bitmarck Député, |). lUO et 8uiv
le roi, devenu empereur, à envoyer en Autriche des commissaires pour y régler les douanes, le système monétaire, pour faire prêter aux troupes le serment de foi et hommage. Il serait bien possible que l'Autriche ou la Bavière ne se soumît pas à ces lois, alors l'Empereur se verrait dans la nécessité de traiter comme rebelles les souverains de ces pays, et peutôtre de faire appel à la « poigne » des Bavarois contre la maison des \\'ittelsbach ou à l'énergie des Hanovriens contre la maison des Guelfes.
En dernier argument, — c'était celui qui tenait le plus au cœur de Bismarck, — il prévoyait les « marchandages » des radicaux qui se présenteraient devant le nouvel empereur avec les armoiries impériales et lui diraient : « Crois-tu que cet aigle te soit donné en cadeau et pour rien ?... » En mettant les choses au pis, plutôt que de voir abaisser mon roi à ce point qu'il devienne vassal des coreligionnaires politiques de MM. Simon et Schaffrath^, mieux vaut que la Prusse reste la Prusse! Comme telle, elle sera toujours en état de donner des lois à l'Allemagne au lieu d'en recevoir de tels ou tels autres.
« J'ai comme député l'honneur de représenter l'ancienne capitale électorale, la ville de Brandebourg, qui a donné son nom à cette province, base et berceau de la monarchie prussienne-; je me sens d'autant plus obligé de m'opposer à la discussion d'une motion qui tend à saper et à renverser l'édifice de l'Etat qu'ont élevé des siècles de gloire et de patriotisme, et qui dans ses fondations a été cimenté du sang de nos pères. La couronne de Francfort peut être très brillante, mais l'or qui lui donnera un brillant véritable, on ne peut l'obtenir qu'en fondant la couronne prussienne, et je ne crois pas du tout au succès d'une refonte dans le moule de cette constitution. »