Roon. Denkwurdigkeiien, t. II, p
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empêché. Le 26 juin, ils le décidèrent à la résistance et le roi les chargea de chercher d'autres ministres. Le lendemain, Roon appelait Bismarck à l'aide. « Je me demande, lui écrivait-il, si vous tenez l'hommage traditionnel pour un attentat contre la Constitution... Si vous partagez mon opinion, si vous regardez comme pur charlatanisme doctrinaire, comme conséquence d'engagements politiques et de situations de parti, la prétention de nos bons petits camarades de jeu, qui allèguent ne pouvoir s'y résigner, vous n'hésiterez pas à entrer dans le conseil du roi et à résoudre la question de l'hommage d'une manière correcte. » Il lui offrait donc le ministère des Affaires étrangères ou celui de l'Intérieur, au choix de Bismarck et ajoutait : « Le roi souffre épouvantablcment. Ses plus proches parents sont contre lui et lui conseillent une paix boiteuse. Que Dieu le garde de céder! Nous irions à pleines voiles nous enliser dans cette mer de bouc qu'on appelle le parlementarisme \ »
Celte proposition prit Bismarck au dépourvu ; il était content de sa situation à Pélersbourg, et, récemment encore, il exprimait l'espoir qu'elle se prolongerait « jusqu'à ce qu'il pût aller se reposer à Schônhausen ou à Reinfeld et y faire confectionner son cercueil sans précipitation- ». Pour l'heure, il préparait son voyage annuel en Allemagne où il comptait passer un été paisible aux bains de Kissingcn ou de SlolpmiJnde. Sans plaisir, il entendit résonner à ses oreilles la note aiguC et discordante de Hoon : « A cheval. » 11 répondit donc, par télégramme et par lettre, en termes dilatoires : il ne mettait pas en doute le droit pour la Couronne <■ d'exiger
i. KciOM il |{l>miink, -. jum i-^'^i t.itu- iMi|iiithiiiti- aimiiiiImihi.-.
IiublitTilaiis U-a Ucnkuùi-diykeiln: de Roon, ii èl»' n^proiluitc par Bismarck dans ses Pensera et Souvenirs, t. Il, |». 30 J cl «uiv. S. Bisninrck A M-* d'Arnim. S6 mars i861. Bismarckbriefe, p. 301.
Thommage personnel de chacun de ses sujets et de chaque corporation du pays », mais craignait que ce fût là une mauvaise plaie-forme pour les élections. « La masse des électeurs, écrivait-il, bons royalistes, ne comprendra pas la question, et la démocratie la défigurera ». Mieux vaudrait « profiler des irrégularités palpables de la majorité dans la question militaire..., dissoudre la Chambre et soumettre ainsi à la nation les rapports du roi avec ces gens-là ». 11 ajoutait qu'il était encore souffrant, « las, abattu, paresseux d'esprit », que la situation lui était mal connue, et qu'il ignorait le programme du futur cabinet. 11 annonçait, d'ailleurs, son prochain départ pour Berlin. « Le reste, de vive voix ' ». 11 était aisé de comprendre qu'il se souciait médiocrement de prendre le pouvoir : il trouvait que son heure n'avait pas encore sonné.
Lorsqu'il arriva le 9 juillet à Berlin, la crise était terminée ; au désespoir de Roon, qui trouvait « l'abcès mûr », le roi avait reculé devant les dangers de l'opération ; il avait renoncé à l'hommage héréditaire, par égard pour les modifications apportées par son frère à la constitution de la Prusse, et se contentait du couronnement solennel. Le parti réactionnaire avait poussé les hauts' cris et la Gazette de la Croix avait publié un article si vif que le roi ne lut jamais plus ce journal. Mais le cabinet s'était ressoudé ; seul le ministre des Affaires étrangères, Schleinitz, maintint sa démission ; il fut remplacé en automne par le comte de Bernstorff, ambassadeur en Angleterre, mais dans des conditions si précaires qu'il conserva officiellement le poste de Londres et délégua un chargé d'affaires pour le gérer provisoirement ; Schleinitz reçut le ministère de la maison du roi.
Accouru pour sauver l'Etat, Bismarck ne trouva j)ersonne