainsi se formait l'alliance
-pli remplaçai! la défunte alliance des Trois
roui.
'hissaient; les plusloyaux, — le duc
Erne-t de SaxvCobourg in Lctc, ■- s'en tenaient i leurs
Limaient la réunion du Parlement national;
îles regardaienl vera Vienne et préparaient leur sortie
■h allemande, I, électeur de Hesse « fantasque, taquin,
il », s'appliquait a reprendre les coneeptiuns qu'on
lui avait « extorquées ■■■ el négociai! avec h eour autrichienne;
: i liaient.
étrangères intervenaient en sens divers.
iar tradition parlementaire, était favorable au
.il cl unitaire; le prince consort, parent du
l'idée allemande la cour de
le « I union tout au moins
parti"!!' d allai! se produire », mais un corn-
relards perpétuels, et le duc de
Wellington disait a Bunsen, ambassadeur prussien : ■ Faîtes
resse'. u
Lcliar. .-ni contraire, se manifestait i U-r [oui ''liangement
dlemand. Depuis deux ans, il se croyail le
seul soutien de l'ordre en Europe; il lavait rétabli en Hongrie.
ùl k temps proche où il interviendrait en Allemagne,
■ ■iu.ii! sans ménagernenl . t. Mon maître, disnil l'nmbas-
■ :i lieîclit, L T, [i. 355
sadeur russe à Berlin, M. de Meyendorff, n'a pas l'habitude de faire des remontrances, il frappe. »
La politique française était ondoyante : la République ne pouvait être hostile au libéralisme allemand, mais le Prince- Président cherchait à se concilier les monarques pour réaliser ses ambitieux desseins. De là, les variations de l'action française, les changements d'ambassadeurs, les missions secrètes M. dePersigny envoyé pour contrôler M. de Lurde, et, devenu ambassadeur, contrôlé à son tour par M. Rio : de sorte que la République française était représentée, officiellement et officieusement, par un orléaniste, un bonapartiste et un légitimiste; mais il n'y avait pas de républicain.
Ainsi tous s'agitaient dans le sens de leurs intérêts. Et Frédéric-Guillaume IV se demandait où étaient les siens. A son ordinaire, il hésitait, ballotté par les opinions adverses dont on proclamait autour de lui l'excellence contradictoire. Depuis un an, les mêmes conseillers rabâchaient les mômes arguments : Radowitz prêchait avec splendeur les beautés de l'unité allemande, la camarilla répétait que :< la démocratie relevait partout la tête » et réclamait l'intervention delà Russie, « un affront qui sera un bonheur pour la patrie * ». Le cabinet n'était pas fixé, et môme se scindait ; le comte Brandcnburg, homme de parole loyale, croyait le souverain et ses ministres engagés par leur promesse de collaborer à l'unité allemande; Gerlach disait de lui avec douleur qu' « il marchait entièrement avec Radowitz ». M. de Manleuffel, au contraire, tenait ferme à l'indépendance de la Prusse : « Si nous chancelons, disait-il, tout est perdu, et je ne peux plus conduire les affaires publiques. »
C'était une Cour à l'instar du souverain, panachée et de
1. Gcnt-ral von (ïerlach. Denkwiirdifjkeiten. 21 mars 4850, 1. 1, p. 448-449.
LE PARLEMENT D'ERFrjHT «19
De M les contradictions de la politique prus-
ivricr 1850, au moment de la prestation de ser-
II e Constitution prussienne, l'atUludedeFré-
Lullaume IV était telle qu'on crul que <i toutes les
toutes les négligences des deux dernières années
'. El. presque ou même n rnt, le
■ —■■ négociail bous main avec l'Autriche1 : incons- : iplicilé, qui menait la Prusse à son aiïaissement.
roi de Prusse, agissant comme président ■ il fixé au 31 janvier 1850 les élec-
■ :: le l'uiiir Parlemi ni, qui allait se réunira Erfurl . Des
l'une devait cire nommée par les Assemblées . ' Etat, l'autre élue parle peuple : la Prusse avait irale provisoire, analogue a !;i légis- - élection à deux degrés, division des électeurs primai es en Iroïs classes, — qui brisai! par avance tout effort des démocrates. Il n'y eut en présence que les « PrtlS-
■ i tes ■■ Ulemands ».
Le parti prussien, qui était celui de Bismarck, déploya une
i- réussir. Ses candidats tenaient réunions
«tir réunions, menaçaient le bon Michel de toutes les cala-
volutionnaires et traitaient les partisans de Francfort
■ proclamation, â la rédac-
louelle Bismarck prit part, posait comme plate-forme
igoureuse contre les mené
ilie, le maintien du pacte fédéral dans un s< ri:
■.. pensée- de I iniilé ulleuineur "H la force de la Prusse* ».
Otto écrivait à un i ircon script ion :
on 0
très disposé à accepter une élection pour Erfurt, car il me paraît maintenant très nécessaire que la Prusse, qui peut former la seule base saine et forte pour l'union plus étroite de l'Allemagne, ysoitdéfendue contre les attaques affaiblissantes et dissolvantes des Francfortois et partisans de la prétendue « grande Allemagne ». Nous y courons le danger d'y faire le plus grave sacrifice au détriment de notre puissance et notamment de notre système d'impôts, sans acquérir rien d'autre qu'un amoindrissement de notre indépendance au projet des petits Etats1. » Sans grande difficulté, il était élu dans sa circonscription député à la Chambre du Peuple.
