Blum, Die deutsche Révolution, p
2. M. Kûlilwetter, minisire de l'Intérieur, à l'Assemblée prussienne le 22 aoat 1848.
à le calmer ' . Il se mil de suite en campagne pour trouver les oiseaux rares, « des minisires assez souples pour se prèlcr aux vues variables de Sa Majesté, et assez fermes en même temps, assez inébranlables pour qu'on pût compter sur eux au cas d'un revirement décisif- ». Mais tous se dérobaient. Bismarck sonda M. de Vincke qui lui répondit sentencieusement : « Je suis un homme de la Terre Rouge ', fait pour la critique et l'opposilion, je suis incapable d'ôtre ministre. » 11 s'entretint ensuite avec M. Beckerath, venu de Francfort lK)ur conseiller le roi et peut-être présider le cabinet ; Beckerath était disposé à accepter le pouvoir, sans enthousiasme, mais par dévouement au roi; il avait un programme de droite modéré, et, à la grande joie de Bismarck, repoussait les iinp«Jts fonciers et l'abolition des droits seigneuriaux, comme des atteintes à la propriété ; mais il exigeait que l'extrême droite se livrât à lui « pieds et |K)ings liés » , et lui assurât ainsi le concours du roi ; l'entente ne put se faire et Beckerath renonça à la dii-eclion des affaires. Bismarck sollicita d'autres hommes d'État, mais nul ne voulait se compromettre, et tous se réservaient pour des temps moins critiques. Le roi finit par se ranger à l'avis général, qu'il fallait d'abord i-étabUr Tordre ù laide d'un ministère d'atTaires, <omposé de fonctionnaires et de militaires. Ainsi fut constitué lo cabinet Pfuel.
Bismarck avait espéré mieux ; il s'était réjoui de voir i"» 000 soldats à Berlin, le général Wrangel établi à Charlotlonburg; il avait compté sur un bienheureux coup d'Etat; il était déçu et il écrivait avec mélancolie à son frère : » Le coup
1. Gerlach, UenkwQrdigkeiten, l. I, 11 septembre 1847, p. 195. ±. Bismarck. Pensées et Souvenirê, t. I, p. G5. ::. Un Westphalirn, homme têtu et de col raidc.
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€sl râlé, mais cela ne peut plus durer longtemps '. » Il avait été plusieurs fois dans la capitale et en avait rapporté les nouvelles les plus étourdissantes. A l'en croire, TAssembléc s'attendait ù l'abdication du roi, elle avait Tintenlion dv j)roclamer la République avec un gouvernement provisoire. Gerlach lui-môme trouvait qu'il y avait là une certaine exagération. Bismarck allait à Babelsberg pour entretenir le prince de Prusse de ces rumeurs et des movens de contraindre « la misérable assemblée » ; il trouvait Guillaume très calme, plein d'espoir dans le revirement qui commençait à se dessiner dans le pays. Bismarck, un peu calmé, revenait à Gerlach, formait avec lui et ses amis des plans d'avenir; l'un proposait d'ajourner la Chambre, de la réunir dans une autre ville, par exemple à Brandenburg, de déposer un nouveau projet de constitution avec une loi électorale divisant le pays en quatre classes : propriétaires nobles, propriétaires roturiers, villes, ouvriers; un autre conseillait la dissolution et de nouvelles élections, mais par un suffrage modifié, car, remai-quait Bismarck, les mêmes électeurs donneraient une Chambre encore pire ; un troisième demandait l'octroi d'une constitution analogue à celle de la Belgique". Pfuel écarta ces grands projets, qu'il n'était pas de force à réaliser. Bismarck comprit que l'heure de l'action était différée et retourna à Schônhausen.
Pfuel essayait de gouverner par conciliation : il promettait à l'Assemblée « de défendre vigoureusement les libertés accordées au peuple prussien, de repousser les efforts réactionnaires sans oublier que c'est le devoir de tout gouvernement de prévoir l'explosion de l'anarchie ' » . Pour se conformer en quelque mesure aux votes de la Chambre, il adressait
i. Bismarck à son frère, 28 septembre 1848, Bismarckbriefe, p. 66.
2. Gerlach, Denkwùrdigkeiten. 16 et 17 septembre, t. I, p. 199 et 200.