Kaufmann? Politische Geschichte Deulschlands, p
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plus considérables étaient le grand-diic de Bade et l'électeur de Hesse ; dans leur zèle ils exprimaient l'espoir que « les attires gouvernetuents, animés du même esprit patriotique, se laisseraient entrainor à l'Union et qu'il no serait pas nécessaire de conclure d'autre accord que la Constitution votée A Francfort ».
Mais les autres gouvernements n'avaient nul désir de se laisser entraîner; ils conservaient un silence prudent, mais non dépourvu d'éloquence, car il indiquait leurs secrètes pensées : la crainte d'irriter le roi de Prusse, le vif désir d'entraver l'efTort vers l'unité allemande qui tuerait leur indépendance, leur espoir dans la maison d'Autriche. Étonné, inquiet de ce défaut d'enthousiasme, Frédéric-Guillaume annonçait « qu'il attendait encore quelque temps avant de prendre une décision définitive, pour laisser aux grands Etats le temps d'adhérer aux offres de l'Assemblée nationale ' ». Mais k's jours s'écoulaient et les réponses n'arrivaient pas.
Le monar(jue passait alors par une de ces crises de découragement et de brusques revirements où sa santé physique influait sursii volonté et ses décisions. 11 était vexé de l'attente et irrité contre la Chambre des députés qui critiquait sa politi<jue. Dans cet état, il s'abandonnait volontiers à linlluonce de ses proches. Or ses conseillers favorables à l'unité allemande étaient loin : Bunsen lui écrivait de Londres des lettres plissantes en faveur de l'Allemagne; le roi lui répondait a\xr une pudeur indignée. Le g«';nénd de Radow ilz accourait de Francfort « pour donner au roi le seul conseil d'accepter sans plus tarder la Constitution impériale. » Beckerath, dtlégué par le ministère de Francfort, lui garantissait la soumission de r^\ssemblée à toutes ses demandes de rc vision,
1 Note (lu 17 avril 184».
et lui répétait la belle phrase d'Arndt : « Le danger est toujours devenu pour la Prusse un soleil de victoire ». Frédéric- Guillaume lui répondait mélancoliquement : « Je ne suis pas un grand roi ».
11 était sous la coupe de la camarilla ; le général de Gerlach, abusant de la facilité d'entrer comme officier d'ordonnance dans le cabinet du roi, lançait de petits coups de langue sur la politique de Radowitz et lisait au monarque des lettres bien triées ; son frère, le conseiller, annonçait dans un article de la Gazette de la Croix « une réaction victorieuse, une réaction qui heureusement sera plus qu'une réaction jusqu'à mars 1848, mais une réaction bien au delà de cette époque, une réaction jusqu'au renouveau des éternelles vérités, des idées du droit et de la liberté... » Bismarck agissait par ses sarcasmes et son rude bon sens ; dans l'intimité il traitait joyeusement Beckerath de « chou-fleur^ », et les intermédiaires officieux de rêveurs ou de farceurs ; à la Cour, il soutenait que le roi ne pouvait accepter l'offre du Parlement à cause de « son caractère révolutionnaire ». Tout ce monde s'agitait, recevait des délégations, envoyait des lettres, rédigeait des articles ou des manifestes, le tout en si grand travail que Bismarck s'endormait de fatigue aux séances de la Chambre'. Et du matin au soir, du cabinet de travail à la table de thé, ils entouraient Frédéric-Guillaume d'habiles insinuations, de conseils par sous-entendus, qui agissaient à merveille sur cet esprit mobile et maniable.
Cette situation ne pouvait durer. L'ambassadeur d'Autriche, Prokesch, constatait avec satisfaction que « la rupture avec