Roon ù Bismarck, fi Juillet 1M6I
2. Bismarck ù son frère, i8 Juillet 1861. Uitmarckbriefe, p. 309.
3. Il H W' publié par llorst Kohi, dans le BismarckJahrbuc/i, l. III (1896). p lys et suiv., sans que lï'dileur ose arfirmirque ce soit bien ta note de Bade Et dans son volume Bismarckbriefe, 8» éd., p. xvi cl 315,
tranle de la Constitution fédérale. La Confédération germanique a été constituée en 1815 comme organe défensif contre les invasions de la France; elle ne se comprenait qu'appuyée sur les trois puissances de la Sainte Alliance et inspirée par elles. A la dissolution de la Sainte Alliance, elle a cessé de répondre aux besoins nouveaux. Ainsi s'est répandu « le sentiment décevant qu'une grande et puissante nation est condamnée, par son émiettemenl, non seulement à renoncera rautoriléqu'ellc devait avoir en Europe, maisencore à vivre dans la crainte perpétuelle d'une attaque de ses voisins ». Pour la Prusse, spécialement, l'organisation fédérale est injuste, car elle ne lui assure pas la situation que devrait avoir l'Etat qui renferme plus de population purement allemande que tous les autres réunis (18 millions contre 17 1/2). La coalisation de l'Autriche et des moyens Etats a toujours annulé l'action de la Prusse et les divers systèmes proposés ne changeront rien à ce vice de la Constitution. Le seul remède paraît consister dans la création « d'une représentation nationale du peuple allemand près du gouvernement fédéral... Alors que dans les divers Etats de l'Allemagne existe déjà une représentation populaire, une pareille création pour l'ensemble ne peut paraître révolutionnaire. » Sagement organisée et limitée, elle ne peut présenter de danger et elle développera le mouvement militaire déjà affirmé par le Zollverein et la convention militaire avec le duc de Gotha. Bismarck conseillait donc à son gouvernement d'adresser à la
M. II. Kohi incline à penser que ce documenl est en réalité une note rédigée par Bismarck à Reinfeld dans le courant de l'été. M. Penzler, Kaiser und Kanzler Briefe, p. 25 et 200, au contraire, semble estimer que la note a été rédigée en juillet et à Bade. Nous sommes de cet avis. Il résulte en effet d'une lettre de Bismarck à M. de Below-Hohendorf. 2 octobre 1861, que la note a été écrite à Bade, de la main môme de Bismarck, communiquée ensuite à Below, et corrigée peut-être à Berlin en octobre.
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Diète une déclaralion officielle pour réclamer la création du Parlement national; rédigée avec prudence, celte déclaration n'effraierait pas les princes ; elle attirerait à la Prusse la sympathie du peuple allemand; elle exercerait une heureuse influence dans l'intérieur du pays et sur les prochaines élections.
En rédigeant celte sage consultation, Bismarck dut sourire lui-même de pitié, car sa formule anodine contredisait ses précédentes ordonnances ; d'accord avec son confrère Roon, il avait prédit qu'une seule thérapeutique guérirait l'Allemagne, la chirurgie opératoire.
Sa consultation donnée, le docteur politique s'empressa de partir en vacances et de rejoindre les siens. Il passa l'été à Hc'infcld et à Slolpmiindo, petit port de la Poméranie, villégiature pour bains de mer. Son bonheur tranquille fut troublé par un événement tragique, la mort d'un enfant de M. et M"" d' Arnim, tué à la chasse ; Bismarck écrivit à son beaufrère une lettre profonde et- douloureuse, amère et de philosophie fataliste : « Un pareil coup dépasse toute consolation humaine, une plus grande douleur ne pouvait t'altcindi*c : perdre de telle façon un enfant si aimable et qui prospérait si bien, enterrer avec lui toutes les espérances qui devaient faire la joie de tes vieux jours, c'est un deuil qui ne l'abandonnera jamais, tant que lu seras sur terre. -\ous sommes dans la main puissante de Dieu, sans droit et sans secours, tant qu'il ne veut pas nous aider, et nous ne pouvons rien faire, que nous incliner humblement devant sa volonté '. » L'ébranlement de sa propre santé, les tracas politiques, une grave maladie de son petit Bill assombrirent encore son été. En septembre il se rendit à Coblcnlz auprès du roi ; la queslion
1 Uiâmurck u M. d'Arnini. 16 août ISOl. Uiainarckbriefe. p. 3k.
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allemande était d'actualité, le souverain prenait conseils de divers côtés, il voulait avoir le développement du mémoire de Bade. Son séjour fut d'ailleurs court et sans suite; Guillaume alla peu après à Ostende pour conférer sur le sujet du jour avec le grand-duc de Bade et à Compiègne pour rendre à Napoléon la visite de 1860; Bismarck n'avait aucune raison d'y accompagner son monarque, il revint dans ses terres. Le 18 octobre il était h Kœnigsberg pour le couronnement.
Malgré les restrictions imposées par les ministres et l'opinion publique, ce fut une pompeuse cérémonie ; le roi posa lui-même la couronne sur sa tôte, comme pour mieux indiquer qu'il la tenait de Dieu seul et n'en était responsable qu'envers Dieu. Une pareille solennité, toute en fêtes et apparat, .ne comportait pas de délibérations politiques, mais Bismarck fut étonné de l'amabilité delà reine, de l'affectation qu'elle mettait à l'entretenir, en public, de la question allemande; le roi, au contraire, évita de lui parler politique, comme s'il appréhendait de se compromettre par ses relations avec un « réactionnaire », un « fanatique » tel que Bismarck \ Celui-ci on conclut qu'il y avait eu désaccord en haut lieu sur les questions brûlantes ; Bernstorff était contesté ; le ministère des Affaires étrangères serait bientôt vacant. Dans l'ample distribution de croix et distinctions, suite forcée d'une telle cérémonie, Bismarck eut pour sa part la charge de conseiller intime et le litre d'Excellence. Au dernier coup de cloche des fêtes, il reçut un ordre très pressé : « Vite, à Saint-Pétersbourg-. » Et il rejoignit avec plaisir son poste.
Il y passa six mois, de novembre 1801 à mai 1802, dans l'existence qui lui plaisait : vie de famille, visite de Keudell, chasses, courses en traîneau, hospitalité impériale; le