‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 40 sur 179 · Gerlach, DenkwUrdigkeilen, 6 octobre 1848, t. I, p · texte numérisé non relu

Gerlach, DenkwUrdigkeilen, 6 octobre 1848, t. I, p

menlaires. Ils votèrent donc le 2 novembre une adresse pour signaler au roi qu'un cabinet réactionnaire « serait sans espoir d'obtenir une majorilô dans la Chambre et la confiance du pays ; il accroîtrait Tcxcilalion et entraînerait des conséquences funestes qui rappelleraient le sort d'un peuple voisin ». Le président de TAssemblée, Unruh, à la tête d'une commission spéciale, obtint le lendemain audience du roi pour lui donner lecture de cette adresse. Frédéric-Guillaume, sans répliquer, prit le document et se tourna vers la porte; un député, Jacoby, voulut insister; le roi continua sa retraite, Jacoby le poursuivit de ces paroles : « C'est le malheur des Puisqu'ils ne veuillent pas entendre la liberté*. » Le roi sortit. Les jours suivants se passèrent dans une attente fiévreuse et inquiète. Le parti féodal serrait de près le roi, de peur qu'il ne lui échappât ; le souverain ne songeait-il pas à prendre RadoNvitz pour premier ministre ' ? Bismarck, sans cesse i\ Berlin, se multipliait en démarches, amenait à Potsdam une députation de la noblesse saxonne, distribuait dans sa province des proclamations royales, en envoyait des paquets à son frère pour qu'il les répandît en Poméranie, Il poussait Manteuffel, instruisait Slrotha, encQfirageait Brandenburg, négociait avec le chargé d'affaires de Hanovre pour placer des troupes dans l'hOtcl de la Légation, voisin du théâtre où siégeait maintenant l'Assemblée, courait ù Sans-Souci où le roi pouvait l'appeler, revenait en hAle à BerUn, car il « craignait, craignait toujours » ; ils étaient ainsi quatre ou cinq qui, ii son dire, « développaient une activité tout à fait extraordinaire^ ». Le roi, les nouveaux ministres, étaient enlevés par leur entrain, et le 9 novembre Brandenburg parut à l'Assemblée.

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