‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 47 sur 179 · Députés radicaux au Parlement de Francfort · texte numérisé non relu

Députés radicaux au Parlement de Francfort

Ce discours, où l'ironie, la vigueur, la foi dans la maison de Prusse avaient part égale, souleva une émotion assez vive pour que M. de Vincke crût nécessaire une réplique où il critiqua amèrcmcnl « les idées antédiluviennes du député de Brandebourg ». La Chambre tenait également à des notions plus modernes ; le comte d'Arnim reprit en vain avec plus de modération la thèse de Bismarck, et releva dans la Constitution de Francfort le danger d'une république imminente. Par 175 contre 159, les députés ratifièrent le projet de la commission et proclamèrent la validité légale de la Constitution adoptée à Francfort. C'était un rude échec pour le gouvernement, un coup droit à la politique de Frédéric-Guillaume.

Quatre jours après, la Chambre heurtait à nouveau les volontés ministérielles ; le 25 avril, la proposition sur l'état de siège que Bismarck avait déjà combattue si vigoureusement, revint en discussion ; le ministre de rinléricur, M. de ManteulTel, reprit avec force ses arguments ' ; à la politique de mars, il opposa l'action du cabinet qui avait cherché à gouverner « avec la Constitution, non avec les clubs et les émeutes » ; il tenait l'état de siège pour une mesure de gouvernement, prise par nécessité d'Etat, r«»gulière en la forme, car en novembre 1848 nulle loi ne s'y opposait; il reconnaissait au monarque seul le soin d'apprécier à quel moment l'ordre serait rétabli de manière suffisante pour permettre la levée de cette mesure d'État. La Chambre se rebiffa et une majorité de 45 voix aflirma l'illégalité de l'étal de siège; les députés en exigeaient la levée immédiate.

La réponse du gouvernement fut prompte. Le 27 avril, les ministres exposaient au roi le morcellement des partis dans la

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