‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 73 sur 167 · Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. I, p · texte numérisé non relu

Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. I, p

LE PARLEMENT DERFUR1 IBS

bureaux manifesta lu majorité de la gauche leux Assemblées. A la Chambre des États, le président fui Rodolphe d'Auerswald qui avail été ministre libéral . les membres de la Chambre du Peuple choisirenl pcwrdtriger leurs déltbérattons l'ancien Président du Parlement marck, un des ['lus jeunes députés, o rétaire proi isoire; il fui maintenu dans ces fonctions bureau définitif; il était, dès lors, an liséinili' jusqu'à la • lettres plaisantait fort « mon juif de prési- [j ij ou lait devant un collègue : « Mon père se retournerait trois fni> dans sa tombe s'il savait que je suis devenu le ■ ; d'un littérateur juif. ■• Il atténua plus tard ce préjugé car il lil de cel Israélite le présidenl du tribunal

i\ ( .li,iiiil'ir.-,-''kii,-iii mini constituées, elles n'avaienl irer du projet de constitution. Mais auparavant le général de Itadowilz demande la parole à la Chambre du peuple .. pour faire quelques observations générales ». ours li' ni la séance du 20 mars, éclatant d'éloquence, vibranl '(<■ patriotisme et d'enthousiasme. Il ne présente pas lu même mélancolie qu'à l'ouverture du Parlement; il a été gagné par la cordialité générale. Cependant il ne dissimule ■ li- In tâche soumise à l'Assemblée; l'heure s, comme à Francfort, aux vastes pensées : » .Nous r une maison plus étroite pour le.s alliés qui, - en une communauté sincère; nous lions la porte à aucun de nos frères de race allemande; nous ne forçons personne à une autre résolution que :iilo pourchacun. » Le gouvernement prussien aurail voulu ri ii . d a proposé de développer le pacte

de 1815, eu réunissant deux fédérations alliées, la fédération autrichienne et la fédération des Etats allemands ; ce plan a échoué pour plusieurs raisons : le refus du gouvernement de Vienne, l'opposition des « Cours qui depuis la chute de l'empire d'Allemagne ont acquis le titre de royaume », la crainte « de plusieurs Prussiens de voir dans la marche allemande des inconvénients pour leur patrie restreinte ». Et Radowitz s'élève avec force contre cette crainte, exploitée par Bismarck et ses amis : « Malheur à l'Allemagne, malheur à tout notre avenir s'il en était ainsi ! mais cela n'est pas. La Prusse ne perdra rien de son histoire glorieuse, ni de sa position européenne, si l'Allemagne se fortifie dans sa communauté. » On ne peut d'ailleurs arrêter la force des événements : « Le mouvement national peut rétrograder, mais, si vous me permettez cette comparaison mathématique, le mouvement rétrograde n'est qu'apparent, il appartient à une Courbe fermée, il faut qu'elle redevienne droite et qu'éloignée du soleil elle rentre dans la voie qui doit l'en rapprocher aussi sûrement qu'il y a dans la vie des nations une loi plus haute. » En vain s'opposera-t-on à ce mouvement national. Pour l'entraver, les royaumes présentent de nouvelles propositions. « Elles seront examinées sérieusement et sincèrement, mais elles ne sauraient arrêter notre marche... La tâche que nous avons à remplir ne s'est pas amoindrie ; elle est devenue plus urgente. Elle vous prépare plus de peine et moins d'éclat, elle exige plus d'abnégation et donne plus de satisfaction, elle a trait plutôt ù l'avenir qu'au présent ; l'histoire même couronne non ce qui est facile et commode, mais ce qui a été acquis au prix de grands efforts et de longues privations. »

Ce discours-programme fut l'événement du jour; il était plein d'enthousiasme, de foi dans les destinées de l'Allemagne;

LE PÀBLEMENT DEItFURT m

- b'élftil iuj superbe monumenl de rhétorique plus qu'un plan précîa de travail et d'avenir. II marquait de suite le direction qui fut le vice du Parlement d'Erfurt, comme de toutes les assemblées parlementaires du temps en ne ftudowiU, qui était chargé de cette direction, était plus orateur qu'homme d'Etat ; il ne savait exactement où il ■ h (qu'un lui demandait par quelle voie il entendait créer l'unité allemande, il répliqua, â Erfurl même, qu' « il ne pouvait l'indiquer, qu'il devait marcher au pré de;- événe- \ sou défaut, les deux ministres de Prusse. Bran- Jenburg et Mantcuiïel, qui siégeaient au Parlement national, ■ r les délibérations. .Mais ils ne voulaient pas ir leur secret dissentiment sur la question allemande ' lonrarl I'1 silence prudent. Frédéric-f iuillaume I\' s'en étonnait, reprochait ù Manteuffcl n son silence, fret table ù coté de l'énorme bonne volonté de la plupart des députés prussiens et nun prussiens de se laisser con-

: mes sti-es' ». Brandenburg continuait a se

i. MautculTel parlait, le 12 avril, mois sans gr 1

.■i trop fard. La direction du travail parlementaire aurail pu être prise par l'I homme politique, connu par ses discours et ses actes au Parlement de Francfort. Henri de Gagem scmblail désigné pour ce rôle, mais il était découragé •■! ne croyait plus au surcés îles revendications nationales. Manteuffcl essaya di préparer une entente entre lui et Bismarck, ri les laissa en ei ii prit une attitude de i. Jupiter tonnant ■>. et

nus clarté in précis te programme de son parti.

• Il purl:iii. ajoute Bismarck, -uns me fixer, m roulant les is le plafond. Je lui répondis que nous autres, Prus-'

■ . r ..ci

siens royalistes, nous craignions avant tout que cette constitution n'affaiblit le pouvoir monarchique. Après s'être lancé dans un exposé déclamatoire de ses idées, il tomba dans un silence dédaigneux qui, semblait-il, revenait à un Rontn locuta... Tout plein du souvenir du grand rôle qu'il avait joué à Francfort, il trouvait au-dessous de sa dignité de parler à un hobereau prussien autrement que du haut de sa grandeur *. »

Le projet de constitution avait été renvoyé pour examen à un comité, et, pendant que celui-ci travaillait, les membres qui n'en faisaient point partie, piétinaient d'impatience et se décourageaient. Stockmar, député de Cobourg au Parlement, écrivait le 6 avril : « L'impression générale est que rien n'arrivera, que bientôt on sortira d'ici *. »

Bismarck s'ennuyait. Il n'avait pas la foi, il ne croyait pas à la refonte de l'Allemagne par les Parlements. Il expédiait son travail de secrétaire, et pour le reste s'occupait ù « souper à fond », à se promener dans les coteaux des environs, à boire de la bière et à a manger du marzipan 3 », qui est un massepain très délectable. S'il avait une journée libre, il filait à SchOnhausen auprès de sa jeune femme et de ses bébés ; ou encore il allait chasser avec le conseiller Oppcrmann, un des grands fusils et surtout un des grands buveurs de Prusse : cet homme estimable eut le mérite rare, presque unique, de vaincre Bismarck au noble défi de la boisson et de « le laisser dans un état lamentable4 ». Aux débuts du Parlement, il ne s'intéressait pas à autre chose, et déclarait à Gerlach et Stahl a qu'il leur laisserait l'honneur

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