Voyez nupra, p
i. Bismarck i\ .MunlcufTcl, 12 mai 1857, Correspondance diplomatique, t II. p. i:.o-2ô6.
m BISMARCK
silion, se plaint « des façons cavalières » du délégué bavarois, « de la précipitation avec laquelle on veut mener cette affaire ». Il y découvre une menée du gouvernement autrichien « dont le but est de nous enlever Thégémonie que nous avons jusqu'à présent exercée sur le terrain du développement matériel, afin d'en faire la base de sa supériorité politique future sur toute l'Allemagne ». 11 parvient à persuader ces sornettes aux délégués des minuscules, qui s'effarouchent et se rangent aux contre-propositions de la Prusse.
Conflit sur la question de la réforme fédérale : elle dormait depuis 1850. M. de Beust essaya de la tirer de son sommeil pour la grande gloire de la monarchie saxonne ; M. de Meysenbug lui fit concurrence pour l'honneur du gouvernement de Baden ; tous deux désiraient la création d'un tribunal fédéral; M. de Beust y ajoutait la surveillance de la presse et des revisions dans chaque Etat allemand. M. de Bismarck déchirait en hâte leurs projets : sous prétexte de « relever le prestige et d'augmenter la popularité de la Diète, écrit-il, ils conduisent à un but diamétralement opposé, car ils limitent la liberté de la presse et restreignent les libertés constitutionneUes des Étals confédérés » ; véritables « utopies », ils n'aboutiraient qu'à grandir encore l'im popularité de la Diète. Et les propositions tombèrent de mort naturelle dans la crainte générale de tout changement.
Les conflits sont si aigus entre les représentants de l'Autriche et de la Prusse, qu'un jour le comte de Rechberg, poussé à bout, propose de vider la question le pistolet à la main, dans le bois de Bockenheim, Bismarck persifle, propose de dresser un procès-verbal sur les causes de ce duel, Rechberg se calme et l'affaire s'arrange *.