Unruh. Ei-innerungen aus don Leben, p
M. de Bismarck éprouva cependant une certaine difficulté à sa réélection dans la circonscription de laHavel-Est. Après un séjour en Poméranie,iIélaitvenu s'installer à SchOnhousen et circulait dans la région de Brandebourg pour séduire les «électeurs par sa hardiesse joyeuse et sa parole incisive. Il avait vu avec clarté que sa candidature était plus douteuse qu'en février, car le campagnard « sans peur des rouges, peut faire front contre tout ce qui sent la réaction. Leur mol d'ordre est : oui, nous sommes conservateurs, mais pas bismarckiens ' ».
L'opposition le considérait comme la tète du parti des hobereaux et qu'il était nécessaire d'abattre. La poussée était vive contre lui, les démocrates tout en proclamant leur abstention, « s'agitaient dans la coulisse »; le parti du centre plaidait la cause de l'Allemagne dont Bismarck avait été un adversaire redoutable. Des « histoires de brigands » étaient lancées sur son compte et on le représentait comme un « suppôt du diable ». On passe môme aux violences; i\ Rathenow, il est salué d'une bordée de huées et de sifflets ; la foule se presse et lui lance des pierres ; il est atteint au bras et blessé assez grièvement ; son caractère violent se révolte, la prudence du candidat l'emporte, et il fuit en voiture pour ne pas compromettre son élection en frappant à son tour *.
Le 27 juillet, il passait député à une petite majorité.
Le gouvernement avait obtenu des élecleurs le gain de la partie ; la Chambre se composait de conservateurs et de libéraux modérés, « une salade de l'opposition au LandUig uni et des droites à Francfort », disait Bismarck qui la trouvait trop fade à son goût ' ; il n'oubliait pas un groupe assez massif
1 . Bismarck ù sa femme. 20 juillet 1849. Briefe an teint Braut und Oattin, p. iU.
t. Ulum. Fûrsl Bismarck, t. I, p. 178.
3. Bismarck à sa femme. Briefe an seine Braut und Gatlin, 8 août 1849, p. 136.
i8â BISMARCK
d'exlrftme droite, une centaine de membres dont il était un des chefs. Le Parlement se réunit le, 7 août pour une des plus longues sessions qu'il ait eues en Prusse, car il siéj^ea sans discontinuer jusqu'au 26 février 1850. Dès les premières séances, la question allemande fut à nouveau posée. Depuis quatre mois, elle avait passé par des vicissitudes diverses.
Frédéric-Guillaume IV était sincère lorsqu'il affirmait, le 3 avril 1849, à la délégation du Parlement allemand son vif désir de réaliser un accord entre les gouvernements sur la question nationale ^ Quelques heures après la réception des députés, il envoyait aux Cours une circulaire où il se déclarait « prêt à se charger de la direction provisoire des affaires de l'Allemagne », pour remplacer l'archiduc Jean qui avait donné sa démission de vicaire impérial ; il adressait donc à tous les gouvernements « une hivitation pressante de déléguer à Francfort des plénipotentiaires spéciaux » afin de délibérer sur la formation de l'Etat fédéré allemand.
Il comptait sans l'Autriche. Courroucé, Schwarzenberg répond le 5 avril que « l'Assemblée de Francfort n'existe plus», il rappelle les députés de son bord, il interdit à l'archiduc Jean de céder sa place au roi de Prusse. Devant cette altitude décidée, la cour de Berlin hésite, elle restreint ses ambitions, elle demande simplement aux gouvernements une adhésion de principe, leur consentement à s'unir d'un lien plus étroit ; tout détail est réservé.
On ne demandait pas grand'chose : c'était encore trop pour plusieurs souverains. Les petits, soucieux de ménager la grande Prusse et inquiets de mécontenter leurs sujets, s'empressaient d'adhérer à la demande de Berlin et d'accepter la constitution de Francfort; ils étaient vingt-huit, dont les