‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 83 sur 167 · Prokesch von Osten, Aus den Brie feu. p · texte numérisé non relu

Prokesch von Osten, Aus den Brie feu. p

3. Klupfcl. Oeschichte der deutschen Einheitsbestrebungen, t. 1, p. Iffc.

D'KRPURT A OLMUTZ 253

leun-c, car tout en échangeant des dépêches, Schwarzcnberg avançait ses troupes en Bohème et Moravie. L'Electeur de liesse réclamait le 15 octobre l'intervention directe de la Diète; celle-ci ne la refuserait certainement pas, et de fait elle décida le 25 octobre l'exécution fédérale.

La Prusse était menacée; elle cherchait anxieusement un si-cours. Elle tenta de le trouver auprès du tzar. Nicolas avait passé Télé à Varsovie; il était môme venu à Berlin; il suivait les affaires d'Allemagne avec attention et parfois avec colère. « Il usl indigné de l'attitude de la Prusse », déclarait la grande-duchesse Hélène1. 11 estimait prochaine l'heure où il devrait intervenir en Allemagne pour sauver les principes d'ordre et de droit, comme il l'avait fait en Hongrie. A Berlin même, le parti réactionnaire ne voyait le salut que dans son intervention : « Nous devrons être encore heureux de cet affront fait à notre patrie », écrivait le général de Gcrlach dès le mois de mars2.

Après l'arrivée de Iladowilz aux affaires, la camarilla désirait plus vivement encore celte intervention de la Russie et engageait le roi à rendre visite à son impérial beau-frère. Radowitz craignait ce voyage, car il se méfiait avec raison des brusques voiles du roi et redoutait que, sous l'influence du tzar, Frédéric-Guillaume prit brusquement des résolutions capables d'étouffer définitivement la politique allemande. Il fut donc décidé que le chef du cabinet, comte Brandenburg, se rendrait à Varsovie pour rendre favorable l'oracle russe.

Le comte partit le 15 octobre3; il emportait un mémoire

!. Prokesch. Loc. cit.. 8 octobre 1850, p. 166.

i. Geriach. Denkwardiykeiten, il mars 1850, 1, p. 44'J.

3. Svbcl. Loc. cit., t. II, p. 3 à 20. niconte d'après les archives prussiennes, avec une parfaite précision de détails, les péripéties de ce voyage. Nous reproduisons Bon récit en ajoutant les renseignements qui résultent des correspondances de Ma n touffe 1 et Prokesch, parues depuis la publication de Bybel.

ministériel, sorte de programme de la politique prussienne soumettre au tzar. Ce document posait, pour la solution de question allemande, ces principes : la Prusse aura le mêm droit que l'Autriche à présider la Confédération; un consei fédéral de 17 voix sera formé avec la même compétence qu

l'ancienne Diète ; le pouvoir exécutif sera exercé en commu par T Autriche et la Prusse; il n'y aura pas pour le moment de Parlement issu du peuple; l'Autriche entrera avec toutes ses dépendances dans la Confédération; les divers Etats pourront former des unions plus étroites si celles-ci ne sont pas en contradiction avec la Confédération allemande; les questions de Hesse et de Holstein seront réglées, sur mandat de tous les gouvernements allemands par des commissaires des deux grandes puissances. — En outre, Brandenburg était porteur d'une lettre autographe de Frédéric-Guillaume pour François-Joseph, dont l'arrivée à Varsovie*était proche ; cette lettre, conçue en termes très affectueux, contrastait avec les fanfares guerrières de Bregenz.

Le comte arrivait à Varsovie le 17 octobre et était immédiatement reçu par le tzar « avec bienveillance ». Les déclarations du souverain russe étaient tout en faveur de l'Autriche : il ne méconnaissait pas la nécessité de rajeunir le pacte fédéral, mais engageait la Prusse à rentrer d'abord dans la Diète puis à demander sa revision; il se refusait d'ailleurs à toute médiation (c'était sans aucun doute pour laisser à l'Autriche sa libre décision) ; il approuvait le parti pris par l'Electeur de Hesse de s'adresser à la Diète et insistait pour une prompte soumission du Holstein. C'était tout le plan autrichien.

