II
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ligcnce. Mais la mort était là; elle le prit le 6 novembre, comme pour noircir encore la tragédie.
Brandenburg mourut non, comme on la dit, « des insolences du tzar », mais « de l'excitation intellectuelle de deux ans, de l'épuisant voyage à Varsovie, et de l'effroyable tension pendant la crise l ». Il avait de la loyauté et de l'honneur ; il cherchait le bien de sa patrie; maisil n était pas homme d'Étal; il ne vit pas qu'un conflit avec l'Autriche était inévitable et que la Prusse devait s'y préparer.
Manteuffel était chargé, en fait, de la direction des Affaires étrangères, qu'il n'avait pas personnellement suivies jusqu'alors. Il terminait et envoyait à Bernstorffla dépêche pacifique, sans savoir si les modestes réserves qu'elle contenait seraient admises par l'altier» Schwarzenberg.
Dans le pays, l'opinion publique commençait à s'énerver. La marche des troupes prussiennes et bavaroises, les décisions du conseil des ministres, le dépari de Radowitz, la maladie de Brandenburg, les bruits contradictoires et les nouvelles successives, tout amenait la fièvre à Berlin. Dans l' Allemagne entière, le parti unitaire vibrait d'impatience. « Je désirerais même la guerre, écrivait Arndt peu après, si sa base et son but étaient la fierté et la liberté de l'Allemagne, et s'il était réellement combattu en ce sens. Mais je ne vois pas l'homme et les hommes qui la voudront et pourront conduire J. »
En liesse, le général Groben avait avancé les troupes prussiennes et occupé les routes d'étapes; l'ambassadeur d'Autriche avait protesté énergiquement contre cette invasion d'un territoire protégé par la Diète ; en môme temps, les