‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 50 sur 179 · Biedermann. Mein Leben, t. I, p · texte numérisé non relu

Biedermann. Mein Leben, t. I, p

lion d'un comité de trente membres, l'Assemblée invitait les gouvernements à accepter sans retard la Constitution et convoquait pour le mois d'août le Reichstag impérial. Mais un profond découragement envaiiissait les députés ; ils parlaient les uns après les autres, les conservateurs sur l'invitation de Schwarzenberg, les libéraux par tristesse et lassitude ; l'archiduc Jean, dépilé de n'être pas empereur, donnait sa démission. Seul le parti radical restait sur la brèche : 105 députés transportaient le Parlement à Stuttgart, prétendaient galvaniser l'Allemagne et dicter des ordres aux rois ; le 10 juin ils trouvaient leur local verrouillé par un piquet de soldats.

A mesure que le Parlement s'amoindrissait, des émeutes surgissaient en Allemagne. C'était logique, le peuple cherchait à conquérir par la violence ce qu'il n'avait pu obtenir par les voies légales ; déjà une révolution avait permis la réunion du Parlement national ; on espérait qu'une nouvelle révolution imposerait aux monarques la Constitution, œuvre des députés issus du peuple.

En Saxe, le roi avait dissous la Chambre qui proclamait la validité de la Constitution impériale et appelé au ministère M. de Beust, alors représentant de l'étroit particularisme'. Dans les premiers jours de mai, une violente insurrection éclatait à Dresde, le roi fuyait dans les brumes du matin ; peuple et bourgeoisie ^ s'unissaient dans un élan de colère, au nom de la patrie allemande et de la loi de Francfort ; les villes voisines, Leipzig, Zwickau,Chemnitz, envoyaient des secours, dix mille insurgés étaient prêts à la lutte ; les soldats saxons

1. Un intéressant parallèle pourrait être fait entre les variations de Bismarck et de Beust, partis de points analogues, mûris et transformés par l'exercice des affaires, et, dans des carrières diverses relevant les pays qu'ils gouvernaient.

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