Le chancelier, comte Nesselrode, fut plus accueillant. Il tenait les propositions prussiennes pour très acceptables et obtint du tzar l'autorisation de les soumettre au prince de

D'EBPl'nT A OLMETZ ÏSS

comme base de négociations. Mais l'amusa ib

Russie ■' Vienne, baron Meyendorff, qui arrivail h

"^ «no vie, laissai! peu d'espoir de leur adoption. Plusieurs

écoulèrent pour Brandenburg en négociations avec le

ir; celui-ci insistai! sur la nécessité d'en terminer pr p-

if avec la révolte du Holstein et Taisait un devoir pour ndie qu'elle avail allumé. Le ministre courage et, peut-cire à son insu. <, irapresattïtude ». Il attendait, pour décider, l'arrivée «le François-Joseph '.

adant, à Berlin, la fièvre guerrière avail envahi le

S ins s'an-êler aux rir^urialirini dr '/. montrail au roi l'avance ■■

la nécessité de préparer ■ gui rre

. le, Le 20 octobre, Frédéric-* luilli décidait la mobilisation générale, retirait cet ordre, hi sitûil : des minisires recommandait le 22 octobre commandait les In i ■ onfins de rlesse, ■! é\ il r un cho : rencontrai I a menu n rai devait

li ■■-<■, M qu'il uuaail k 2i.

«nie et de nerf, pendun! que 1 Autri marchaient d'un p.is terme. La Diète avait.

la mission d'envahir la liesse pour 'iv la • rébellion »; le prince de Tour et Taxis nvan- MM'lialement un corps de troupes.

nonent précis, le 23 octobre, l'empereur d -.vie.

I Brudenlrarf a U«»ti ■!■ I. 1» «doter liât. MulrwSri. h

désir d'aboutir à une entente parfaite, mais le renvoya à Schwarzenberg pour toute délibération. Le soir même, les deux ministres eurent un long entretien, non orageux, poli, môme cordial, « comme au revoir de vieilles connaissances qui désirent sincèrement s'accorder ». Brandenburg reprit son exposé des vœux prussiens, tels qu'ils étaient exposés dans son mémoire ministériel. La réponse de Schwarzenberg fut très nette : il acceptait toutes les concessions de la Prusse et n'en faisait qu'une; il admettait que de « libres conférences » réunissent les ministres des Etats allemands pour remanier le pacte fédéral; sur les questions de liesse et de Holstein, il était inexorable et déclarait catégoriquement qu'il était du devoir de la Diète d'intervenir dans ces deux pays à la demande des souverains.

Brandenburg espérait encore maintenir la paix. « On peut à peine croire, écrivait-il le lendemain1, quelle peur fait partout la guerre. Trop de gens vivent encore qui savent ce que signifie une guerre européenne et qu'à côté de cela tout ce que nous avons supporté depuis deux ans n'est qu'un ouragan dans un cuveau à lessive. » Schwarzenberg sentait bien que ses affirmations, appuyées sur 200.000 soldats en armes, avaient porté sur son interlocuteur; dans une lettre du 20 octobre il disait à son ambassadeur à Berlin : « Brandenburg a reconnu que l'Union, dans les termes d'ailleurs inexécutables de la Constitution du 2G mai, est pour nous une pierre d'achoppement, et que seul son abandon officiellement et clairement signifié peut nous rendre paix et confiance avec la Prusse2. »

Les 27 et 28 octobre, les négociations continuèrent sans

\. Brandenburg à Manleulïcl, il octobre 1850. Manteuffel, loc. ci/..

2. Schwarzenberg à Prokcsch, 26 octobre 1850. Prokcsch, loc. cit. p. 17i.

D'EHFUHT A OL-MUTZ ï5T

beaucoup, S' hwarzenberg affirmait que l'occupation

«le la Hesse n'aurai! d'aulir but qui' le ivlablisseniint di:

lans le pays cl cesserait dès que ce résultai sérail

ilf celte déclaration, le gouvernement russe

■■ ;i Brandenburg que n toute opposition a l'exécution

dans le Holstcin serait regarda par la Russie comme

Les ministres d'Autriche et de Prusse

i n tendre ni sur le lieu ni sur le but des libres

n quittant Varsovie, le 29 octobre, lir len-

. portail la ferme conviction que, si la Prusse ne cédait

Étail la guerre, la guerre contre l'Autriche, les rois

«lu sud de l'Allemagne, la Russie, sans un seul allié et devant

ICC incertaine avec ses velléités napoléoniennes H

A Berlin, le I Util encore a la guerre. Radowilz récla-

tnobilisation, Frédéric-Guillaume IV croyait « qu'il ir II' point de partir en campagne ; ».

