Prokesch à Buol, 15 juin 1834. Aus seinen Bnefen, p
la convention entre la Prusse et l'Autriche, la Diète fédérale y adhérait solennellomcnt. Mais ces lenteurs, les réticences que mettaient plusieurs gouvernements, énervaient l'effet de cette adhésion : il était certain que si l'Autriche demandait un jour à la Confédération de passer des projets aux actes, du papier aux armements, elle se heurterait à de nouvelles lenteurs et à un refus enveloppé de politesse. Bismarck, partisan d'une neutrahté bienveillante envers la Russie, n'en pouvait être fâché : la force même des choses amenait ce qu'il avait |)révu avec justesse et netteté ; les intérêts de la Prusse n'étaient pas à une intervention en faveur de l'Autriche, mais h une attitude réservée et amicale envers la Russie ; la Prusse n'avait point à intervenir en affaires où elle n'était pas intéressée, mais elle devait cultiver l'amitié russe pour en profiter un jour lointain contre l'Autriche, comme celle-ci en avait tiré parti en 18'i0 contre, la Prusse. En gardant cette altitude circonspecte, la Cour de Berlin groupait autour d'elle les petites puissances, également intéressées i\ la neutralité, et elle pouvait espérer « une diminution de l'attachement à l'Autriche, suivie d'un revirement en faveur de la Prusse ». Sûr de la justesse de ses vues, Bismarck persévérait dans sa pohtique hostile à l'Autriche, sinon dans l'accompUssemenl de ses devoirs officiels, au moins dans sa correspondance |)rivéc et môme dans ses nipp<jrts personnels avec le roi. Il proposait i\ rrédéric-Ciuillaumc 1\' de mobiliser deux cent mille hommes dans lu llaute-Silésie, « de façon que ces Iroupcs fussent à même de franchir avec la môme facilité tout aussi bien la frontière autrichienne que la frontière russe ». La France, absorbée par sa guerre contre la Russie, n'était pas en état de menacer sérieusement la frontière du Rhin. Un blocus par la flotte anglaise n'était guère h redouter. L'Autriche serait « clouée sur place », et la situation de la
Prusse transformée en Allemagne. Le roi fut ébranlé par celle démonstration, mais non convaincu. Il sourit avec complaisance et répondit en dialecte berlinois : « Mon petit, tout <;a c'est très beau, mais je le trouve trop cher. Un homme de l'espèce de Napoléon peut se permettre de ces coups d'éclal, mais non pas moi*. »
Déçu dans ses espérances d'entraîner dans son sillage la Prusse et même TAUemagne entière, Buol négociait plus étroitement avec la France et l'Angleterre, et, le 8 août 1854, il signait h Vienne l'acte connu sous le nom de « note des Quatre Points ». Aux termes de cette pièce, les Cours de Paris, de Londres et de Vienne formulaient quatre exigences : 1" remplacement du protectorat de la Russie sur les Principautés danubiennes par une garantie collective des puissances; 2° liberté de navigation sur le Danube; 3° indépendance de l'empire ottoman par la revision du traité de i8il ; 4° renonciation par la Russie à tout patronage exclusif sur les sujets chrétiens de la Porte. En signant cette pièce de si haute importance, le cabinet de Vienne ne s'était pas demandé s'il contrevenait à son traité avec la Prusse, qui lui interdisait « de conclure une alliance en désaccord avec le présent traité ». Il avait, avec quelque désinvolture, réservé le droit de soumettre la note du 8 août à l'adhésion de la Prusse, persuadé que ce modeste subalterne s'empresserait d'obéir h cette dédaigneuse invitation.
Ces manières faisaient bondir M. de Bismarck, car elles ravalaient son pays « au rôle de zéro à la suite de TAul riche..., le mettaient pohtiquement au niveau des petits États. » Sa correspondance officielle est pleine d'amères récriminations. Il se plaint que l'Autriche « ait contracté des