Bismarck à Gerlurh .s,n.iMx.t. /,„• , ,/ t. ±i
parallèle en sourde inimitié et lutte à coups d'épingle. En 1888, le chancelier, qui paraissait tout-puissant sous le règne éphémère de Frédéric II, disait avec âcreté : « L'impéralnce Frédéric a toujours été une Anglaise. Elle n'a jamais fait que propager Tinfluence de l'Angleterre, que servir les intérêts de l'Angleterre. Et, aujourd'hui, elle le fait plus que jamais... L'Angleterre, de tout temps, a cherchée se servir de notre influeufc pour ses propres fins et contre nos intérêts à nous; elle y est parvenue par l'entremise des filles, des nièces ou des amies de la reine Victoria*. » Dans la correspondance de 1838 et la conversation de 1888, le sentiment est identique, de particularisme prussien ou allemand, de haine contre la princesse étrangère qui introduit son sang et son inHuence dans la dynastie nationale.
Cet intermède matrimonial ne détournait pas Bismarck de ses fonctions naturelles qui étaient de surveiller la politique autrichienne. 11 n'abdiquait rien de ses passions et, comme le lui reprochait un adversaire, ne distinguait pas les hommes des choses. Rechberg, qu'il trouvait si correct à ses débuts, était devenu, à son tour, un despote, prétendant à des privilèges abusifs et insultant la Prusse jusque dans ses cartes de visite; Bismarck en joignait un exemplaire à son rapport comme pièce à conviction; ô scandale, au lieu de titre diplomatique, le malencontreux carton « ne portait rien que le nom du comte de Rechberg qui n'avait jamais eu d'autres cartes, même dans une cérémonie officielle ^ ». Une telle conduite méritait représailles, et Bismarck vivait en conflit perpétuel avec le délégué autrichien.
Conflit à propos de la vieille question des garnisons fédé-
i. M. Busch. Les Mémoires de Bismarck, t. II (1899), p. 193-194. 2. Bismarck à Manteuffel, 16 octobre 1858. Correspondance cUplomaUque , l. II, p. 399.
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raies', qui s'allongeait, s'éternisait, s'envenimait sans cesse. La discussion s'était apaisée pendant la guerre de Crimée, où de plus sérieux intérêts étaient en jeu. Elle reprit de plus belle avec les loisirs de la paLx. Le nouveau ministre de Badcn, M. de Meysenbug, qui cherchait ses inspirations à Vienne, prenait plaisir à l'aviver; en mai 1857, il proposa de doubler la garnison de Rastadt et d'y introduire des troupes autrichiennes; cette mesure comportait un double avantage pour la Confédération germanique, en fortifiant la frontière de l'Ouest et mettant les dépenses à la charge de l'Autriche. Bismarck est contraint de le reconnaître, mais au nom de la Prusse il proleste avec énergie « contre l'absorption de Rastadt par l'Autriche...; l'abandon à son profit d'une place construite en grande partie avec l'argent de la Prusse ne manquerait pas de faire croire à une extension de la puissance autrichienne et à une diminution de la Prusse... Celle-ci n'y pourrait consentir sans réclamer à son tour un semblable accroissement d'influence* ». Il cherche h peser sur les délégués des autres Etats, mais il s'aperçoit alors combien est ténu le lien qui s'est formé entre la Prusse et les diverses puissances d'Allemagne pendant la guerre d'Orient, avec quelle facilité il se brisera, quel ascendant l'Autriche exerce sur les petites Cours. A la Diète, tout avait une vitesse do tortue. La question de Rasladl (Hait encore posée lors«|ue Bismarck quitta Francfort.
Conflit sur les questions législatives. La Bavière demandait l'élaboration d'un code de commerce unique pour tous les Confédérés. La Cour de Munich étant sous l'inducncc du cabinet de Vienne, Bismarck voit mille diilicullés à sa propo-