Il ..ii'li nliurg lil I effet d louche glacée.

. le ;' i ■■<■!,.;■;. I irand idnirjj ava

i u RadowiLz les négocia lions de N arsovie, cl la néces-

■ ■ , il- r pour éviter une gin rre <!■ saslreusc; c'était

'.i finitîf de ],i politique allemande; Radowilz n'y pou-

- ce jour, on parlait au département

lérielle possible' ».

andenburg reprit son expo

itstres et le conseil se divisa en deux parties : Man-

Robe et Sinions appuyèrent le président du conseil

politique de soumission à l'Autriche. Radowilz,

denberg et von der Hcydl, y opposaient la

dignité de la Prusse, sa mission de faire l'unité allemande. Il devenait certain que le cabinet contenait deux camps inconciliables et qu'une crise ministérielle était inévitable.

A ce m'ornent, arriva un télégramme annonçant que les troupes bavaroises avaient franchi la frontière de Hesse pour exécuter les ordres de la Diète. On y répondit par Tordre au général Grobcn d'occuper non seulement Fulda, maisCassel.

A 5 heures, la discussion reprit devant le roi avec «âpreté». Frédéric-Guillaume avait été à son tour « impressionné » par les arguments de Brandenburg et il prit la parole pour conseiller un compromis de nature à ménager la susceptibilité de F Autriche et l'honneur de la Prusse : dissoudre l'Union pour le moment, quitte à la reformer en temps meilleur; occuper simplement en liesse les routes d'étapes, admettre l'installation des Bavarois dans le sud de l'Electoral. Cette solution ne satisfaisait personne, ni Brandenburg qui doutait de son efficacité, ni Radowitz qui réclamait la mobilisation, ni môme le prince de Prusse qui ne voulait pas « un assujettissement à l'Autriche; ce serait un second iî) mars ». Par contre, le général de Stockhausen, ministre de la Guerre, objecta que mobiliser c'était partir en guerre contre l'Autriche et la Russie, et que la Prusse « n'était pas h la hauteur ».

La délibération continua le lendemain. Gcrlach, qui écoutait aux ]>orlcs au nom de la camarilla, entendit « le roi parler longtemps tout seul. ' » 11 développait à nouveau son compromis, en y ajoutant une mobilisation avec déclaration pacifique. Brandenburg y opposa un projet de dépèche à l'Autriche : aux termes de ce document, la Prusse espérait une heureuse solution de la question allemande par les libres conférences qui se tiendraient à Dresde ou Nuremberg ; elle

1. licrlach. DenkwUrdiykeiten, 2 novembre 1850, 1. 1, p. 549.

D ERFCTT ,\ OLMUTZ M

ne pouvait dissoudre spontanément l'Union allemande mus

ses membres en leur déclarant qu'elle la considérai!

m ivée a sa fin ; la Prusse demandail certaine? garan-

■ nature cl la durée du Béjotir des troupes bavaroises

u fond, c'était reconnaître les deux prin - de l'Autriche : dissolution de l'Union, consentement cutioa fôdérale, Le roi invita ses ministres à se retirer dans une satle iui- ,r en délibérer; il- revinrent après quelques instants; Brandeni>\iri;' déclara que la majorité du ministère s'était pro- '■. ienne de la dépêche dont il avait dure, La parole décisive appartenait au roi : il «luit, lunncUenicut en plein accord avec la minorité, ■■ voyail « obligé de ktisser les mains libn ■■ S la ■ '■ un ni décidé .'i conseï ver ' >.

■. étaient jetés.

La séance fut levée,

.-ni .ii- liri'lou il/. iIkIiii.'i -:i ilcmis.-iun ; MM. île Ladetl-

von der Heydt le suîvircnl . M. de Maiileuffel se rendit en personne û l'ambassade d'Autriche pour informer Prokeseh

. isjon royale et de rider ■■ instamment que Schwar-

ï adoucit poui le roi le rlinngement de politique « en lui permettant de sain i r les apparences', Le soir, '

\--nir un rédacteur des Affaires étrangères, Abeken, pour lui dicter la dépèche à BernstorlT dont les ternies m entta dans le co

. [a nuit, la fièvre le prit, Le '■'. novembre, il put encore signer b dépêche de soumission. Ce fut son demii

.ura durant, on essaya do sauver su vigoureuse intcl-

Page 1