‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 135 sur 179 · ArrtHc dcâ Clianibn-s fi-déraic», 30 dt'-cpmbre · texte numérisé non relu

ArrtHc dcâ Clianibn-s fi-déraic», 30 dt'-cpmbre

prisonniers neucluMelois. Le conseil était bon ; l'Assemblée fédérale le suivit ; elle annula, le 16 janvier, la procédure ouverte au sujet de l'insurrection de septembre, ordonna la mise en liberté des inculpés et licencia les troupes en campagne.

Le gouvernement prussien fut embarrassé de cette modération qui donnait à son adversaire les formes de la conciliation et de la légalité. Il chercha à prendre contenance pareille et comprit que la clef du problème était à Paris, entre les mains de l'augure à Ténigmatique regard. Dès le mois de septembre, Frédéric-Guillaume IV avait, selon son habitude, entamé personnellement avec Napoléon une correspondance qu'avait interrompue l'ûpre tension de ses rapports diplomatiques avec la Suisse. La détente de ces relations permit au roi de Prusse de consulter à nouveau Toracle : celui-ci eut recours à une de ses sentences favoi'ites, il ordonna la réunion d'une conférence diplomatique; et le 5 mars, les représentants des quatre puissances neutres s'assirent autour d'un tapis vert ; c'était le remède souverain du temps, il fallait, comme pour certains médicaments, se hâter d'en user pendant qu'il guérissait encore.

La délibération fut de quelque durée ; il était évident que la Prusse céderait, mais elle voulait y mettre les formes. Bismarck trouva que, l'affaire intéressant la Confédération entière, il était bon que le délégué de la Prusse à Francfort s'en mêlât ; il grillait d'envie de retourner à Paris, où se traitaient alors toutes les questions vitales des peuples ; il voulait y prendre des leçons de grande politique, connaître les gens, pénétrer les secrets et les intrigues. Il prit donc prétexte des questions danoises et suisses pour demander à Manteuffel l'autorisation d'aller à Paris et de traiter ces sujets déUcats

direclomenl au quoi d'Orsay '. Il affirmait tenir de la princesse Slt'phanie le désir d«' Napoléon 111 de s'entretenir avec lui. Et comme il prévoyait quelque résistance de ManteufTel i\ accorder ce congé, il chargeait, — indirectement et par insinuation, — Gerlach de persuader au roi la nécessité de cette « excursion à Paris pour battre les buissons ». Frédéric- Ci uillaume et Manteuiïel se laissèrent convaincre. Le 5 avril, Bismarck descendait à l'hôtel de Douvres, rue de la Paix. Avant de solliciter audience du monarque, Bismarck avait de nombreux entretiens avec le comte Walewski, lord Cow ley, ambassadeur d'Angleterre, Hubner, ambassadeur d'Aul riche ', la princesse Stéphanie de Bade, qui semblait être sa protectrice aux Tuileries, — elle avait déclaré à l'empereur que le délégué prussien « était la seule tête politique h Francfort ». A un dîner donné par le prince Jérôme, il causait longuement avec l'envoyé extraordinaire de la Suisse, M. Kern, « le type du bourgeois en habit noir, cravate et gants blancs, qui se trouve mal ù son aise dans le grand monde '. » De ces conversations, il concluait que l'atmosphère était favorable à la Suisse. Celle-ci était décidée à « s'approprier immédiatement les résultats des délibérations de la conférence», c'était la suite de sa politique conciliante et habile. Bismarck trouvait que la position de la Prusse deviendrait très incommode A la longue*. Le premier mouvement était de brusquer les

I. Bisman-k à MantrulTel. II marn 18.57, Poschingor, t. IV. |> 257; à Gcriacli. 1i mars, liriefean (ierlach, p. 30('>. C.\tr. Biisch. Lex Mémoiita de Rinmarck, l. Il, p. *1\'A, dont le récit esl fantaisiste 8ur plusieurs points.

i. Hubner. Seuf ann de $ouvenirs d'un ambatsadeur d'Autriche à Paris, t. Il il9ui) p. 21 elsuiv. « Selon le baron de Bismark, minisln' de Prusse à Francfort. l'Autriche et la Prusse devraient s'entendre et ne saisir la I)it'>te que des questions sur lesquelle:* elles seraient tombées d'accord. »

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