‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 82 sur 167 · I. Sjbd. Vie UtgrUndung des dtuUchtn ftticki, I l.p · texte numérisé non relu

I. Sjbd. Vie UtgrUndung des dtuUchtn ftticki, I l.p

semblance, au passage des corps prussiens et couperait ainsi «■ l'armée royale. Tout contraignait donc la cour de Berlin à*^ intervenir.

Pour se soustraire à toute responsabilité, le minisire dest- Affaires étrangères, M. de Schleinitz, avait pris subtilement un~x congé. Le comte Brandenburg, qui faisait l'intérim, avait m adressé le 12 septembre une dépèche au gouvernement hes— sois pour l'engager à la modération et à l'entente avec les Etats. Cette démarche avait été critiquée jusque dans 1^= ministère. M. de Manteuffel s'était élevé avec force contre

politique de l'Union et avait prôné l'accord avec l'Autriche - Le roi lui-même était d'abord de cet avis; il trouvait d'un mauvais exemple la résistance des magistrats, officiers et fonctionnaires de Hesse aux ordres de leur prince, encore que ces ordres fussent illégaux : on convainquait facilement Frédéric-Guillaume IV en le menaçant de la Révolution.

Mais son opinion changea lorsque la Diète parla le 21 septembre d'exécution fédérale. Il était d'ailleurs maniable par celui qui l'approchait; à cette époque, le général de Gerlach, son confident habituel, était en voyage; Bismarck passait une seule journée à Berlin entre les joies familiales de la Poméranie et les travaux agricoles de Schonhausen ; il n'avait qu'un court entretien avec Wagener, et apprenait que « Radovitz, le grand magicien, était au mieux avec le roi, qui le considérait comme un martyr pour sa personne (à lui le roi ') ». Il ne savait ù quel point il disait vrai; le jour même RadowiU donnait un coup de baguette magique.

Il avait exposé aux ministres la gravité de l'intervention de la Diète, la nécessité de s'opposer à l'entrée des troupes en Hesse et avait obtenu l'acquiescement du conseil. Il s'était

1. Bismarck à sa femme, 26 septembre 1850. Briefe an seine Braut und Gattin, p. 185

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roî et l'avait enlevé par la vigueur

■:■ Ici poinl que, par un de c

i propres à son caractère, Frédéric-GuQlauine IV lui i sur-le-champ le ministère des Affaires étrangères. Le

: garder trente-sept jours, lui mie surprise, joyeuse aux uns, amère aux autres. ■■.! bondil d'enthousiasme: » Je m'en réjouis, ■il Buusen de Londres, car le roi avait besoin d'un dran'csl pas seulement un drapeau, mais le seul il Signifie eonstilutionnnlisme dans le pays, une base légale, ferme altitude visi Autriche •.■! de la Russie, surtout en face de la dîplopi olocolea '. « i eatnarilia fui atterrée : Manteuffel, Stockhausen par- ■■' d'abandonner le cabinet, le général Gerlach de quitter rsonnel du roi; Bismarck les en dissuadait en Birman! que » rien n'était changé dans la situation, I qu'une marionnette el en fail Eladowltz était ips ministre des Affaires étrangères », et en manant de successeurs libéraux. Ces messieurs repre- Mantcuffel, Sloeliausen et Gerlach conved'une étroite allîanee ■>. Tuus Irois n'allaient pas : uni- occasion il'1 dresser a l'enthousiaste Radowiti Ins. Pour les préparer, les dîners et les . :ea de la « Kreuz-Zeitung » se multipliaient, et un de toute occasion, soirée à la Cour, service au chûdu roi, pour lancer de petites, toutes petites insiqui se glissaient, pénétrantes, jusqu'au fond de l'Ame idéric-Guillaume 1\ .

obassadeur d'Autriche se préparait à la lutte, car il

■ rintn Briefen, t. 111. p. HUiS

craignait qu' « avec une paire de paroles sonnantes, on attirât les conservateurs de Berlin dans cette orgie de Gotha ! » et croyait « qu'on pouvait s'attendre à une politique énergique » ; il s'en consolait en pensant « que tout reposait en Varsovie2 ».

La politique devait être énergique surtout du coté autrichien. Le 11 octobre, l'empereur François-Joseph recevait les rois de Wurtemberg et de Bavière à Bregenz sur le lac de Constance. On y parlait solennellement d alliance, on buvait « à l'armée », et l'empereur ajoutait sans ambages que ses soldats étaient « fiers de marcher avec de si braves camarades contre l'ennemi ». L'ennemi, c'était la Prusse, et les ministres des trois puissances décidaient de condenser 200.000 hommes à toutes fins utiles. La Saxe et le Hanovre y ajouteraient plus tard leurs contingents.

Tel était le danger immédiat pour la Prusse. Le temps des aménités diplomatiques était passé. L'heure des combats était proche. Radowilz, soldat de son métier, le comprenait mieux qu'aucun autre. Dans les premiers jours d'octobre, le gouvernement prussien réunissait sur les frontières de la liesse une vingtaine de mille hommes. Il ne pouvait faire plus, l'armée était en désarroi; les régiments étaient incomplets, les corps de troupes dispersés dans toutes les directions, soit par l'incurie du ministre Stockausen, soit, comme on la soutenu3, « pour augmenter la difficulté de la guerre »; en deux semaines, on n'arriva qu'à un nouvel appoint de 27.000 hommes. Il fallait donc négocier encore, négocier toujours, mais les négociations avec l'Autriche étaient un

1. Nom du parti unitaire, d'après lu ville ou il s'était réuni en 1849. Voyez supra p. 189.

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