‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 57 sur 179 · Kaufmann. Polilische Geschichle, p · texte numérisé non relu

Kaufmann. Polilische Geschichle, p

2. Bismarck à sa femme 8 août 1849, Briefe an seine Braut und Gattin, p. 136.

3. Bismarck à sa femme. Briefe an seine Bi'aul tinUGallin. 29 mars 1849. p. 128.

Francfort était presque irtévilable », et que le roi devait choisir entre son ministère et la Chambre*. Le 21 avril, celte décision était prise ; le président du Conseil annonçait aux Chambres avec ménagement mais précision, le refus do la couronne impériale. Le 27 avril, la Chambre des députés était dissoute : c'était bien la rupture avec Francfort, et Prokesch constatait gaiement qu'il ne restait plus aux professeurs allemands qu'à lever l'étendard de la révolte^. Le 2 mai, Frédéric-Guillaume proclamait son refus dans des notes au pouvoir central et aux divers Etats de l'Allemagne. Fidèle reflet de sa pensée ondoyante, ces actes étaient contradictoires. A Francfort, il protestait de la pureté de ses intentions : « Les réponses des gouvernements ont montré leurs divergences sur des questions essentielles et prouvé qu'on doit fonder peu d'espérance dans leur accord. Des princes isolés ont désiré que le roi prît la couronne impériale, plusieurs ont exprimé leur ferme volonté de ne pas se soumettre à un autre souverain... Le refus de la couronne ne compromet rien... Le Parlement national peut encore s'entendre avec les gouvernements, et de cette entente peut naître pacifiquement la renaissance des r*elations allemandes. » Auprès des Cours, Frédéric-Guillaume se plaignait de l'allure du Parlement « capable de susciter dans plusieurs Etats des crises dangereuses... ; c'est un devoir d'autant plus impérieux pour les gouvernements allemands de donner prompte et entière satisfaction aux besoins de la nation allemande. » La Prusse, pour arriver à ce résultat, convoquait à Berlin une conférence diplomatique de tous les gouvernements disposés « à délibérer sur la question constitutionnelle'. »

t. Prokesch von Oslcn. Aus den Briefen, 22. 24 et 27 avril 1849. p. 30 cl 31.

i Prokosrh. 28 avril I8i9. loc. cil . p. 3».

3 Ui(Hl<>mianii. Geachichte.i» pariic, 1840-1871. t. I, p. 427 et suiv. ana-

Délibérer, c'était bien l'affaire des royaumes qui voulaient gagner du temps. Les petits princes, qui avaient adhéré entièrement à la Constitution impériale, ne pouvaient la mettre encore en discussion, et le roi de Wurtemberg profilait de son adhésion à Francfort pour s'abstenir de la conférence de Berlin, et de la conférence pour retirer son adhésion.

Le 17 mai, les plénipotentiaires de l'Autriche, de la Prusse, du Hanovre, de la Saxe cl de la Bavière se réunissaient gravement. Dès le début, M. Prokesch déclarait que le gouvernement de Vienne ne pouvait pas admettre la conclusion d'un pacte étroit entre la Prusse et les autres Etats de l'Allemagne, dont l'Autriche serait exclue * : comme le plan de la conférence aboutissait à ce résultat, le plénipotentiaire de l'Autriche n'avait qu'à se retirer, ce qu'il fit immédiatement. Le plénipotentiaire bavarois, comte de Lerchenfeld, ne resta guère plus longtemps ; il écouta avec attention le généi'al de Radowilz exposer les prqjels de la Prusse, mais fit observer qu'il n'avait pas reçu d'instructions de son gouvernement; au bout de peu de jours, il déclara que la Bavière ne pourrait admettre un État unitaire où elle n'aurait point part directe et personnelle au gouvernement et il prit le chemin de la retraite que lui avait déjà montré Prokesch. Avec la Prusse, il restait simplement la Saxe qui devait à Frédéric-Guillaume quelques égards pour son intervention à Dresde, et le Hanovre qui n'osait heurter de front la Cour de Berlin.

