‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 43 sur 179 · Varnhagen. Tagebûcher, l. V, p · texte numérisé non relu

Varnhagen. Tagebûcher, l. V, p

3. Bismarck à son frère, 10 février 1849. Bismarckbriefe, p. 77.

hienient gagné uno situation encore difficile, car son parti manquait de cohésion, semblait prêt à s'éparpiller à la première escarmouche. Gerlach gémissait : « Je vois l'avenir trouble et nuageux, écrivait-il '. Une partie de la Chambre est composée de révoltés et de traîtres ; le parti du juste milieu comprend des hommes comme Vincke qui, le 18 mars a donné lo mauvais conseil de renvoyer le ministère, Schwerin qui a commencé l'opposition factieuse lors de l'adresse, Grabow qui a frisé la trahison... Bismarck et ses partisans, peu nombreux, sont au côté opposé. » Seul le député de Brandebourg montrait un robuste optimisme : « Nous n'avons pas encore vaincu, déclarait-il, mais nous avons attaqué, et c'est le principal ; la victoire doit encore venir, mais elle viendra ". »

Pour hâter la venue de la victoire, les députés du parti féodal se réunirent dans le cabinet de Gerlach ; l'aide de camp du roi cherchait {\ les grouper en « contre-opposition », petite par le nombre, 20 à 30 membres, mais forte par sa cohésion et sa discipline ; le général dessinait lui-môme un programme, avec peu d'idées, mais précises : changement de la loi électorale, par adoption d\in cens ou d'un système de classes; réorganisation de la première chambre; serment de l'armée au drapeau, non à la Constitution ; pas de modification dans le pactr fédéral de l'Allemagne; protection de l'Eglise ; pas d'émancipation de l'école. II comptait sur Bismarck pour défendre ce programme de réaction et prendre l'offensive contre les « députés-traîtres ». « Un tel parti, ajoutait-il avec quelque naïveté, est sûr de l'avenir, si Dieu daigne assurer son avenir '. »

Page 1