LE PARLEMENT II KRFUIIT Î3I
Allemagne grande et large ; or c'est ce que Votre propre intérêt, l'intérêt prussien, vous commande. Vous en avez le pouvoir, usez-en. »
Aux applaudissements qui accueillent ce discours, on sent que la partie est gagnée. En vain, M. de Manleuffel demandet-il encore aux députés « de ne rien précipiter » ; par 12"> voix contre 69, la constitution est votée aux acclamations du parti de l'empire.
Il restait à la 'Chambre du Peuple de se prononcer sur l'acte additionnel et les lois fondamentales. Ce fut, enfin, L'occasion pour Bismarck de se déclarer. 11 eut les honneurs de la séance du 15 avril où il prit à quatre reprises la parole '. Ce fut chaque fois pour affirmer sa défiance du parlementarisme, son attachement dynastique, son particularisme prussien.
Au début delà séance il soulève une contestation sur l'ordre du jour, en déniant à la Chambre le droit de reviser la Conslitution autrement que « paragraphe par paragraphe » ; or la Chambre du Peuple a achevé sa lâche par l'acceptation complète et sans réserve de la Constitution. Si la Chambre des Étals y donne son adhésion, tout sera fini. « Il incombera au Parlement qui nous succédera de modifier la constitution... que la majorité, — non prussienne on majeure partie, — de celle Chambre a essayé d'imposer à ma pairie. » Conclusion : allons-nous-en.
La Chambre ne tint aucun compte de cette proposition simpliste et passa à l'examen de l'acte additionnel. Bismarck se !iva pour demander le remplacement de l'expression d'Empire allemand par celle d'Union allemande, « plus exacte pour une Confédération d'États qui ne comprend pas encore la moitié de l'Allemagne... Si nous laissons subsister de semblables