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Le seul devoir de la Prusse était de donner à celle guerre une issue favorable à ses intérêts ' ».
Le prince Guillaume et son cabinet étaient soumis à des tentations contradictoires. A la fin de Tannée 1838, Cavour avait chargé le marquis Pepoli de sonder son beau-frère, le prince de Hohenzollern, président du ministère prussien. « Dans la pensée de Napoléon III, disait Tltalien, rAutriche représente le passé et la Prusse l'avenir; elle ne peut se contenter d'un rôle secondaire, elle est appelée à une plus haute fortune, elle doit accomplir en Allemagne les grandes destinées qui l'attendent et qu'on attend d'elle -. » En môme temps, la Cour de Vienne rappelait au gouvernement j)russien ses devoirs de confédéré et le Président de la Diète, Rechberg, invitait ses collègues à délibérer sur « la protection de la frontière ouest de l'Allemagne ». Le régent se voyait donc enfermé dans un dilemme qu'il exposait en ces termes au prince Albert : « Laisser écraser l'Autriche, n'est-ce pas s'exposer à partager son sort plus lard.^ — et d'un autre côté lui assurer la victoire en l'assistant en loyal confédéré, n'est-ce pas travailler, aux dépens de la Prusse, à la consolidation de la suprématie autrichienne en Allemagne. » L'hésitation était permise, d'autant plus que l'insuffisance de l'armée inspirait aux mieux informés de sérieuses inquiétudes'. Au commencement de l'année, le régent restait sur l'expectative; le président du conseil déclarait à M. de Beust qu' « on ne pouvait troubler le pays par une levée prématurée de troupes, mais qu'on se souviendrait des obligations qu'imposait le pacte fédéral* »; le ministre des Affaires étrangères, Schleinitz, insinuait à M. de
1. Die (irenzboten, mai 1859. Cpr. S*-René-Taillandier. Dia: ans de l'histoire de Prusse, p. 404.