Beust, Mémoires, t. I, p
Le peuple berlinois ébaucha une rébellion ; le 21 avril, il se réunit en groupes nombreux et bruyants devant la Chambre, bouscula quelques ofliciers, éleva quelques barricades sur la place Dœnhoff et dans la Breitestrasse. Mais le temps des émeutes était passé : les troupes intervinrent vivement, et, après trois rapides roulements de tambour, firent feu ; quelques bourgeois tombèrent et Tordre se rétablit'. Le lendemain le général W'rangel publia un petit avis très net: « Une partie de la capitale s'imagine que l'état de siège n'existe plus. Je déclare que cet état dure toujours *. » L'avertissement porta, on ne bougea plus.
Dans diverses villes de province, on brandissait le drapeau rouge, on élevait des barricades, on esquissait une révolution sociale. Et partout la répression s'imposait, brutale et inexorable : ù Breslau, en une seule journée on comptait trente morts, vingt blessés; à Elberfeld, dans plusieurs villes du bassin de la Ruhr, la cavalerie chargeait, l'infanterie fusillait; à Iserlohn, au contraire, les autorités étaient obligées de négocier avec les révoltés.
Dans d'autres Etats de l'Allemagne, les troubles furent plus graves. Il faut chercher leur cause principale dans le refus de la couronne impériale et de la constitution votée fi Francfort'. Le Parlement avait été pendant toute cette année « le meilleur bouclier contre l'anarchie »; la décision de Frédéric- Guillaume lui [Hirlii un coup mortel. Ce fut, dit Biedermann *, la lente agonie d'un malade pour lequel il n'y avait plus de remède. (^>iielques vaillants luttaient encore : sur la pro{)osi-
1. Gazette de Spener i\\\ 28 avril 18*9. t. Gazette de Cologne du 29.
3. G. Kaufmann. PolUische Getchichte Deuttchlandê im mtunut^ten Jahrhunderl , p. 369.