Unger, Unterredungen mit Bismarck, II
2. Bismarck à sa fiancée, 27 février 1847. Briefe an seine Braut und Gatlin, p. o6.
ferme voisine » ; ou bien « son cheval se renverse sur lui ; quand il revient h lui, il n'a qu'une partie de sa connaissance, une moitié de sa raison était bonne, l'autre ne l'était pas' ». Un autre s'y serait tué; il en revenait toujours. Une légende se forme autour de lui; les jeunes femmes n'en parlent qu'en chuchotant comme d'un être extraordinaire, quelque peu possédé du démon ; elles l'ont surnommé « der toile Junker », le hol)croau fou; et ce mot de Junker lui convient, qui désigne le nobliau attaché à sa terre, brusque et de verbe iiaut, adorateur des vieilles idées, ennemi acharné de la Révolution française".
Il chasse éperdûment. Pour se joindre à une battue, il passe une partie de la nuit à cheval. 11 est célèbre aussi par les farces qu'il fait à ses camarades ; pour les réveiller, du jardin il tire deux coups de pistolet dans leur chambre, a les vitres tombent en éclats, les balles s'enfoncent dans le plafond au-dessus de la tête du dormeur, et le plfttre tombe sur son lit^). On ne résiste pas à de tels arguments. Ses plaisanteries sont parfois sinistres, comme le jour où il offre un pistolet à un ami qui s'embourbe, pour lui assurer une mort plus prompte, au lieu de lui tendre un bAton.
Ce besoin de bouger, ce diable au corps l'entraîne dans toutes les directions. « 11 fait un jour 03 kilomètres ù cheval, pour aller danser le soir à la station balnéaire de Polzin, et y faire la connaissance d'une jeune dame fort entourt'C. Il lui fait la cour, paraît lui plaire et pense aux accordailles. Le jour suivant, il renonce h cette idée... ; d'une humeur massacrante, il part à la nuit pour rentrer*. » Dans les chAteaux
1 Biisch, l.e comte de Bismarck et sa suite, p. 223-2i4.
2 Bu»ch, Unser Reichtkanzler. t. I, Die Junkerlegende, p. lÔPel suiv.