Incapable d'une action suivie, le roi de Prusse ne pouvait se consoler de la séparation de l'Autriche : il négociait sépa-

lyse longuement ces noies et relève très exactement leurs contradictions. D'après la note au pouvoir d'Kmpire, il s'agi.ssait d'entente entre le Parlement de Francfort et les gouvernements ; d'après la note aux souverains. il s'agissait d'entente entre les princes seulement.

i. Klûpfel. Geschichte der deutschen Einheitsbe.tlrebungen bis zu iher ErfuUung, 1848-1871, t. I, p. 126.

rémcnl avec elle en grand mystère, sans se douter que TAu- Iriche tenait les royaumes au courant de ces délibérations et les rassurait sur la valeur réelle de leurs engagements. Sans inquiétude désormais, la Saxe et le Hanovre accédaient en la forme aux désirs de la Prusse, et, le 2Q mai, signaient avec elle un traité, — Talliance des Trois rois, — pour assurer « la sécurité extérieure et intérieure de l'Allemagne et Tinviolabililé des membres de celle union ». Les alliés invitaient tous les Etats allemands à se joindre à eux et leur proposaient un plan de Constitution : Radowitz, auteur de ce projet, avait conservé tout ce qui était encore utilisable des décisions de Francfort, mais il avait afTaibli Taulorité du pouvoir central et accru l'indépendance des Etals fédérés. L'Empire allemand devait se composer de tous les Etats deTancienneConfédéralion qui reconnaîtraient la constitution germanique, mais l'Autriche on était exclue. Il était gouverné par un président, un Collège des princes, un Parlement ; la présidence appartenait au roi de l 'russe ; le Collège des princes, émanation des monarques, comportait six voix, la Prusse et la Bavière en avaient une chacune, les quatre autres étaient réparties entre les moindres Elats. Le Parlement, représentant de la nation, se divisait en deux assemblées, la Chambre des Elats, formée des délégués des Parlements allemands, la Chambre du Peuple, élue pour quatre ans. Le président avait un droit de veto absolu '. Le projet fut communiqué à tous les Elats allemands avec demande de promj)le réponse. On se garda de les informer des conditions secrètes qu'avaient imposées la Saxe et le Hanovre à leur adhésion : d'après un protocole catégorique quoique gardé dans le mystère, on réservait les droits de

\. Texte flnns !n rorrosponf/ancc «Hranjf^re du Moniteur universel français du:-' 'T. l'n l'arlemenl d'un moi*. Brfurt, danslca Annulen . / ■«, septembre 1904.

rAulrichc et on convenait que si les Etals du Sud, notamment la Bavière, n'accédaient pas à la Constitution projetée, de nouvelles négociations seraient ouvertes'. Ainsi la force d'inertie de la Cour de Munich arrêterait tout.

M. de Radovvitz, plein d'enthousiasme et de franchise, croyait aux protestations de sincérité faites par les délégués de Saxe et de Hanovre ; M. de Beust, ministre des afTaires à Dresde, ne lui affiimail-il pas que « son gouvernement continuerait activement et loyalement de concert avec la Prusse, l'œuvre commencée *. » L'activité de M. de Beust était incontestable, sa loyauté consistait à tenir l'Autriche et la Bavière au courant de ses négociations avec la Prusse. 11 avait confessé avec franciiise à l'ambassadeur anglais, M. Forbes, « qu'il s'était laissé ouverte une porte de derrière et s'était empressé d'aviser Munich que si la Bavière n'adhérait pas, la Saxe ne se tiendrait pas pour liée' ». Le roi de Hanovre déclarait simplement qu'il « attendait que l'Autriche reprît son influence », et son ministre des Affaires étrangères, comte Bcnnigsen, avouait que « le Hanovre n'était pas entré de bonne foi dans l'alliance, mais avec l'espoir que rien n'en sortirait, et pour persuader au peuple que l'on désirait sincèrement l'unité allemande ». Les deux royaumes traîneraient les négociations en longueur et l'heure venue, se retireraient. Cette heure devait bientôt sonner.

Ces intrigues étaient naturellement secrètes, et ni la Prusse ni les petits Etats ne pouvaient mettre en doute la sincérité des deux royaumes. On pouvait donc espérer une prochaine

\. Le caractère secret de ces clauses a 6té discuté, mais en vain. Biedermann, Geschichle, loc. cit., p. 496, n. 2.

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