Frédéric-Guillaume IV, en convoquant le Parlement à Erfurt pour le 20 mars, ne savait exactement ce qu'il voulait lui proposer. Il le réunissait pour lui soumettre le projet de constitution adopté par le traité du 26 mai * et accepté par les divers membres de l'Union allemande; mais ce projet avait été rédigé sous l'influence des idées en cours au Parlement de Francfort et ces idées n'étaient plus de vogue; d'autre part, il supposait l'adhésion de tous les Etats allemands, plusieurs faisaient la sourde oreille et non des moindres; enfin, il était on désaccord sur divers points avec la nouvelle Constitution prussienne, votée parles Chambres le 21 janvier 1830 : triple raison pour le réviser.
Le cabinet prussien rédigea un acte additionnel qui modifiait la réparlition des voix dans le collège des princes et la Chambre des Etats, et « réservait à un arrangement ultérieur » les relations de l'union fédérale avec les Etats allemands qui n'y auraient j>as encore adhéré; en outre, continuait ce projet « le pouvoir exécutif ne peut leur déclarer la guerre; les
1. Lettre de llismarck à un citoyen de Rathenow, janvier 1850. Poli" tische Itrivfe lli*marck's. t. II. p. 4.
i. Voyez supra p. !ST.
LE PABLEMBHT D'ERFHEIT 221
i nton qui oui avec eus des traités de douane
internationaux ne peuvent être
'l'iiiiipiissciin'iii île leurs obligations -. C'était
ffrave atteinte â l'unité nllemande. Mais le parti
la trouvai I insuffisante : il voulait que le Parlement
chantier, el bouleversai le projel de constilu-
idopter Le parti allemand voyait le piège, el
pter en bloc le texte du 2li mai, quitte à le
□suite pour le mellrecn harmonie avec la Constilu-
eîenne.
ces deux opinions, Frédéric-Guillaume IV héstlail el
lil on système moyen. Le II mars, en conseil des
, ildéc'idail de proposer au Parlement national l'adop-
■ réserve du vote de l'acte addilio 'let d'une
immédiate 6 laquelle tout sérail subordonné1. Il
;en-i îles irinlniclkins aux commissaires du : administration dcvanl 1rs Chambres : le général de
■. n.ihit 1-II1 nu [il ,],'■-! :;!<,'■ |,;i|' Sun cil » ] i if 'lire et -a silua-
pair, M. de Carlowitz, jadis au service de lu Saxe ntanl, par hypothèse, de eel Étal déraillant, M de pour la liesse, M. île V-ilIpracht puni- le Nassau el M. île l.ii'U' pour le Brunsvi iek.
La prochaine réunion du Parlement national attirait l'atlenlérale. a Toul gravite autour d'Erfurl », constatait ideur d'Autriche, Prokcsch, et il ajoutait peu après: le publie, la croyance a Erfurt est faible, même le Brunswick me disait hier : ■■ [tien n'en peut sortir, luit tomber d'elle-même', u Le parti idlcmnnd Cunser- , .1 illusion. » Je crains, écrivait un ami hanovrien à
■ l'espoir en Ërfurl ne devienne chaque jour
plus faible. Il souffle un vent glacé du Nord sur noire pauviv patrie qui affaiblit même les gens courageux el leur fait fouler aux pieds leur passé1 ».
Cependant le grand jour approchait, la foule affluait à Erfurt : représentants de l'Union et des princes, députés et hommes politiques, môme délégués étrangers.
Le 20 mars, les rues de la petite ville retentissaient de chants et de sonneries de cloche. « La solennité de ce jour, racontent les gazettes du temps, a été ouverte par l'association des chanteurs thuringicns. Le cortège, accompagné d'une foule do curieux, s'est rendu de bonne heure sur la place de la cathédrale. Il était précédé d'emblèmes et de drapeaux. Le choral a été chanté. Après la célébration de l'office divin, les députés se sont rendus ù l'hôtel du Gouvernement. a Les plus pompeuses cérémonies, ce sont les enterrements. On allait fermer le cercueil de l'Allemagne.
Dès que les députés furent entrés dans la salle des séances, M. de Radowitz prononça le discours d'ouverture au nom du conseil de l'Union. Ce fut un exposé quelque peu aigre des déceptions et des défaillances éprouvées depuis un an. L'Autriche, la Bavière, le Wurtemberg, le Luxembourg, le Limbourg cl Hcsse-Hombourg refusaient d'accéder à l'alliance. La situation du Holstcin et du Lauenbourg ne pouvait être fixée pendant la guerre des duchés; Francfort ne répondait pas; la Saxe et le Hanovre ne voulaient pas être représentés au Parlement, et une action était intentée contre eux « devant le tribunal arbitral pour les contraindre à remplir leurs droits fédéraux. » Ainsi, avant de se constituer en Union, on était en procès. Et sur cette constatation mélancolique, Radowitz déposa le projet de constitution et l'acte additionnel.
1. Bicdennann. Meïn Leben undein Stilcfc Zeilgeschic/Ue, t. II, p. 31-32.